Polly Morgan : L’art en chair et en os

16/06/11 par  |  publié dans : Artistes, Arts | Tags :

Polly Morgan est jeune et jolie, la trentaine resplendissante, pleine de vie. Elle habite à London dans un quartier branchouille au milieu de la hype, dans un petit appartement coquet avec ses chiens Trotsky et Tony. So what ? Et bien toute mignonne qu’elle est, il semblerait qu’elle ait subit un léger traumatisme dans son enfance… Figurez-vous que la belle aime bien les bêtes; elle les aime tellement d’ailleurs, qu’elle son truc c’est de les magnifier tout en délicatesse une fois qu’ils se sont vus pousser des ailes pour rejoindre les portes du Paradis. Et oui, Polly est taxidermiste – ou l’art d’empailler un animal pour en faire une jolie nature… morte.

Un brin glauque

D’ailleurs elle nous met en garde avant de visiter son site : If you may be upset or offended by the sight of a dead animal then please, don’t enter this site.

Amis de BB, vous êtes prévenus. Nous, à Envrak, on est forts, on est durs, et surtout on est curieux; il nous a donc suffi de lire ces quelques mots pour nous convaincre de cliquer sur ENTER.

 

 

 

Ca vous donne la nausée ?

Notre curiosité nous a tout de même valu un haut-le-cœur à la découverte de ses « sculptures », non sans nous rappeler un épisode de l’excellent “Strip Tease” dans lequel France3 nous offrait une journée de la vie d’une vieille dame amoureuse de feu son teckel qui trônait empaillé au beau milieu de son salon et qu’elle brossait avec amour chaque jour que Dieu fait. Ce reportage, il nous avait bien fait rire…

Le travail de Polly Morgan, est beaucoup moins drôle ; certes plus émouvant, mais surtout plus embarrassant. Exécutées avec minutie et poésie, il n’en reste pas moins que certaines de ses œuvres sont réellement morbides. Elles vous mettent mal à l’aise. L’art n’a-t-il pas pour but de nous bousculer? Des bouquets de têtes d’oiseaux, des poussins pendus à des ballons de baudruche multicolores, un oiseau exotique rouge flamboyant perché dans une (fausse) cage thoracique humaine décharnée (qu’elle aurait préféré bien réelle si la difficulté d’en trouver une ne l’avait pas contrainte à la fabriquer de toute pièce)… Dérangeant. Volontairement choquant ? Mieux vaut avoir le cœur bien accroché pour en décorer son intérieur, car on est loin de la taxidermie dite « classique » que lui a enseigné George Jamieson.

Oups, de PA

Plus “arty hype”, tu meurs!

Mise en lumière en 2005 par Banksy qui l’invita à exposer à ses côtés après l’avoir rencontré dans un bar “arty” dans lequel elle bossait (comme quoi ça aide), elle avait vendu, avant même que l’exposition soit officiellement ouverte, un rat blanc blotti à l’intérieur d’une coupe à champagne. Le business allait commencer… Tel un effet boule de neige, elle devient alors une petite starlette incontournable du milieu artistique londonien, et les « trashy people » l’adorent. Polly compte maintenant dans sa liste de clients – outre de riches collectionneurs capables d’investir jusqu’à 85 000£ dans l’une de ses œuvres – Kate Moss et Courtney Love. Vive la Rock attitude ! Comment trouver meilleure pub? Elle se fera du souci, dit-elle, lorsque Paris Hilton lui fera part de son intérêt…

Aidée depuis peu d’une assistante et quelques stagiaires qui apprennent à manier le scalpel avec autant d’amour et de dextérité qu’elle sur chair fraîche ou avariée, elle travaille maintenant sur des œuvres plus sculpturales composées parfois de dizaines d’animaux.
Depuis 2010 son travail se veut plus complexe, tendant vers l’art abstrait comme le montrent ses boules aériennes d’ailes de pigeons ou de corbeaux constituées d’une cinquantaine de volatiles chacune. L’animal est alors utilisé telle de la matière, à la manière d’un peintre qui étalerait ses couleurs sur la toile. Elle joue davantage avec les volumes et les formes; elle structure et donne du mouvement et de la vie à ses petits protégés. en somme, elle change de style. La technique, elle l’avait dès ses débuts; la recherche artistique, elle la doit pour sûr à son succès qui sans nul doute l’a poussée à aller plus loin que le simple fait de vouloir choquer. Attention, le client se lasse vite. Maintenant, elle fait dans le spectaculaire. Ce qui attise l’intérêt des riches collectionneurs. C’est ça le marché de l’art. Une question de marketing.

Cadeau bonus pour nostalgiques :


Strip-Tease.-.J’aurai.ta.peau par silvere_vlc

Si vous souhaitez vous procurer une de ces charmantes petites bêtes au format carte postale, gravure, ou même en “nature”, c’est par ici

Voir aussi : le reportage d’Arte sur Polly Morgan.

Illustration ©PA pour Envrak.fr

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