3 filles, 4 états, 21 jours

01/09/08 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Pour avancer en voyage il y a toutes sortes de guides bien pratiques qu’Envrak ne remplacera pas. Cependant un bon « road trip » ne repose pas juste sur un gros bouquin, c’est sur des petits détails qu’il se construit. C’est donc par eux que je vais vous conter le mien à travers la côte ouest des États-Unis. Vous pourrez ainsi anticiper quelques théoriques imprévus mais heureusement, il vous en arrivera d’autres !

Arrivées à Los Angeles à 15h après être parties à 10h de Paris/Roissy, nous avons d’abord pris un des bus qui conduisent aux entreprises de location de voiture. La notre, nous l’avons louée par http://www.autoescape.com, ce qui nous a permis d’éviter une taxe de surcharge de second conducteur. Notre premier constat après avoir choisi une magnifique voiture noire : Los Angeles est une ville à voitures. Comprendre : une ville dangereuse ! Pas facile de circuler, surtout lorsqu’il faut prendre l’autoroute dans la ville pour se rendre d’un point à un autre. Mais pour éviter les bouchons, les « Car Pool » permettent aux véhicules de plus de deux passagers de passer par une voie plus dégagée. De Los Angeles, nous ne ferons ce premier jour que le Carls Junior, une des nombreuses chaînes de fast food des États-Unis mais la seule qui mérite d’être citée ! Nous irons également au supermarché pour acheter un bidon d’eau et un gel nettoyant sans rinçage qu’on trouve partout aux États-Unis mais également en France depuis trois ou quatre ans. Pour ce qui est de l’essuie-tout, nous emporterons le rouleau de papier toilettes de notre premier hôtel. Avec ces trois éléments dans le coffre, la voiture est parée pour l’aventure.

A Los Angeles, nous visiterons Hollywood Boulevard puis, cinéphilie oblige, nous prendrons Mulholland Drive pour redescendre ensuite sur Beverly Hills et prendre la célèbre Rodeo Drive. (photo). Il s’agit de l’avenue la plus chère du monde, celle où Julia Roberts fait ses emplettes dans Pretty Woman. Quand ce n’est pas de pollution, Los Angeles a une odeur de cinéma !

L’une des maisons de Rodeo Dr

Ce jour-là, nous irons à la plage à Santa Monica, non sans avoir d’abord mis en commun nos quarter pour nourrir les parcmètres qui en sont friands. Se garer, c’est le grand problème dans cette ville où marcher sur les trottoirs signifie s’auto-désigner étrange ou, selon les quartiers, cible des sifflements si ce n’est pire. Du coup, on débourse en parking, et cher. A Venice Beach, où nous bronzerons dans 20 jours, au retour de notre périple, nous en prendrons pour 7 dollars la journée mais aussi plein la vue. Les canaux et les maisons du quartier méritent la ballade touristique. On s’y prend à rêver d’ouvrir une boulangerie, faute de pouvoir faire fortune autrement. Et Malibu ? La vue de nuit ne nous a pas convaincues tout comme Los Angeles en général où il ne fait bon ni de vivre, ni de circuler. Elle restera tout de même la ville où tout est possible, comme parler développement durable avec un scientologue sur une plage au sable brûlant.

De LA, en route direction le Grand Canyon (photo). Pour ne pas faire que rouler, étape obligatoire à Laughlin, un bled paumé mais très amusant puisque transformé en petit Las Vegas. On y trouve de nombreux hôtels/casinos parmi lesquels l’Aquarius où il est possible d’obtenir sur internet une chambre pour trois à 33 euros. Pas cher pour deux lits doubles, une salle de bain et un accès gratuit à la piscine du troisième étage. Nous y prendrons un bain de soleil avant la douche de pluie de notre arrivée au grand canyon. Les K-ways sortis, les paysages n’en sont pas moins époustouflants et ils le seront plus encore le lendemain sous un superbe ciel bleu. Un coup à faire une demande en mariage par inadvertance, vous qui voyagez en couple, méfiez-vous !

Grand Canyon, sous le soleil

La côte ouest regorge de grands espaces impressionnants à vous en laisser sans voix voire à vous en tirer quelques larmes. La plupart sont des parcs nationaux, n’hésitez donc pas à prendre le pass à 90 dollars qu’on vous proposera à l’entrée du grand Canyon. Grâce à ça, vous pourrez ensuite faire Lake Powell, Zion, Death Valley et Yosemite (photo). C’est dans cet ordre que nous les avons faits, toujours plus impressionnées. Au Lake Powell, nous dénicherons une petite crique dans laquelle nous serons seules toute la journée. Pour éviter les plages surpeuplées, rendez-vous aux « Coves » de la « Wahweap Area », garez-vous sur la troisième ou quatrième « scenic view » et descendez explorer. L’endroit est magique mais ne partez pas trop tard ou vous manquerez Zion et ses couleurs éclatantes. A la Death Valley, allez faire un petit tour à pied sur les dunes de sable, non sans emporter de l’eau. N’oubliez pas non plus d’en donner un peu à votre voiture pour qui la traversée sera dure, presque autant que le seront les montées, qu’en bonne automatique, elle gravira difficilement. Tous ces moments partagés avec elle, ça donnerait presque envie de lui donner un nom, n’est-ce pas Kathy ? A Yosemite, n’hésitez pas à dormir dans un hôtel du coin, les photos d’ours dans les couloirs font toujours leur effet, se perdre en voiture dans les bois également. Pour la forme, faites la petite randonnée -1h30 l’aller en ballade- qui part d’Happy Isles pour aller aux Vernal Falls. S’il n’y a pas de courants, baignez-vous arrivé en haut, sans vous soucier des interdictions, ça vaut vraiment le coup. Plus magique encore, plus légal aussi, le lac Tenaya, dont l’eau est fraiche et pure.

