Un quart de médisants, un quart de chaîne payante, un quart de médias déformants et un quart d'à priori : ça sent le cocktail qui donne mal à la tête, celui qui repousse, celui qu'on évite, celui qu'on connaît trop peu pour apprécier mais assez pour juger... trop vite. Allez, prenez donc une chaise et laissez la barmaid vous en apprendre un peu plus.
Sitcom rch lesb pr relat° + si aff.
Autant mettre directement les choses au clair, les points sur les "i" et les préjugés à la poubelle : The L Word n'est PAS une série réservée aux lesbiennes. On peut apprécier un thé vert sans être au régime, on peut porter la barbe sans être terroriste (ndcorrecteur : ça c'est bien vrai !), bref, on peut vivre sans étiquette, puisque je vous le dis !
En guise de preuve, j'ai pensé vous raconter le scénario. Mais comment faire pour résumer l'intégralité des quatre saisons, tout en sachant qu'une cinquième est en préparation ? Car bien évidemment, l'histoire ne s'arrête pas à ce que le synopsis veut bien vous en dire, à savoir que Jenni, petite hétéro de la côte est, se trouve toute troublée en emménageant à Los Angeles, à proximité de voisines lesbiennes. Sachez tout d'abord que cette Jenni est incroyablement plus complexe qu'elle n'y paraît, il s'agit d'ailleurs d'un des personnages qui évolue le plus dans cette série, loin d'être statique. Ce qui est sûr c'est qu'on ne s'y ennuie pas, même s'il faut sûrement un minimum de trois épisodes pour complètement accrocher.
Mais revenons-en à l'intrigue et à cette série dont on ne sait à qui elle est vraiment destinée, si ce n'est aux amoureux des fictions. Après quelques navigations sur des forums en tout genre, je peux cependant affirmer que ses spectateurs sont hétéro...clites : de toute orientation, de tout âge, de tout sexe. Pourquoi, alors que les héroïnes sont gays ? Tout simplement parce que si le mot en L sous-entendu par le titre est bien le mot "Lesbian", il s'en cache bien d'autres sous cette lettre. Si le générique de la série nous en livre quelques-uns ("Love", "Lies", "Laugh", "Loss"), n'en retenez qu'un : "Life".

De la qualité en quantité
Toujours dans le but de vous convaincre, je me suis interrogée : quel est le véritable point fort de The L Word? L'histoire ? La réalisation ? Le jeu d'acteur ? L'innovation ? En réalité, la série se distingue surtout par sa qualité homo...gène : esthétisme, rythme et narration sont particulièrement soignés (trop parfois?) - résultat de certaines décisions qui ont été prises.
Tout d'abord, l'œuvre est produite et diffusée par la chaîne à péage Showtime réputée au même titre qu'HBO pour ses choix de programmes audacieux. Il lui fallait bien ça pour se sentir libre de ses propos et assurer de toucher un public ouvert. Elle avait également besoin d'une équipe capable de la porter sans rougir. On trouve ainsi au scénario et à la réalisation quelques personnes habituées à nous surprendre, ayant collaboré à des films et séries chocs aux thèmes forts et dérangeants tels Six Feet Under ou American Psycho.
Et puis il y a la créatrice, Ilene Chaiken, qui s'est grandement investie dans ce projet. Écrivain avant tout, elle s'est transformée pour l'occasion en productrice, scénariste, réalisatrice. Elle écrit sur une ville, un monde et une communauté qu'elle connaît bien pour y appartenir. On lui doit les scénarios de dix-neuf des épisodes mais on lui doit aussi et surtout ce regard différent que nous propose The L Word, où les femmes sont elles-mêmes, indépendantes et fragiles à la fois et où le réalisme trouve sa voix.
Les acteurs sont eux aussi d'un bon niveau, plus convaincants que jamais dans des rôles pourtant compliqués (humains). Certains ont une filmographie bien fournie, d'autres non, les capacités priment. Ou plus exactement les promesses de talents, jusqu'ici toutes remplies, quelques soient les situations. D'une saison à l'autre, les comédiennes arrivent à faire ressortir d'autres facettes de leurs personnages et nos affinités avec elles s'en trouvent bouleversées. Des changements appréciables qu'on ne retrouve malheureusement pas dans toutes les séries, la faute aux interprètes limités. En bref, un bon casting dans lequel on trouve notamment la célèbre Pam Grier, l'étonnante Mia Kirshner, l'internationale Karina Lombard et la sympathique Leisha Hailey (ma préférée).

