Le cas Casus

15/12/17 par  |  publié dans : A la une, Cirque | Tags : , , , ,

 

Bois flotté

« Driftwood », comme du bois flotté à l’Olivier

Dans le nouveau cirque il y a une élite. La perfection des mercenaires du Cirque du Soleil et la poésie du Cirque Plume, le foisonnement génial toujours renouvelé du collectif XY, et les étoiles montantes, dont Circa et Casus. Ils sont jeunes il est vrai mais n’ont pas attendu le nombre des années… pour atteindre l’excellence.

 

Bois flotté

Nous avions découvert Casus avec « Knee Deep », « Jusqu’au cou », leur première pièce, au Théâtre des Salins. Puis en 2013 et 2014 à la Colonne et à l’Olivier, où ils sont de retour, avec « Finding the silence », une pièce zen qui coulait sans fin dans un mouvement au ralenti, comme sous hypnose. Après l’intériorité de cette œuvre intimiste ils retrouvent l’agitation d’une cour de récréation, qui cache derrière un humour enfantin et des paris improbables la même virtuosité, toujours avec l’illusion de la facilité.

Bois flotté

« Driftwood » est dans cette même veine humoristique, la virtuosité se fait oublier tant elle semble naturelle, l’exploit arrive comme en passant, sans ostentation, sans jamais appuyer les effets ni arrêter l’image. La fluidité du mouvement le rend imperceptible, même quand ils montent une colonne à trois en partant du sol, allongés, et redescendent de même. D’ailleurs ils commencent par les formes les plus virtuoses, des citations de leurs spectacles précédents, comme une signature, puis déploient un petit théâtre sans paroles où chacun a son moment intimiste, sous un abat jour qui éclaire juste le centre du plateau.

 

Bois flotté

Fragile

Ils ne jouent pas les invincibles mais laissent paraître leur fragilité, au naturel. Quand on a le privilège d’accompagner les artistes du cirque en dehors des représentations, pendant les répétitions et les échauffement, on voit l’effort, la souffrance sur les visages, les ratages, encore et encore. Pourtant le miracle se produit toujours à la fin, comme si la tension de la représentation et la présence du public les transcendaient. Savoir donner une sensation de grâce avec un grand sourire et la morsure du cerceau aérien, ou en portant seule le quintal de la troupe, ça suppose un volonté et des muscles d’acier, une passion chevillée au corps.

 

Bois flotté

Ils viennent d’Australie et des Samoa, la compagnie créée en 2011 par trois co-fondateurs formés à l’école du « Flying Frut Fly circus » a été rejointe par Kali Retallack, acrobate et trapéziste, elle même fondatrice du « A4 circus ensemble ». Fondateur du collectif avec Natano Fa’Ana, Lachlan Mcaulay a collaboré avec Circa, deux nouveaux voltigeurs les ont rejoint.

Ils sont magnifiques et on les attend, nous savons que les saltimbanques s’en vont toujours, mais que toujours ils reviennent. Peut-être l’année prochaine, qui sait?

Jean Barak

Bois flotté

Avec Jesse Scott, Lachlan McAulay, Abbey Church, Kali Retalack, Natano Fa’Ana ou Phoebe Carlson.

 

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