C’est Koonsternant !

01/09/08 par  |  publié dans : Artistes, Arts | Tags :

1er Juillet 2008. La Maison d’enchères Christie’s Londres réalise une vente exceptionnelle. Une sculpture en acier chromé d’une hauteur de 2,75 mètres représentant une fleur faite d’un ballon de baudruche noué vient d’être vendue aux enchères pour une valeur de 16,3 millions d’euros.

Jeff Koons, Ballon Flower

Jeff Koons l’auteur de cette œuvre ne cesse de scandaliser, en effet après un mariage sulfureux en 1991, celui-ci réalise des ventes toujours plus spectaculaires, parmi les plus chères pour un artiste vivant.

Portrait d’un homme de controverse

Jeff Koons est né en Pennsylvanie, à York plus précisément, durant l’été 1955. Jeune homme, il aime déjà les affaires, l’argent, puisqu’il travaille comme trader à Wall Street. Dans un même temps, il poursuit ses ambitions artistiques en étudiant la peinture au Maryland Institute of Art.
C’est dans les années 80 qu’il rencontre enfin la notoriété. Celle ci se présente sous la forme de Rabbit, un gigantesque lapin gonflable en inox, qui devient en 1986 son œuvre emblématique.

Métal, acier chromé, inox. Koons aime le kitsch et tout ce qui brille à l’instar de ses sculptures. Son rapport à l’objet se veut dans la digne tradition de l’esprit warholien, faisant face à une logique de consommation, constatant l’uniformisation de la société.

Jeff Koons, Inflatable Flower and Bunny

Kitsch, couleurs vives, œuvres ludiques, Koons et sa hotte de père noël sèment le doute. Si Dada et sa critique des objets ouvrent la voix à une nouvelle génération d’artistes, Jeff Koons semble pour certains arpenter les sentiers bien connus de la sculpture conceptuelle.
Essayant de “révéler un certain aspect de la personnalité de l’objet”, l’artiste s’égare seulement dans les pas trop grands de ses prédécesseurs avec un manque évident de modestie qui le pousse à vendre ses œuvres à des prix toujours plus exorbitants.

Si Jeff Koons tente de s’approprier des objets de l’imagerie populaire, glorifiant aspirateurs et produits d’électroménager en tout genre, celui-ci fait de son art qui se dit populaire et « pour le plus grand nombre » un art élitiste empreint d’un certain snobisme. Ainsi est-il incroyable de savoir que notre cher Monsieur Koons n’exécute pas lui-même les œuvres qu’il revendique. Il insuffle l’idée, ses collaborateurs la réalisent.

Très apprécié par des milliardaires nouveaux-riches, Koons ne rate pas une occasion de faire parler de lui. François Pinault, troisième fortune française et mécène de Jeff Koons, se découvre une passion pour l’art contemporain dans les années 80. Et c’est alors que tout s’enchaine ; son achat de la maison de vente aux enchères britannique Christie’s, et en 2005 le Palazzo Grassi. Cet homme d’affaire incontournable affirme son attachement pour Koons en offrant 2 millions d’euros pour exposer son chouchou dans le luxe raffiné de Louis XIV…

L’exposition Jeff Koons à partir du 10 septembre 2008 à Versailles, rien de tel pour faire enfler les polémiques.
http://www.jeffkoons.com

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4 commentaires

    Fingus  | 09/09/08 à 17 h 32 min

  • François Pinault est surtout l’actionnaire principal du stade rennais. Et en analysant dans le détail le jeu du stade rennais, on peut se demander si notre CHER François ne transmet pas ses influences koonskoonesques à ces joueurs. L’art est vraiment partout.
    En tous cas, très bon article à l’heure où le pouvoir d’achat est lui aussi dans une sorte de modernisme.

  • Pauline  | 16/09/08 à 7 h 39 min

  • Merci pour cet article qui soulève les questions du marché de l’art…
    Mais contrairement à toi, je ne trouve pas incroyable qu’il ne réalise pas ses œuvres lui-même, il n’est pas à l’origine de cette pratique! Et heureusement qu’il est entouré de spécialistes vu les différents matériaux qu’il utilise, je pense qu’il aurait eu du mal à réaliser lui-même Puppy, sa sculpture de fleurs de 30m de haut.
    Et pour ceux qui se posent la question, c’est pas le rabbit qui est en photo dans l’article qui est en inox, celui-ci est en vinyle.

  • Martial  | 16/10/08 à 11 h 58 min

  • J’ai beau essayer tous les matins, je n’arrive jamais à produire quelque chose d’aussi brillant que les oeuvres du roi des Koons. Peut-être que je ne pousse pas assez fort ?

  • elise  | 23/11/08 à 20 h 23 min

  • pauline, merci pour tes précisions. Sachant que j’ai légendé les photos je ne pensais pas semer de doutes. Pour ce qui est de la réalisation des œuvres (ou non réalisation des œuvres :) ), il est bien évident que Koons n’est pas à l’origine de cette pratique. Ai je dis le contraire? Quand on sait que Rodin lui même utilisait des praticiens… Je suis en tout cas contente de voir que cet article fait débat

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