A la Kiss-in, Valentine aime Valentine

17/02/10 par  |  publié dans : Carnets, Société | Tags : ,

Certains hésitaient entre les traditionnels sextoys, fleurs ou chocolat, d’autres ont tranché pour un baiser, offert non pas à l’élu de leur cœur mais aux médias. C’était ce dimanche 14 février 2010 pour la Saint-Valentin, à Paris, Lyon et autres grandes villes de France : un kiss-in contre l’homophobie. Ou pour les non-habitués du jargon : une grande embrassade contre les préjugés.

La campagne s’appelait « Aimer Simplement » et son rendez-vous initial était pris devant Notre-Dame de la capitale. Catholiques extrémistes obligent, il fut déporté l’avant veille place Saint-Michel, 500 mètres plus loin. « Ils ont gagné » pensèrent les inquiets par erreur. Qu’ont-ils prouvé si ce n’est que l’archange est plus open que la vierge et les associations LGBT plus pacifistes que leurs détracteurs. Il fut maintenu qu’on s’embrasserait à 14 heures.

S’emparant de l’occasion, SOS Racisme ajouta sa collation : le patin de 15h afin de « souhaiter une bonne Saint-Valentin à Monsieur Besson», ministre de l’immigration. La pertinence se fait douteuse mais le rassemblement se veut contre la discrimination. C’est qu’une partie des couples mixtes s’est vue soupçonnée de fraude dans son dernier combat contre les mariages gris. Il sera donc fait d’une pierre deux coups sur la rive gauche de Paris.

Coups aussi sur l’île de la cité où quelques amoureux prolongèrent l’action en croisant le chemin des fascistes qui défendaient leur proclamé bastion. Gays bisous contre nazis saluts, les CRS sont intervenus. L’émeute vite maitrisée fit tout de même des blessés. Pendant ce temps là (à Vera Cruz, près du boulevard), les forces publiques de la fontaine St Michel se tournaient heureusement les pouces dans leurs protections renforcées.

Ça, la presse, elle ne faisait pas. Entre les couples enlacés, défilaient appareils et calepins, équipes TV et pèlerins. Pour le geste, une jolie blanche embrassait un beau black devant troupeau de photographes. Quelques courtes secondes qui attisait la frustration des uns : « oh, et l’amour alors ? ». A l’autre de répondre : « nan mais attends, il est homo, je suis lesbienne ! ». Ils sont piétons surtout, et pas mannequins. En même temps c’est le jeu mon pauvre Lucien !

Deux heures à pleine bouche et deux lieux de plein rush, la dose d’images met bas de nombreux angles. Du couplage improbable des causes à l’amour avec un grand D (comme diversité) en passant par les complications (affrontements et organisations), chacun gratte et monte ce qu’il en retient. A mesure que la place se vide, les médias se comptent aussi nombreux que les quidams. Mais nous n’allons plus tarder, il fait trop froid et mes mains tremblantes ne tiennent plus la caméra.

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