Tim Walker, un photographe fou fou fou

07/03/11 par  |  publié dans : Artistes, Arts | Tags : ,

En pleine Fashion Week parisienne, on aurait pu vous parler du roi Karl qui joue sur tous les tableaux (jusqu’à s’inviter sur Arte en tant que speakerine), ou bien de la polémique autour de l’éviction de l’exubérant John Galliano de la Maison Dior (et “accessoirement” de ses propos dérangeants…), ou même de notre envie de voir ressusciter (ou pas) la tendance porno-chic devenue totalement has been comme diraient les fashion victims addict du vintage qui a envahi le monde de la mode…

Loin de tout cet univers un poil vulgaire, nous avions envie de voir la vie en couleurs pastels, avec insouciance, légèreté et drôlerie tel que cela nous était conté dans nos livres d’images pour enfants. Point de régression, juste une envie de douceur et de fantaisie. Et de la fantaisie, justement, Tim Walker en a plein la tête, ce qui n’est pour déplaire à nos mirettes. Ce photographe britannique à la quarantaine triomphante, est un peu à la photographie de mode ce qu’est Tim Burton au cinéma ou Lewis Caroll aux contes pour enfants. Un exauceur de rêve en somme…

« Quand le décor devient le personnage et raconte des contes et légendes contemporains aux séductions sophistiquées tel un Cecil Beaton, un Lewis Carroll ou un James Matthew Barrie d’aujourd’hui ».Christian Lacroix à propos de Tim Walker

Walker peut remercier Avedon

A 24 ans, alors qu’il vient d’être récompensé lors d’un concours de jeunes photographes de mode, il décide – comme beaucoup d’artistes – de s’exiler aux States, à New York précisément. Il y fait ses armes auprès du cultissime portraitiste Richard Avedon, en tant qu’assistant. Rapidement il se rend bien compte qu’ils ne sont pas sur la même longueur d’onde. Avedon, c’est la rapidité, l’instantané. Walker, bien au contraire, c’est la réflexion, la rêverie. Cela durera moins d’un an, et il rentrera à Londres avec son expérience en poche. Les portes s’ouvrent alors avec plus d’aisance.

Aujourd’hui, le magazine Vogue se l’est accaparé et ne semble plus vouloir le lâcher. Et pour cause! Avec lui, on est loin des photographies de mannequins figés, des photos chocs sex-drug-and-rock’n roll, ou des “photos-shops” ultra liftées. C’est ce qui fait tout son succès. Le Victoria and Albert Museum et la National Portrait Gallery de Londres ont d’ailleurs ajouté ses photographies à leurs collections permanentes.

Interview réalisée à l’occasion du Festival de la mode et de la photographie HYERES 2009

La griffe Walker, c’est une image pure et féerique

Pas de lumière artificielle : l’artiste fuit les studios photo et les flashs. D’ailleurs il travaille dès qu’il le peut en extérieur, en composant avec les éléments de la nature : de vieux arbres majestueux, des champs d’orge perdus. Plus qu’un lieu, c’est l’atmosphère qui lui importe. Mais à Londres, il doit souvent faire face aux caprices de la météo. Alors lorsque le shooting doit s’opérer en intérieur, il va jouer avec les ombres et lumières qui se dégagent des ouvertures pour ajouter du mystérieux à la scène. Les plans: le plus souvent de plein pied (n’oublions pas qu’il s’agit là de photo de mode) et donc peu de gros plans. Encore une fois, pas de retouches numériques: il y est totalement réfractaire.“TOUT est réel” aime-t-il à souligner. Du grain de peau du modèle, aux bulles de savon, en passant par les objets géants. Cela doit bien agacer certains de ses confrères qui liftent et reliftent à outrance leurs clichés et qui s’amusent avec Photoshop. Son point fort à lui : le bricolage.

Et ce poisson géant pris à l’hameçon de ce top, alors ? Et bien rien de plus simple : impression papier collée sur du carton.

Il pleut dehors ? Laissons entrer le jardin à l’intérieur.

Et ce gant de géant? fake ? oh no!

On vous l’a dit : TOUT est réel ! Ajoutez à ses talents de créativité plusieurs jours de préparation, une armée d’assistants et un shooting étalé sur trois jours minimum pour que ses mannequins fétiches lâchent prise et se transforment en Alice au Pays des Merveilles…

Une fidélité hors norme envers ses modèles

Il est relativement commun dans l’univers de la mode qu’un créateur ait une égérie “attitrée”. Cela l’est bien moins dans le milieu de la photographie. Et Walker a ses mannequins fétiches justement, il en est gaga, et il aime leur être fidèle. Le top Lisa Cant est un de ses préférés. Aussi, on la retrouve dans bon nombre de ses créations.

 

Lisa Cant et … 80 lapins

Lisa Cant pour Juicy Couture

Tim Walker pour Miss Dior Chérie

Face à temps de créativité, vous comprendrez bien la déception que nous avons eue à la découverte du visuel de la nouvelle campagne publicitaire pour le parfum “Miss Dior Chérie” dont il est l’auteur. L’égérie n’étant autre que la sublime Natalie Portman… Un poil trop sobre, un poil trop classique. Seules “fantaisies” : un nœud dans les cheveux et un fond rose poudré…

On se dit que c’est dommage ; que l’on aurait fort apprécié d’être transporté au dessus des nuages,comme il l’avait fait avec la précédente campagne publicitaire pour le parfum, et qu’il a tout misé sur le regard félin de la belle brunette. Comme après avoir mangé un mini Magnum chocolat/amandes, on a comme un goût de trop peu qui nous reste sur le palais.

Comme toute commande, Walker n’a pas du avoir énormément de liberté de création, mais tout de même…

Natalie Portman sous l’objectif de Tim Walker 2011

Et pour le délire:

Vogue UK 2008 : On vous avait bien dit qu’il y avait du Burton là-dessous…

Pour en découvrir plus:

* Tim Walker-Pictures, aux éditions Te Neues, 320 pages, 98 €.

* http://www.timwalkerphotography.com

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1 commentaire

    manon martin  | 17/04/11 à 23 h 58 min

  • bonjour ,vos photos font du bien ,ça change !!!
    bravo!

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