Le Parc Yosemite

Au milieu de tous ces parcs, il y a Las Vegas, une ville qui vaut vraiment qu’on s’y arrête au moins deux jours pleins si ce n’est trois. Holden confirmera mais comme le Routard, il ne vous dit pas tout ! Tout d’abord, le Strip se fait à pied, parfaitement ! Certes c’est long mais on prend plaisir à tâter la clim de tous les hôtels, à se repaître de leur kitsch et à remplir nos bouteilles d’eau chaude dans leurs toilettes luxueuses. Ensuite, si vous êtes une fille, ne vous égarez pas trop loin en mini-jupes lorsque vous irez à Fremont Street, l’expérience est peu agréable, même dans le Deuce.

D’une manière ou d’une autre, en été sur la côté ouest, la pourtant indispensable mini-jupe vous mènera la vie dure. A Los Angeles, on préférera la troquer contre un pantacourt passé 18h. Et à San Francisco, on l’échangera contre un jean dès que possible ! Rien de plus désagréable que de sortir du « Bart » – le RER du coin – jambes et bras découverts pour s’apercevoir que les bottes et manteaux sont de sortie dans cette ville humide surnommée à juste titre : « Fog City » (la ville du brouillard). Que dire de plus que votre guide ne dira pas ? Prenez votre temps, visitez chaque quartier, flânez à l’européenne car à San Francisco, il fait bon d’être piéton. Ne manquez pas Sausalito mais ne le faites pas de nuit, ne prenez pas le Golden Gates deux fois par erreur car vous devrez payer deux fois votre erreur, descendez les escaliers Filbert (mais ne les montez pas !) et osez Alcatraz, son audio-guide sait parler aux touristes !

Escaliers Flibert, Alcatraz, Golden Gates

De San Francisco à Los Angeles par la côte, vous passerez par Monterrey et son Aquarium. Si vous avez des enfants, ils seront ravis de découvrir ce dernier où tout semble aménagé pour eux. Si vous n’aimez pas trébucher sur les moins de dix ans, choisissez bien votre saison, vos horaires ou zappez cette visite avec un petit pincement au cœur pour les pingouins, les loutres et peut-être les méduses. Le coucher de soleil est magnifique sur la plage de Carmel, bordée d’Eucalyptus. A Santa Barbara, vous pourrez faire de la balançoire face au pacifique, c’est ça aussi, les vacances ! Et parce que l’aventure c’est l’aventure, nous avons osé aller plus bas que Los Angeles. Tout d’abord pour les baies de San Diego mais aussi et surtout pour ses Malls où on peut faire d’intéressantes emplettes, notamment à San Ysidro, avant dernière sortie avant la frontière mexicaine sur la freeway n°5. On pourra également passer une soirée inoubliable au Mexique en laissant sa voiture dans l’un des nombreux parkings de la frontière à 8 dollar la nuit où dans une ruelle pour les plus téméraires. La traversée Etats-Unis/Mexique se fait à pied, il faut ensuite négocier avec un taxi une course à 5 dollars pour Tijuana où les bars et boites se bousculent. Etonnamment, un vendredi soir, nous n’avons trouvé que peu d’ambiance et des entrées chères. Mais nous avons finalement dansé comme il se doit pour 3 dollar dans une ancienne pharmacie sur de la musique électro à côté d’un buffet gratuit et non loin d’un barman amusé qui nous a laissé faire nous-mêmes (comprendre : avec nos propres doses de vodka) nos cosmopolitans. Viva Mexico !

Monterey, la baie aux otaries

C’est la fin du voyage et pourtant il reste tant de choses à dire et de photos à montrer. Pour nous qui y étions, la fin du voyage c’était surtout des valises à reconsidérer et le moment de réaliser « waouh ». Puis celui de se dire « fuck » parce qu’au bout de trois semaines, on jure en anglais et qu’on ne veut absolument pas partir. Subjuguées, émerveillées et même ébaubies, nous sommes passées par tous les adjectifs ! Dans tout ça me direz-vous, avoir mentionné la substitution du PQ, c’est pas folichon comme anecdote ! Certes mais laissez-moi finir en vous racontant comment nous l’avons utilisé. Pas en évoquant les toilettes États-Uniens – nous passerons sur l’inconvenance d’uriner dans 3 litres d’eau – mais en vous parlant de leurs pompes à essences. Entre lever le bas, tirer le haut ou tourner l’embout, chaque station à son système, une devinette pour un plein. Il nous a été bien pratique de pouvoir nous essuyer les mains, plus encore de les laver avant de reprendre le volant. Et nous l’avons pris ! Aussi, pour la route, nous conseillons « Google Maps », partenaire de notre itinéraire, qui a su calculer les bonnes durées de Motel6 en Motel6, une chaine de motels bon marché. Ainsi nous a-t-il indiqué qu’il faut environ 4 heures pour relier la « Death Valley » à « Yosemite » et non une heure comme le pensait cette touriste belge croisée à l’hôtel. Elle en fut surprise, l’Amérique est un pays démesuré !

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3 commentaires

    Nicolas M.  | 01/09/08 à 19 h 07 min

  • (comme de par hasard … c’était une BELGE !) :D

  • Engy  | 03/09/08 à 12 h 27 min

  • Oui une belge qui parlait incroyablement bien le français pour flamande !

  • mardi noir  | 07/09/08 à 20 h 52 min

  • Je veux retourner là bas moi aussi :'(

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