[MP 2013] Aix-en-Provence, sur le fil

14/01/13 par  |  publié dans : Arts | Tags : , ,

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Ira ? Ira pas ? Pendant des mois, la première magistrate aixoise, l’umpiste Maryse Joissains, a semé le doute sur la participation de la communauté du pays d’Aix (CPA), dont elle est présidente, au grand rendez-vous de Marseille-Provence 2013. Une histoire d’ego et de gros sous au dénouement attendu : ville guindée – l’anti-Marseille – portée sur la promotion d’une culture assez élitiste (Madame le Maire a fait du fameux Pavillon Noir, mocheté métallique abritant les petits rats d’Angelin Preljocaj, l’une de ses plus grandes fiertés), Aix en Provence – plus de 150 000 habitants, dont beaucoup d’étudiants éparpillés entre la fac de lettres et celle de droit(e) – s’enorgueillit aussi de son festival d’art lyrique, de ses petits théâtres, ses trois cinémas à l’éventail large (le populo VF au Cézanne, le pointu au Renoir, le super pointu au Mazarin), de ses salles de concert… Impossible pour la ville de ne pas prendre part aux festivités. Et impossible pour nous de ne pas faire le choix – tellement sensé – d’ignorer l’autocentrisme marseillais pour nous focaliser sur les initiatives locales (lire aussi notre reportage à Gardanne). Car dans Marseille-Provence 2013, il y a surtout “Provence”. Direction Aix (en Provence), donc, pour cette journée augurale qu’on nous annonce dantesque.

Un moment suspendu

En fin de matinée, une foule compacte composée d’autochtones fiers comme tout et de touristes prompts à photographier la moindre curiosité (un trottoir, un café, un enfant qui court, un policier municipal… Trucs de fou) se masse autour du point de ralliement : la Rotonde, fontaine photographiée un million de fois par les concepteurs de cartes postales. Au loin – là où le centre ancien laisse place aux Allées Provençales, lieu de villégiature des consommateurs compulsifs, on aperçoit trois acrobates en petite tenue voltigeant entre les platanes. Car Aix a choisi de placer SA journée sous le signe du cirque (et de l’art contemporain. Mais on y reviendra plus tard). Premier numéro, et pas des moindres : Maryse Joissains, figure locale de la poissonnerie au détail (pour la posture) et icône nationale de la droite dure (pour le discours), parade aux côtés d’Aurélie Filipetti, ministre de la culture désignée par un Président de la République qu’il y a quelques mois encore, Joissains jugeait illégitime. On meurt de rire sur place. Mais on n’est pas venu pour ça, et on se désintéresse bien vite de ce spectacle de clowns pour admirer celui qui, quelques mètres plus haut, effleure les cimes. Alors que la Patrouille de France colore le ciel pendant quelques secondes (ceux qui ont cligné des yeux à ce moment-là n’ont hélas rien vu), un funambule survole les 30 musiciens du groupe Urban Sax – étrange et fascinant enchevêtrement de cuivres, de chœurs et de percussions psychédéliques – sous le regard médusé de milliers de spectateurs. Un moment suspendu. Des dizaines de ballons rouges explosent à la chaîne, libérant des centaines d’autres ballons rouges que les petits s’empressent d’attraper, pendant que les parents tentent de rattraper leurs petits. Au-dessus de leurs têtes, le funambule arrive au terme de son parcours, et Urban Sax pose la note finale. Au bout du fil, la foule se disperse enfin. pressée de découvrir le parcours d’art contemporain balisé partout en ville par onze artistes internationaux parmi les plus renommés : “L’art à l’endroit”, une exposition à ciel ouvert prête à faire l’événement.

Promis, on vous en parle demain.

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