Erotisme & Glamour
Il y a quand même une chose dont je n'ai pas parlé : une série mettant principalement en scène des lesbiennes, ça n'est pas courant ! Et ce n'est pas non plus sans implications. The L Word est un peu comme le reflet de la communauté gay avec ses point positifs et ses points négatifs.
Remarquons que la série apporte une attention particulière à ses scènes d'amour. On peut soulever la question du pourquoi ? Est-ce parce qu'on voit rarement deux filles ensemble en dehors des films spécialisés ? Parce qu'il faut faire face aux idées reçues ? Est-ce pour attirer les curieux et/ou les pervers ? Ou encore pour satisfaire les attentes du public ? Je préfère de loin soulever la question du comment car les actes sexuels travaillés sont une valeur ajoutée rare dans la plupart des séries. Ici, ils sont complètement intégrés à la série, ni vulgaires, ni superflus, d'une beauté tantôt brute et tantôt poétique. La mise en scène joue sur les plans et l'éclairage : on peut être gêné, prude et vouloir zapper mais c'est quand même du bon boulot. Mon petit doigt m'a même informé qu'un certain réalisateur de film érotique canadien aurait participé à quelques épisodes. Le sexe est enfin pris au sérieux, il était temps!
Parlons finalement du négatif parce qu'il le faut bien et parce que si The L Word mérite qu'on s'y attarde, elle ne nécessite pas qu'on l'adule à s'en faire tatouer la fesse gauche. Avouons, entre autre, que les hommes sont vraiment relayés au second plan. Leurs rôles sont figuratifs et ne tiennent pas souvent plus d'une saison. Une revanche féminine sur ces siècles de télévision machiste certes, toutefois on regrette l'absence d'un vrai personnage masculin intéressant. Par ailleurs, malgré les efforts de la série pour ne pas tomber dans les clichés, elle nage en plein dedans : lesbiennes glamours et filiformes, androgynes aux cheveux courts… On en regretterait presque notre Josiane Balasko de Gazon Maudit. Les débats fusent sur les nombreux défauts de la série, est-elle trop réaliste au point de ne plus l'être? N'oublions pas que c'est avant tout une fiction et qu'elle a donc pour but de provoquer des émotions. Sur ce point, elle est comme toutes les autres : manipulatrice. Ah les femmes j'vous jure!

Au fait, n'oubliez pas de vous faire votre propre avis! Les DVD des saisons un, deux et trois sont disponibles dans les grands magasins et les vidéoclubs. Quant à la saison trois, elle est actuellement diffusée sur Canal +.
Engy
© Showtime Networks Inc
© Naomi Kaitman / Showtime
Commentaires
Par sadayasa, le 06-09-2007 à 12:09
Pour ceux ou celles que ça interesse je suis entrain de mater la 3e et 4e saison sur un site fort interessant (pour les crevards comme moi qui n'ont pas canal +). Toujours aussi bien cette série. Les personnages sont vraiments attachants, drôles, sexy, complexes. Mention spéciale pour le personnage de Shane, qui a une classe folle. Et vivement la suite !!!
Par readeuse, le 17-09-2007 à 18:48
...Son pendant masculin existe aussi avec Queer as Folk, qui est d'ailleurs également produit par Showtime.
Par TIAL, le 12-10-2007 à 14:43
SALUT A TOUTE JE SUIS A LA RECHERCHE DE LA SAISON 4 SI QUELQU UN POUVAIT ME RENSEIGNER.MERCI.
Par pppppppppppppp, le 18-06-2008 à 11:14
trop bien cette seri moi jai les 4 saison


