Lubin Baugin

01/09/07 par  |  publié dans : Artistes, Arts | Tags :

Je vous avais promis de vous parler d’un artiste que j’ai récemment découvert et dont je suis tombée amoureuse tant son pinceau exprime la douceur et la poésie des choses. Le temps est maintenant venu de vous présenter Lubin Baugin, peintre oublié que l’on redécouvre peu à peu depuis seulement une dizaine d’années.

Lubin Baugin, né à Pithiviers vers 1610 et mort à Paris en 1663 est un original parmi les autres artistes de son époque. Alors que la France du XVIIe siècle est un monde faste de représentations, d’ors et de pompes, Baugin s’attache, lui, à rendre la simplicité et la tendresse dans ses toiles. Il puise son inspiration chez les grands maîtres de la Renaissance italienne, se créant ainsi un style personnel et reconnaissable. Son œuvre se compose principalement de peintures religieuses, mais on lui doit aussi quelques sujets mythologiques et surtout quelques natures mortes, certaines étant devenues célèbres par le film d’Alain Corneau, Tous les matins du monde.

Baugin où le raffinement silencieux

Les natures mortes de Lubin Baugin diffèrent tellement du reste de son corpus qu’on a longtemps cru à deux peintres différents. Ce n’est qu’après une analyse approfondie des signatures que l’attribution de ces panneaux est revenue à notre cher Lubin.
En effet, ici les éléments sont géométrisés et de grandes lignes de force définissent la composition. Sur ces axes, l’artiste pose alors des objets de formes et de tailles variées, jouant avec les courbes et les couleurs. La touche calme et précise de l’artiste ainsi que la gamme colorée allant du bleu au jaune nous transporte dans un univers raffiné et apaisant.

Nature morte au bougeoir, huile sur bois, Gallerie Spada, Rome.

Nature morte à l’échiquier, huile sur bois, musée du Louvre, Paris.

Baugin où la poésie des formes

Comme beaucoup d’artistes, Lubin Baugin va aller à Rome, berceau de l’art, afin d’y découvrir les grands maîtres italiens. La rencontre avec des artistes comme Le Parmesan ou Raphaël enrichit son style et ses sujets et modifie sa manière de peindre.

Raphaël, Vierge à l’Enfant, 1504-1505, National Gallery of Art, Washington.

Le Parmesan, La Madone au long cou, vers 1535, Gallerie des Offices, Florence.

Du premier, il va retenir l’élongation des membres et la particularité des coloris, comme le vert d’eau ou l’orangé, qu’on ne retrouve guère parmi ses contemporains français. Du second, il saisit la tendresse du pinceau, la douceur des compositions et surtout un thème cher à Raphaël, celui de la Vierge à l’Enfant ou de la Sainte Famille. En effet, plus d’une dizaine d’œuvres de Baugin sur le même sujet subsistent aujourd’hui, toutes plus attendrissantes les unes que les autres. Ces petits panneaux, généralement sur bois, lui permettent en plus de vivre car ce genre est assez prisé à cette époque, donc facilement commercialisable.

Sainte Famille, huile sur bois, musée Magnin, Dijon.

Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, huile sur toile, musée des Beaux-Arts, Rennes.

Mais Baugin ne représente pas uniquement des Sainte Famille, il va également recevoir différentes commandes qui vont lui permettre de se diversifier tout en gardant son propre style. Ainsi, quelques sujets mythologiques vont apparaître au milieu d’autres scènes religieuses qui, il faut le dire, priment sur le reste de son corpus. La luminosité vient toujours conférer aux personnages de la douceur et la facture lisse, de la délicatesse, même dans des moments dramatiques où la douleur se lit sur les visages.

L’Enfance de Jupiter, huile sur toile, musée des Beaux-Arts, Troyes.

La Vierge de pitié, huile sur toile, musée du Louvre, Paris.

Ainsi, l’art de Lubin Baugin est un art de la simplification, de la courbe, des tons lumineux et de l’élégance des gestes. Bien sûr, son œuvre ne s’arrête pas aux quelques peintures évoquées ici et des toiles sont encore découvertes de nos jours mais j’espère que ce petit aperçu vous aura donné envie de découvrir complètement ce peintre. Pour ma part, la tendresse et le charme qui se dégagent de ses peintures m’ont complètement subjuguée au point de le classer dans le top cinq de mes artistes préférés. Même si certains peuvent trouver ses coloris fades ou particuliers, ses compositions simples ou mièvres, on ne peut rester insensible à la douceur qui émane des œuvres de Lubin Baugin.

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5 commentaires

    Cacalotl  | 06/09/07 à 21 h 58 min

  • La nature morte au bougeoir est une de mes toiles préférées. J’en ai acheté une petite copie pour orner ma chambre d’étudiante après avoir sa reconstitution dans le film Tous les matins du monde qui parle du musicien baroque Marin Marais.
    J’avais flashé sur cette nature morte, si simple,si épurée, si belle… Allez savoir pourquoi, son travail me fait penser à Vermeer.

    Merci pour cette note

  • zuzu  | 18/09/07 à 20 h 44 min

  • Peinture qui m’est étrangère,mais que je découvre par petit coup. Merci de nous aider à les découvrir.

  • CLEMENTINE  | 01/10/10 à 1 h 12 min

  • superbe tableaux

  • LUCIANO  | 01/10/10 à 1 h 14 min

  • pour Marcelle & Denys-Charles

  • Ledentu  | 21/02/12 à 10 h 06 min

  • Quel est l’expert reconnu en Europe ou aux USA pour Lubin Baugin

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