Réhabilitons le père Fouettard !

19/12/10 par  |  publié dans : Carnets | Tags : ,

Mais pourquoi le père Fouettard est-il noir ?

Le 25 décembre approchant, on parle beaucoup du Père-Noël, on lance des débats sur son look – rouge coca ou rouge coco ? on censure à la télé les publicités qui mettent en doute son existence, on lui envoie des tonnes de courrier… Pourtant, si monsieur Noël sort de son trou une fois par an, c’est pour récompenser les enfants sages. Les enfants pénibles, eux, reçoivent la visite du Père Fouettard. Un mec pas tendre, avec qui il vaut mieux se montrer conciliant. Nommé Hans Trapp en Alsace, Père La Pouque en Normandie, Rubelz en Lorraine germanophone, ou encore Hanscrouf dans la région de Liège – que des noms super rassurants – le père Fouettard est “un personnage sinistre, qui accompagne Saint Nicolas [l’ancêtre du Père Noël, pour faire court] lors de sa sortie, le 6 décembre ou la veille au soir” nous dit wikipedia. “Alors que saint Nicolas distribue des cadeaux aux enfants sages, le Père Fouettard dispense des coups de fouet aux vilains garnements. Dans certaines régions françaises et belges, les coups de fouet sont remplacés par une livraison de charbon ou de betteraves à sucre.” Le Père Fouettard est donc un méchant, même si dans certaines traditions, on le présente aux enfants comme étant le bras droit de Saint Nicolas. OK, on veut bien. Mais là où le bât blesse, c’est que Fouettard, aux Pays-Bas, s’appelle Zwarte Piet, soit “Pierre le noir”. Et là, on n’est plus d’accord pour jouer le jeu de la tradition. Car chez nos amis belges et nos non moins amis néerlandais, le méchant, le double maléfique du père Noël, est un noir. Plus précisément, un esclave noir, qui porte des habits colorés et de gros anneaux dans les oreilles, et qui enferme les enfants dans un sac pour les emmener… en Espagne. Pendant ce temps, sous le sapin de tous les enfants du monde, la Barbie reste désespérément blonde aux yeux bleus et le petit enfant, tout émerveillé par la magie du moment, ne sait pas encore qu’il risque de devenir raciste. Merci Noël…

Attention, petits enfants blonds, ce méchant noir de Père-Fouettard veut vous kidnapper !

L’absurdité des codes couleurs a encore fait son œuvre.

La suprématie blanche, ça commence à bien faire, alors pour Noël, on demandera aux enfants belges et aux enfants néerlandais de faire les choses bien : si vous tenez vraiment à remercier le Père-Noël en lui préparant un petit quelque chose à boire et à manger, remplacez le verre de coca-cola par un bol de Banania, et exigez de vos ainés qu’ils vous racontent, avant de vous endormir, l’histoire des colonisations. Le Père-Fouettard vous fera tout de suite moins peur.

Précédemment dans l’Avent-Vrak :
Jour 18 – Les gremlins atomisent Noël
Jour 17 – Soupe choco-neige
Jour 16 – Noël à Tokyo
Jour 15 – Un cauchemar de Noël par Desplechin
Jour 14 – Belle-mère, belle-fille
Jour 13 – L’Avent-vrak d’avant
Jour 12 – La petite fille aux allumettes
Jour 11 – Tokyo godfathers
Jour 10 – Mémère Noël
Jour 9 – Noël comme à la maison
Jour 8 – Noël, ça troue l’cul !
Jour 7 – Le jeu de société, à nouveau tendance
Jour 6 – Le Sapin vert, une Histoire rouge
Jour 5 – Le combat de Noël : Tino 1 – Lily 0
Jour 4 – Un pyjama et bonne chance dans la vie
Jour 3 – Le noël de Saute-Flocon
Jour 2 – Une nuit avec Biolay
Jour 1 – Les marrons glacés

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2 commentaires

    gerome  | 19/12/10 à 20 h 06 min

  • C’est marrant, mais à l’origine (tradition plutôt récente) Zwarte Piet accompagne Saint Nicolas. Et le barbu venant des contrées ottomanes (Asie Mineure) il a un compagnon: Zwarte (du XIXè S.) est probablement Hajii Firuz, zoroastriste perse, enlevé par les musulmans et déjà représenté en terre orientale depuis disons 1400 ans… Déjà noir et déjà soupçonné de propagande raciste. Plop quoi.
    Derrière on ajoute une pincée de distanciation et l’amour que les adultes portent au père fouettard (pédagogue mythologique) et surtout un rapprochement politique entre la Turquie et les zones germanophones (allez je suis bon prince j’inclus les néerlandophones) et on obtient une présence du Piet un peu moins “racialo-correcte”, on évacue sa dimension raciste et on se demande bien pourquoi (comme pour Banania) on en arrive à des contresens flagrants sur l’utilisation des figures nègres par les occidentaux.
    On n’explique jamais que Baron Samedi (peignant parfois son visage en blanc), le dieu de la mort Vaudou est un raciste anti-blanc. Avec raison. Quid de nos figures noires ?

  • jean  | 17/10/13 à 14 h 38 min

  • En Hollande, zwarte piet ramone les cheminées, d’où sa couleur.

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