Adieu et à demain : rencontre avec Benjamin Juveneton

16/01/14 par  |  publié dans : Artistes, Arts | Tags : ,

adieudemainCe n’est pas un blog de plus, et ce n’est certainement pas un graphiste comme les autres. Mais qui est Benjamin d’ailleurs ? En ouverture du site Adieu et à Demain, cette phrase énigmatique : « Benjamin et Isidore Juveneton font des choses ».

Une composition à quatre mains alors ? Pas vraiment. Plutôt un artiste un peu schizophrène, deux esprits, un seul corps, l’un joue plutôt avec les mots et l’autre avec les images. Et la magie nait quand ils se rencontrent : des mots, des images, mais surtout l’univers d’artiste qui se plait à jouer l’ambiguïté.

Benjamin raconte des morceaux d’histoire, lui qui est parti de correspondances privées dans lesquelles il quittait chaque soir la personne avec qui il vivait. Benjamin joue avec des photographies qui semblent provenir d’un arrêt sur image, d’un film qui raconte la vie ou de la vie qui se raconte comme un film, toujours à la poésie douce amère.

Y a t-il du vrai dans les histoires qu’il raconte ? On ne saura pas, il répond, toujours énigmatique : « ce n’est pas une réalité, mais c’est une vérité ». Il dit aussi que c’est un exutoire. Pour nous aussi. Il rend les ruptures romantiques et l’amour ridiculement dérisoire avec une nonchalance qui n’est jamais de la légèreté mais toujours un humour un peu noir, une vraie sensibilité. Comme une façon de souligner que rien n’est vraiment grave, tant qu’on peut mettre les choses en image.

raté

Rencontre avec l’artiste :

Nous aussi, on aime le mystère, mais on n’a pas résisté à l’envie d’en savoir plus et Benjamin a accepté pour nous de répondre à quelques questions.

Envrak : bonjour Benjamin, ou Isidore, ou Benjamin Isidore Juveneton, finalement qui êtes vous ? Un ou plusieurs ?

Benjamin : De mon prénom, Benjamin-Isidore j’ai tiré deux personnages. Je ne suis qu’un, mais il y avait trop de contradictions dans les textes et les images pour que ce soit compris comme une entité née du même esprit. Alors j’ai titré “Benjamin et Isidore font des choses”, puis les premiers articles qui sont parus ont parlé tantôt du “duo”, ou du “collectif” et même du “couple”. On ne m’avait jamais rien demandé finalement, je me suis plu à garder le silence.

guerre
Vous êtes un faux cynique (« L’avenir c’était mieux avant ») ou un vrai optimiste (« Si ça se trouve rien n’est perdu ») ?

Je suis un humain, j’ai des humeurs changeantes. D’où cette ambivalence encore, entre un personnage cynique et l’autre rêveur optimiste. Je peux être tout et rien. Nous le pouvons tous je crois. Ils sont les extensions de mon propre état. Sans être des caricatures, ils me permettent d’évacuer une vision dramatique, utopique ou paranoïaque des choses et de me recentrer sur le vrai. Exprimer le fort pour fuir le fou.

Vous parlez beaucoup du silence, ce n’est pas paradoxal ?

La loi de la rareté n’est pas seulement valable dans le commerce. Ce n’est pas tant le silence qui m’inspire, mais toutes les formes de manque. Le vide a toute sa place dans mon travail. L’économie des mots est importante aujourd’hui, ils commencent à être usés et à ne plus rien vouloir dire. Là sera le vrai silence.

Qu’avez vous contre les dimanches ?

Le dimanche est le symbole de l’Échéance. J’ai une phobie des fins, du moins de leurs célébrations. Le dimanche ou le réveillon du nouvel an sont terriblement anxiogènes. On s’oblige artificiellement et vainement à espérer mieux, on se place dans l’expectative. Puis chaque année voit une couche de nostalgie s’ajouter à cette attente. Non, demain ne sera pas mieux. Il ne sera même pas, pour certain. C’est une apologie de l’échec. Maintenant est une notion qui me plait mieux. D’ailleurs je ne prévois rien, jamais, jamais trop loin en tout cas.

Et contre l’amour ?

Il ne faut pas croire tout ce que je dis.

amour
Une pirouette, « Le Paradis, c’est les autres en enfer », il rappelle, taquin : « Parfois je suis, parfois pas ». Un dernier conseil pour la route ? « Je sauverai ce qu’il y a à sauver. Et si ce n’est pas possible, je le sauverai dans ma tête. Certains appelleront ça folie. Ce ne sera que de la survie ». Imparable.

Retrouver Benjamin (et Isidore) sur son site mais aussi sur facebook où on peut acquérir certaines des créations, de la classique mais superbe illustration encadrée au plus surprenant avion en papier.
* http://adieu-et-a-demain.fr
* https://www.facebook.com/pages/Adieu-et-à-demain

On retrouvera également les créations de Benjamin au printemps pour une grande exposition à la Cité de la Mode et du Design. Envrak y sera !

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1 commentaire

    Karine cossec  | 11/02/14 à 22 h 26 min

  • Hello , Ben, contente de t avoir lu , j aime, bises

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