Au village du cirque sur la plage du Prado

03/02/17 par  |  publié dans : A la une, Cirque, Festival | Tags : , , , , , ,

Les Colporteurs

 

La biennale se déploie sur tout le territoire de la Région avec deux points fort, le village de toiles sur la plage, boudé par David qui lui montre le bas de son dos mais très fréquenté par le public marseillais, et les élancées qui invertissent le territoire de l’étang de Berre Ouest. Sans oublier l’archipel des salles de spectacle, La friche Belle de Mai et les théâtres, Criée, Merlan, Salins, Cadran, etc.

 

Borogodo

Benja

Les tout petits apprécierontt Benja, de la Compagnie Borogodo qui nous vient du Brésil. Elle raconte l’histoire de Benjamin de Oliveira, fils d’esclave noir fasciné à douze ans par le cirque Sotéro et la belle contorsionniste, la femme serpent. Quand on la voit, on le comprend. Il deviendra le premier clown noir du Brésil, il introduira la samba dans l’univers du cirque. Trois personnages campent un univers poétique, Alan Rocha est Benja, Natacha Nascalevich la femme serpent qui danse et maîtrise les subtilités du tissus aérien, et Roberto Burgel, meneur de revue, pianiste et compositeur.
Abordant de façon ludique la question de l’identité et du racismes, à la croisée du théâtre et du cirque, Benja et ses galettes de maïs généreusement distribuées dans les gradins est Plébiscité par les enfants.

 

Les Colporteurs

Jheronimus

Dirigés par Agathe Olivier et Antoine Rigot, les colporteurs sont des spécialistes du fil, discipline qu’ils distillent depuis plus de vingt ans. Ils ont connu le succès qui vous fait voyager dans le monde entiers. Comme il faut toujours mettre la barre plus haut, leur nouveau spectacle « Sous la toile de Jheronimus » est très ambitieux : transposer dans un spectacle de cirque l’imaginaire baroque et foisonnant du triptyque de Jérôme Bosch, le jardin des délices. En sont temps Blanca Li a tenté la même aventure en danse contemporaine, la force de cette peinture surréaliste bien avant la lettre ne s’estompe pas avec le temps, bien au contraire. L’affaire n’est en rien évidente : comment introduire dans les trois dimensions des fil de fer, trapèze Washington, mât chinois acrobatie et burlesque un tableau Flamand  ? En s’en inspirant librement sans chercher à l’illustrer littéralement.
D’une grande force onirique, des images gracieuses ou grotesques envahissent l’espace, multiplié par les passerelles et les structures complexes combinées. La musique est réalisée sur scène par une belle violoniste qui évolue dans tout l’espace, et un pianiste, pas si statique qu’il n’y paraît devant son piano à queue.
Parfois la tension baisse un peu mais le projet évolue encore, c’est la force du spectacle vivant : d’une représentation à l’autre ce n’est jamais le même.
Le nouveau cirque est une planète en expansion.

Yohan Guillerm

Secret

Mais cette cession est dominée par la figure hors du commun de Johann Le Guillerm.
Dans le monde du cirque tout le monde le connait, d’ailleurs il est passé il y a bien vingt ans par le cirque Archaos, organisateur de la Biennale, mais le public du Sud de la France n’a pas eu le privilège de le découvrir, on se demande bien pourquoi.
Cette aberration est aujourd’hui réparée largement, par ses installations étranges au MUCEM et à la friche Belle de Mai, et par son solo incroyable au village.
Si il est assisté de deux aides en coulisse et de deux aux lumières, il est seul en scène. Il construit à partir de simples planches ou de barres de bois des structure d’une folle complexité, avec une précision et une inventivité de démiurge : il défie les lois de la physique et de la pesanteur. Construction éphémère sous laquelle et sur laquelle il évolue comme si elle était d’une solidité et d’un équilibre à toute épreuve, puis il la détruit d’un seul geste comme on abat un château de carte, et en reconstruit aussitôt une toute autre avec le même matériaux.
Il tord une barre de métal pour en faire une forme qui semble dotée d’une vie propre ou encore il crée une tempête avec de la fumée, et ainsi de suite.
Il est d’une adresse diabolique qui l’aurait menée au bûcher au temps de l’inquisition, temps bien heureusement révolus par chez nous, on peut donc aller le voir toute affaire cessante, il est selon Guy Carrara fondateur d’Archaos “Le Mozart du cirque contemporain”.
A suivre,

Jean Barak

Les Colporteurs

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