Rétrospective Jacques Villeglé

02/10/08 par  |  publié dans : Arts, Expos | Tags : ,

Petit chapeau rond en feutrine noir, cheveux blancs, chemise à carreaux ; aucune fausse note dans ce look bien rangé. Qui dirait que ce bonhomme d’aujourd’hui 82 ans a marqué l’art contemporain avec ses affiches lacérées. Notre vandale préféré est exposé au centre Pompidou du 17 Septembre au 5 Janvier ; une rétrospective bien méritée pour le célèbre Jacques Villeglé, icône du nouveau réalisme.

Le nouveau réalisme « nouvelles approches perspective du réel » prend définitivement forme sous l’impulsion du critique Pierre Restany, qui en 1961 fait signer à quelques artistes la déclaration de naissance du nouveau réalisme. Lacérer, accumuler, compresser, assembler, empaqueter, telle est la devise des nouveaux réalistes.
Les déchets et les produits standardisés de la société sont recueillis et élevés au rang d’œuvre d’art. En 1959, Arman décide d’accumuler des objets, il crée ses Poubelles ; ce sont des ordures ménagères placées dans des boites transparentes. Dans un même temps, César expose ses premières compressions alors que Spoerri fige les tables de ses déjeuners qu’il appelle tableaux pièges. Tinguely fabrique des machines en métal avec des objets trouvés et incite le spectateur à participer, quant à Christo il empaquette, emballe des objets et des monuments leur conférant un caractère monumental.

Parmi ces protagonistes, Hains et Villeglé depuis 1949, Rotella depuis 1953 réalisent des œuvres en décollant dans la rue des affiches lacérées. Né à Quimper en 1926, Villeglé commence sa collecte d’affiches après avoir suivi des études aux Beaux Arts de Rennes et entrepris une formation d’architecture à Nantes en 1947. Mais ce poète de la ville à tout d’abord amorcé son art par la création de sculptures à partir de débris du mur de l’Atlantique.
Villeglé, coupe, découpe, arrache, déchire puis construit, reconstruit, choisit, superpose, juxtapose, cache, montre, dégage, rend visible. Il joue avec les images, avec les codes. Il crée des effets, donne un nouveau sens visuel. Les lacérations permettent différents traitements de l’image. Un intérêt pour les jeux du langage, les jeux de mots apparaît, les titres sont détournés. L’espace urbain, le conditionnement visuel auquel la population est soumise quotidiennement est transcendé, bousculé.
En donnant la parole aux murs, Villeglé se forge une identité. Et si au début des années 70 personne ne s’intéresse vraiment à l’art contemporain, il faut attendre André Malraux et Georges Pompidou pour voir changer progressivement les mentalités au cœur des institutions culturelles françaises.

Le centre Pompidou aujourd’hui mondialement reconnu nous fait un grand plaisir en rendant hommage à l’œuvre de Villeglé. Rassemblant plus d’une centaine d’œuvres, de 1940 à nos jours, l’exposition est composée de neuf étapes. Ce formidable parcours permet de découvrir ou redécouvrir pour certains cet artiste incontournable.

Retrospective Jacques Villeglé
De septembre 2008 à janvier 2009
Centre Georges Pompidou, Paris.
http://villegle.free.fr/
Photographie © Pierre ARNAUD 2003

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2 commentaires

    pierre le magnifique  | 24/10/08 à 15 h 48 min

  • tu m’as ouvert les yeux sur cet artiste et rempli mon esprit

  • clem1435  | 29/02/12 à 14 h 55 min

  • pourrai-je avoir davantage d’informations sur le tableau qu’il a fait (dimensions,date,nom …) c’est très urgent merci beaucoup !

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