Carnet austral : les backpackers

02/05/09 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Lorsque vous êtes jeunes, que vous détenez un visa working-holidays (travail-vacances) en Australie et que votre “english accent” n’est pas parfait (soit dit en passant l’accent australien est bien trop particulier pour que vous puissiez prétendre être un autochtone), vous faites partie aux yeux de tous, de la grande famille des backpackers.

Kézaco??

Littéralement, “backpack” signifie “sac à dos” donc être un backpacker veut dire que vous vous promenez avec un sac sur le dos mais cela désigne aussi par extension les hôtels bon marché ou auberges de jeunesse.

Les fameux sacs à dos…

Les Français de France vous diront qu’être un backpacker c’est comme appartenir à une grande famille. Plein de jeunes qui ont pour même objectif de voir l’Australie sous toutes les coutures.
Les Australiens vous diront que ce n’est qu’une “bande de dégénérés” qui passent leur temps à boire et faire la fête. Et par la même occasion faire du bruit, beaucoup trop de bruit ! Un habitant de Sydney va jusqu’à les décrire comme “d’égoïstes voyageurs à petit budget qui passent leur temps à l’extérieur pour avoir du bon temps mais n’ont aucun respect pour les résidents”. Pour d’autres aussi, les backpackers c’est un gagne pain : nombreux sont les agences de tourismes et autres commerces liés directement à la présence des backpackers. Pour d’autres encore, c’est de la main d’oeuvre nombreuse et pas exigeante, alors parfois, on les aime bien. “Ces qualités – flexibilité, endurance, jeunesse, enthousiasme – sont aussi cités par les employeurs comme la clé des attributs des backpackers dans leur travail” écrit le Docteur Fiona Allon, du centre de recherche culturelle, dans un rapport sur les backpackers.
Enfin lorsque vous êtes un backpacker australien, après quelques mois dans le pays vous réalisez que ce n’est rien de tout ça, et tout à la fois !

Géographie d’une auberge de jeunesse australienne

Pour donner une idée (subjective) et basée principalement sur mes observations : dans un backpacker (le lieu) moyen vous avez le jeune qui travaille. Il connaît tout le monde et se sent chez lui. Si c’est vendredi, 75% se situent non loin d’une bouteille de bière ou d’un cubi de rouge, histoire de se rappeler qu’ils sont venus en vacances en Australie. Les 25% autre se partagent entre ceux qui ont fait l’expérience la veille et ne sont pas tout à fait remis, et ceux qui ne boivent pas, qui ont su résister à la coutume locale.
Ensuite vous avez ceux qui cherchent du boulot. 90% sont dans leur moment de déprime « je-veux-rentrer-à-la-maison », les 10% autres sont ceux à qui il reste encore un peu d’argent de côté ou qui viennent juste d’arriver.

De jeunes travellers prennent un verre dans un des pubs rattachés à une auberge de jeunesse à Sydney.

Enfin, vous avez ceux qui sont en vacances, juste de passage, qui reviennent d’un endroit vraiment génial et se dirigent vers un autre sûrement encore mieux. Ceux-là cherchent les bons plans, jouent à « et est-ce que tu es allé là ? Tu dois absolument aller ici ! J’étais avec un groupe formidable ! » Ils font le compte des kilomètres parcourus, cochent les destinations effectuées et se plongent dans leur livre de voyage ou autres papiers pour connaître leur prochain itinéraire.
60% sont en groupe, 20% en couple et 30% en solitaire. Même s’il est fort possible que parmi les 60% de voyageurs en groupe, 50% soient arrivés seuls et n’ont rejoint un groupe qu’après plusieurs rencontres. Et contrairement aux idées reçues, bon nombre de ces voyageurs solitaires sont des filles.
50% sont allemands si ce n’est plus et les 50% autres se partagent entre Anglais – qui représentaient la part la plus importante des détenteurs d’un visa working-holidays en 2007 (31 203 visas) – Coréens, Taïwanais et Français pour la plupart.

Bien sûr, il est facile de généraliser. Et même si le backpacker fait partie de cette grande famille par sa situation économique, son âge et souvent ses envies, chacun d’entre eux est une exception à la règle à un moment donné. Et cela avant tout par la possibilité qu’il a d’accéder à un emploi, qui en fait un voyageur à part en comparaison avec les routards du monde entier. Même si l’oisiveté est souhaitée le plus souvent, elle n’est pas vraiment existante ou pour quelque mois, toujours trop courts. Et cela change les rapports qu’il entretient avec le pays. « Il y a deux sortes de backpackers : ceux qui viennent ici pour faire la fête et ceux qui viennent pour changer de vie » constate Paul, manager d’un… backpacker.

Un groupe de backpackers de tous horizons lors d’un tour sur la célèbre île de sable, Fraser Island.

Dans les deux cas, il faut de l’argent pour parvenir à ses fins. Et pour se remplir les poches, il faut travailler, trouver un logement et parfois une voiture. Il doit donc, même pour un temps restreint, organiser tout ce qu’il aurait automatiquement fait en tant qu’actif dans son propre pays. “Il y a peu de temps, nous avions un apartement à Sydney ; c’est pourquoi je ne nous classifierais pas comme des backpackers parce qu’on vivait tous dans un apart. Et on travaillait. C’est comme être dans notre pays, travailler chaque jour, rentrer dans votre appartement, et non voyager comme un backpacker” explique une Ecossaise de 20 ans. Et c’est cela qui le rend différent d’un voyageur “normal”. Le backpacker australien n’est pas seulement un touriste mais un résident temporaire.

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