2009 & 2010 : quelques temps forts

03/01/10 par  |  publié dans : Carnets | Tags :

L’exercice n’est pas évident, mais Envrak s’y prête chaque année avec le même plaisir : celui de partager. La parole est à vous !
L’année dernière, nous attendions – entres autres et pour l’exemple cinéma – L’étrange histoire de Benjamin Button, Ricky ou encore Harry Potter VI. La déception fut rude. Nous attendions également Antichrist, Watchmen et autre Prophète, preuve que l’année 2009 fut aussi un bon cru. Voici comment Envrak l’a vécue et compte bien vivre la prochaine :

2010 : séquence 1, prise 1

Certains, comme le petit Ozon, figuraient déjà dans nos envies 2009 : qu’ils déçoivent, fâchent ou enchantent, Envrak attend toujours les prochains opus de ses chouchous de pied ferme. Parmi les carte blanche on retrouve les frangins Joel et Ethan Coen (A serious Man), Peter Jackson (Lovely Bones, dans un retour à un projet de taille modeste), Kim Ki Duk (Dream), The Ghost Writer de Roman Polanski, Fatih Akin et sa Soul Kitchen, Kevin Smith et Cop out, Biutiful de Alejandro González Inárritu et Le frelon vert de Michel Gondry, dans ce qui s’annonce comme son projet le plus grand public. Sans oublier Avatar, le dernier maître de l’air de Night Shymalan.

The lovely bones, de Peter Jackson, dans les salles françaises le 10 février prochain.

On se précipitera aussi sur Tamagotchi, le film, Camping 2 et Twilight 3 – ou pas.

Plus sérieusement, la rédaction est prête à accorder toute son attention à Gainsbourg de Joann Sfar (ce sera pour le 20 janvier, y compris dans Envrak) et surveille les manchettes (“après Les Beaux Gosses de Ryad Sattouf, nommé au Césars, le boom des dessinateurs-réalisateurs”). Ajoutons aussi L’immortel de Richard Berry, sur la seule foi de son teaser et son synopsis intriguant – et aussi un peu parce que La Boîte Noire témoignait d’un travail sur l’image inattendu de la part d’un réal mainstream et sans piquant (Moi, César, 10 ans et 1/2, 1 m 39…). Avec Inception de Christopher Nolan (Le Prestige, les Batman 2.0, Memento…) dont les premières images nous ont retournés, et La vengeance du petit Chaperon Rouge (suite de l’hilarant La véritable histoire du…) autant de films qu’on préférera aux remakes et suites gonflés et gonflants (Bad Lieutenant, le Choc des Titans, Agence tous risques, Shrek 4 et Toy Story 3…).

On complétera cette petite sélection préliminaire avec The Expendables de Sylvester “Sly” Stallone et son casting sévèrement burné spécial actioner des 90’s : Schwarzenegger, Jet Li, Dolph Lundgren, Mickey Rourke, Jason Statham, Bruce Willis….

The Expandables : le casting de l’année

Quelques notes de musique

2009 a été l’année Gainsbourg. Que ce soit au ciné ou en studio, Charlotte cartonne, et elle le vaut bien. Après son prix d’interprétation à Cannes pour Antichrist, son IRM l’impose comme l’une des artistes les plus influentes de la scène française.
Impossible également de passer à côté du dernier opus de Benjamin Biolay, qui porte bien son nom : La Superbe s’écoute en boucle, se savoure du premier au dernier titre et trotte longtemps dans la tête.

On a aimé également le surprenant album de Florence + the machine, Lungs, qui révèle le beau brin de voix de la chanteuse éponyme.
Parmi les mastodontes, In rainbows 2, sorti uniquement en téléchargement payant sur le site officiel de Radiohead (à peine 6 euros. Un tarif presque symbolique), prouve que le groupe n’a même plus besoin d’une promo fracassante pour se faire entendre. L’album, à l’instar de son prédécesseur, est une merveille.

Une nouvelle page se tourne

En 2009, Levi Strauss décède, Beigbeder s’achète une reconnaissance (Renaudot), Marie NDiaye obtient le Goncourt et le statut de l’écrivain s’en trouve interrogé. Mais la littérature, ce n’est pas juste historique, polémique ou compliqué, ni même prévisible comme un livre d’Amélie Nothomb à la rentrée – quoiqu’un Voyage d’Hiver reste plus surprenant qu’un Marc Lévy aux meilleures ventes tout en l’étant moins que cette exergue sur Dan Brown “L’auteur le plus lu du monde” (sic).
Lire, c’est aussi se lover dans un coin avec l’écrivain de l’année : on proposerait bien Joyce Carol Oates. Avec son recueil La Vallée de la mort, la prolifique américaine prouve en 25 histoires qu’elle peut tout écrire, tout raconter, tout inventer.

Joyce Carol Oates : une valeur sûre.

Et en 2010 ? Underworld USA, le dernier James Ellroy (à paraître en janvier) parce que c’est l’événement pour lequel toutes les rédactions vont faire leur Une – dixit les amateurs de bons polars. Envrak mise sur un roman noir, poisseux, puant et au cas où, garde Didion dans sa poche. L’année de la pensée magique se trouve maintenant en petit format, et ça, on aime. Comme on apprécie Cécile Reyboz, curiosité de février, dont la culture aura l’occasion de reparler.

Et sinon ?

Pour 2010, certains attendent la sortie évènement de Bioshock 2, tandis que d’autres n’en peuvent plus d’espérer les traductions françaises des prochains Stephen King. La dernière tournée de Johnny, on fait une croix dessus. Celle de Michael Jackson, n’en parlons pas… En 2009, on a perdu le roi de la pop, mais aussi le prince de l’entrechat (Patrick Swayze), la première dame des Drôles de (Farrah Fawcett), le seigneur de la tronche en biais (Sim). On a aussi perdu la publicité sur la télévision publique, et on n’a pas aimé ça du tout. Parce que sans pub – et sans compensation de l’État, qu’on attend toujours – moins d’argent pour le cinéma français. Ça nous inquiète.

En 2009, on a aussi vu en boucle les images du premier homme sur la lune, et on s’est dit qu’heureusement, les rétrospectives d’Envrak ne couvraient pas quatre décennies…

On a vu tomber Sarko (malaise vagal), et on a aussi vu tomber des dominos (malaise historique). On a vu tomber le prix Nobel de la paix entre les mains du chef d’une nation belliqueuse (mais on s’est dit que c’était encourageant pour lui).

Penser à 2009, finalement, c’est plus facile que d’imaginer 2010. Mais peut-être pas pour les lecteurs, à qui on laisse volontiers la parole ici. Ce qui vous a émus, ce qui vous émouvra. Ce qui vous a interloqués, ce qui vous surprendra. Ce qui vous a marqués, ce que vous attendez. Et si vous attendiez d’Envrak qu’il vous offre un espace de libre expression, pour ça au moins, c’est gagné.

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