Yoomi, them, everybody

01/04/09 par  |  publié dans : Arts | Tags : , ,

L’univers de Ha Yoomi est surprenant : une explosion de couleurs accueille ceux qui visitent sa cyber-galerie, mais à s’y pencher de plus près, la naïveté apparente des toiles et des dessins qu’elle réalise cache une facette parfois plus sombre, et révèle une originalité indéniable et une personnalité déjà bien affirmée. Revendiquant des inspirations Rothko-Baconienne teintées d’une touche de Frida Kahlo, Yoomi a pourtant trouvé son propre style, et a attiré l’attention de plusieurs galeristes. A 26 ans à peine, la jeune artiste s’apprête ainsi à présenter ses œuvres dans deux expositions, et si elle confesse à demi-mot qu’il est compliqué pour elle “d’exprimer ma pensée en français, surtout sur des sujets abstraits”, on ne peut qu’être impressionné par sa maîtrise de notre langue alors qu’elle a quitté Séoul il y a seulement trois ans. Humble, souriante, disponible… Pour Envrak, elle a même accepté de commenter quatre de ses toiles. Elle est comme ça, Yoomi : nature peinture.

Tournesols (toile) : Je trouve que dans ce tableau les tournesols sont très vivants même si j’ai utilisé le noir et le blanc. C’est comme si j’entendais les cris des tournesols. Il y a de l’énergie et de la passion. J’aime bien cette ambiance.

Parle-nous de ton parcours artistique et des artistes qui t’influencent.

J’ai toujours aimé peindre, depuis que je suis toute petite. En plus, mes professeurs de dessin m’ont toujours encouragée, en me disant que j’étais douée. C’est pour ça que j’ai décidé de devenir une artiste. Quand le moment de choisir une université est venu, mes parents m’ont conseillé de devenir “designer” pour bien gagner ma vie. Je suis donc entrée à l’école SADI (Samsung Art & Design Institute), le meilleur institut que mon père avait trouvé selon lui.
Mais dans ce cursus, uniquement les cours de dessins et d’art me plaisaient. J’ai donc abandonné l’école au bout de 2 ans.
Après cela je suis partie à New York – où j’avais de la famille – pour visiter un maximum de galeries d’art, musées, etc.
J’ai tenté également un séjour en France, et j’ai été immédiatement séduite par la richesse culturelle de ce pays.
Après un bref retour en Corée, j’ai pris mes quartiers à Paris. Cela fait maintenant presque 3 ans.
Au début, je me suis inscrite en 3ème année de l’école des Beaux Arts de Versailles, mais encore une fois j’ai arrêté rapidement car je ne rentre pas trop dans le cadre institutionnel.
La technique artistique peut s’apprendre de manière encadrée, mais la créativité ne s’enseigne pas.
Je préfère apprendre et découvrir en autodidacte même si ça prend beaucoup de temps. Maintenant j’étudie et je peins en France toute seule.
Les artistes qui m’influencent : Jean Michel Basquiat, Ray Johnson, Hundertwasser, Frida Kahlo, Mark Rothko, Francis Bacon… mais si je dois choisir un seul artiste, je retiens Basquiat parce qu’il me libère de toutes contraintes dans la création de ma peinture.

Admiration 2 (dessin) : J’apprécie plutôt les peintures de Vincent Van Gogh dans cette œuvre, plus que ma réalisation en elle-même. Avec ses œuvres, je pouvais créer une image très belle et unique. C’était la première fois que j’essayais de déformer et mélanger des images pour créer une maison ou un objet. Je trouve que c’est une façon vraiment intéressante de former une image.

Quels sont les supports sur lesquels tu préfères travailler et pourquoi?

Jusqu’à maintenant je peignais souvent sur papiers et toiles (nylon et coton) avec de la gouache, de l’acrylique et du pastel mais en ce moment j’essaie des supports variés comme le carton entoilé, les panneaux de fibre de bois, peinture à huile, donc je ne peux pas encore dire quel support je préfère.

Auto-Portrait 2 (dessin) : Cet auto-portrait a été peint quand j’étais très déprimée et triste. Je ne sortais plus, je ne voyais personne à ce moment là. J’aime beaucoup cette petite peinture parce que dedans il y a mon histoire. En fait quand je la peignais, je ne savais pas encore que cette fille, c’était moi. Mais quelques années après, quand je l’ai revue, j’ai saisi que c’était moi. J’étais comme elle, enfermée dans une petite chambre mais dans mon imagination j’étais très libre et joyeuse et je rêvais ma belle, future vie comme la fille que j’avais dessinée. C’est la seule peinture qui raconte un moment de mon adolescence.

On a l’impression que dans tes toiles et tes dessins, la couleur prédominante est souvent le bleu. Est-ce que cette couleur est ta préférée? Est-ce qu’elle évoque pour toi quelque chose de particulier?

Oui. en fait je préfère le bleu, le blanc et le noir. quand je regarde le bleu ça m’apaise et me calme.
Et j’aime bien associer le blanc et le noir parce que leur neutralité ne me déçoit jamais dans le sens où ce sont deux couleurs qui ne sont pas chargées émotionnellement.

Stockholm (toile) : J’aime bien ce tableau parce que c’est somptueux et splendide mais aussi simple et silencieux. Si je le regarde longtemps, ça a l’air triste et solitaire.

Le thème de la Nature est récurrent dans tes tableaux. Est-ce un thème qui te tient particulièrement à cœur?

Pas seulement. J’essaie de peindre plusieurs thèmes, mais je suis souvent tentée de peindre une maison au style unique. J’aime bien mélanger des images pour former une maison ou un objet unique et intéressant. Je suis tentée par ce sujet parce que je suis aussi intéressée par l’architecture. Je pense que je vais faire bientôt des séries de maisons.
Yoomi exposera ses toiles et ses dessins Porte de Champeret au Salon des artistes Indépendants du 4 au 9 avril, et au grand marché de l’art contemporain de Bastille du 28 avril au 3 mai.
Plus d’infos sur son site, où vous pourrez également visiter sa galerie virtuelle.

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1 commentaire

    sarina@cybersilk.com.au  | 05/07/10 à 17 h 03 min

  • Well done Yoomi. Love your work & do hope you have another exhibition. I know your mother in Seoul & she has given me your site address.
    Congratulations again. Sarina

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