Carnet austral : Ayers Rock

02/03/10 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Un petit tour dans le centre rouge australien.
Quelles sont les images représentatives de l’Australie par excellence ? L’aborigène, le surfeur, le kangourou et bien sûr, le rocher d’Uluru, comme le nomment les aborigènes, ou Ayers rock.
Lorsque j’en parle, tout le monde me dit : « Ah, non, connais pas ! » ; mais peu, j’en suis sûre, n’ont jamais vu une fois en photo ce rocher.

Le rocher Uluru au milieu du bush.

Même si cela semble un passage obligé, les deux jours de voyage (26 heures de bus en tout) pour arriver à Alice Springs – la ville la plus proche se situant à plus de 600 km à vol d’oiseau – la chaleur apparemment insupportable et le fait qu’il n’y ait pas grand-chose d’autre à faire peuvent rebuter. J’y suis allée un peu à reculons ; « après tout, ce n’est qu’un gros caillou ». Enfin, j’y suis allée stupidement, juste pour pouvoir dire que « j’y suis allée ». Mais je n’ai pas été déçue.

Tout d’abord, il y a le voyage jusqu’à Alice Springs qui, même s’il peut être monotone, le paysage changeant peu, reste tout de même une aventure. Tout est un peu magique : contempler le sol rouge avec quelques arbres ou le bush à perte de vue dans le territoire du nord, ou encore les paysages vallonnés et verdoyants du Queensland. Le tout sans voir grand monde, les villes inscrites sur la carte n’étant que des villages que l’on a fini de traverser avant de se rendre compte que l’on est arrivé.

Puis, il y a la ville d’Alice Springs qui ne paye pas de mine à première vue mais qui est davantage à taille humaine que les Sydney, Melbourne, Perth ou Brisbane. On s’y sent comme dans un repaire de soixante-huitards, les gens semblent détendus et se balader sur le marché du dimanche est un vrai plaisir.

Et enfin, à 450 km d’Alice Springs, ce pourquoi on est venu : le caillou. Enfin pas seulement, la plupart des tours organisés possibles proposent 3 jours de voyage comprenant aussi la visite d’un canyon et d’un ensemble rocheux du même âge qu’Uluru.

Alors bien sûr, les voyages organisés, j’ai toujours pensé que c’était pour les personnes âgées ou les groupes scolaires. Mais en Australie, les distances étant grandes et les espaces vides, les tours organisés ont fleuri et sont destinés aux jeunes backpackers (voyageurs à sac a dos). Même si on ne sait pas avec qui on va tomber, cela reste un moyen économique (moins cher que de louer une voiture) et intéressant de voyager. Les guides sont qualifiés aussi bien pour expliquer les mystères du bush et des formations rocheuses que pour préparer des repas au feu de bois et vous faire dormir à la belle étoile dans un swag (sac de couchage) sans vous faire rechigner.

Jeune homme qui rentre dans un swag.

J’ai été subjuguée par Kings canyon : la forme des roches – spécialement au sommet. Les couleurs aussi sont incroyables.

Les impressionnantes couleurs de King’s canyon.

L’ensemble rocheux des Kata Tjuta, qui signifie “plusieurs têtes” dans le dialecte des aborigènes du coin, est aussi à couper le souffle, les différentes balades vous amènent à découvrir les différentes faces de la formation et si vous êtes chanceux, vous pourrez apercevoir quelques dromadaires sauvages, importés il y a plusieurs décennies et qui se reproduisent et vivent ici très bien pour le plus grand malheur des plantes locales.

La formation des kata tjuta.

Et enfin, Uluru. Seul monument érigé dans une plaine parfaitement plate, il est impressionnant, mystérieux. Il semble être le seul rocher qui ait survécu aux intempéries depuis des milliers d’années et même si la pluie l’a attaqué par certains endroits, dans l’ensemble la roche semble lisse et douce. Et quand on regarde de plus près, les strates de roches qui le constituent sont totalement perpendiculaires au sol.

On peut noter ici que la formation d’Uluru et des Kata Tjuta sont une même strate de grès et que la position du rocher d’Uluru (c’est-a-dire les strates de sa roche) est perpendiculaire au sol.

Pas étonnant que la tribu Anangu, propriétaire officiel du parc qu’elle loue mais administre conjointement, lui ait donné une connotation mystique.
De nombreux sites au pied du rocher sont dits sacrés et il est interdit de les prendre en photo. Et s’il est autorisé de grimper sur le haut du rocher (348m de dénivelé) lorsque les conditions météorologiques sont favorables, vent faible et chaleur non excessive, ce qui arrive à peu près 3-4 jours par an, la tribu Anangu demande aux touristes de respecter leur croyance et de ne pas monter.

Preuve du côté mystique de ce rocher: Dark Vador y est représenté depuis de nombreuses années. On aperçoit aussi deux jeunes filles avec un filet anti-mouche autour de leur tête, objet INDISPENSABLE pour apprécier son séjour, car les mouches sont partout.

De tout ce que j’ai vu jusqu’à présent en Australie, ce sont ces 3 jours de voyage qui m’ont le plus marquée. Ce ne sont peut-être que des cailloux, mais des cailloux tellement grandioses…
A ne pas manquer !
Épisode précédent – à table !

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