Carnet Austral : à table !

02/02/10 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Un an d’Australie. “Et alors?, c’était comment ?”

Carnet austral: voilà le titre de ma rubrique ; mais il semblerait d’après les retours qui m’ont été faits, qu’avec le temps j’ai un peu perdu de vue le sens de ce qu’est un carnet. Là où l’on décrit les impressions, les ressentis, les questions que l’on est amenés à se poser lorsque que l’on part en terre étrangère.
Mais aujourd’hui, après un an de vie australienne, quelles conclusions tirer ? Et comment faire la part de l’objectif et du subjectif ? Essayons…

Impressions en vrac

– On a beau se dire ouvert à tout, il reste parfois difficile de ne pas s’écrier en bon gaulois « Mais ils sont fous ces romains! ». Et si l’Australie est proche des pays occidentaux sur le plan culturel, certaines habitudes des aussies restent tout à fait stupéfiantes.

– Jamais en Australie votre patron ne vous demandera de lui donner du monsieur-madame et il n’est pas rare de découvrir le nom de famille de Darren ou de Linda après plusieurs semaines de travail, lorsque qu’au même moment en France, il est difficile de connaître le prénom de monsieur Durand.

– Presque toutes les voitures sont à boîtes automatiques, de la grosse Mercedes (plus souvent Toyota ou Mitsubishi) à la camionnette de 20 ans d’âge. Et chose incroyable, il est possible de passer son permis de conduire juste pour les automatiques.

– Et puis le supermarché, formidable source de différences culturelles avec un rayon de produits asiatiques qui fait cinq fois celui du plus grand supermarché français.

Une part du rayon asiatique dans un supermarché : on voit à la taille du bandereau que le rayon est large

Pas de saucisson, mais du pain au beurre à l’ail (délicieux), pas de canard, de lapin mais des poulets rôtis (bon point) avec de la mie de pain dans le derrière (moins bien).

Garlic bread, pain au beurre d’ail

Viande de kangourou dans un supermarché

Et pour ma plus grande déception, des pâtes feuilletées carrées, rangées au rayon des surgelés (uniquement) et non pas avec un papier sulfurisé de grande utilité mais avec une feuille de plastique qui fond dans le four et se colle à votre quiche lorraine. “Baking paper”, m’a dit mon copain, “this is a great idea!” (avis à ceux qui veulent faire fortune)

Et oui, mon copain. Parce qu’il y a des hommes en Australie. Cela dit c’est une erreur : ne pas s’attacher à quelqu’un qui vit à l’autre bout du monde, ne pas s’attacher à quelqu’un qui vit à l’autre bout du monde… Garder ça en tête. Alors bien sûr, ça favorise les relations internationales, développe l’usage de la langue et permet de découvrir la culture sous un autre angle. Mais il est déjà assez difficile de gérer une relation avec quelqu’un qui vit à trois rues de chez vous, c’est pas la peine de chercher plus de complication. Mais bon, comme on ne suit pas toujours nos propres conseils, me revoilà australienne. Une exilée. Par choix, certes.

Et en temps qu’exilée, j’ai compris le besoin des gens d’un même pays de se réunir lorsqu’ils vivent dans un nouveau pays. J’ai compris pourquoi il y a des quartiers chinois, arabes, italiens, arméniens… dans beaucoup de grandes villes. Même sans vouloir faire de différence, on y est amené parce que l’on est différent. Le simple fait de lire quelques choses dans notre langue là où on ne s’y attend pas et le sourire nous vient ; on se sent obligé de le faire remarquer à la personne la plus proche de nous.

Et puis il y a la manie de comparer, “ah really, en France on est pas payé par semaine mais par mois!” Une simple phrase, lancée, comme ça, mais tout de suite je pense “et voilà, je l’ai dit, encore une fois, je vais passer pour une chauvine…” Mais d’un autre côté, comment s’en empêcher, comment ne pas révéler au grand jour une intéressante découverte. Il est si agréable de découvrir une autre façon de faire, de bousculer nos habitudes, de réaliser que tout ne tourne pas autour de nous, de l’idée que l’on se fait du monde et que les Australiens vivent très bien sans papier sulfurisé sous leur pâte feuilletée. C’est pour ça que j’aime voyager.

Et, puisque c’est le moment des bonnes résolutions, finies les vacances, me voilà de retour. Et cette année, je partagerai toutes mes trouvailles avec vous. Alors rendez-vous le mois prochain, si vous le voulez bien.
Episode précédent – En avant la musique!

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