Carnet Austral : Noël au soleil

02/01/09 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

La récolte de tomates est terminée. Claire a posé ses valises dans l’évier d’un hôtel, et nous livre ses impressions sur la météo du moment.
A chaque fin d’année son bilan et ses résolutions : “Qu’ai-je fait cette année qui en a fait une année spéciale?” “Quelle erreur vais-je éviter l’an prochain?” et le backpacker (routard) australien n’y coupe pas. Peut-être que le mot bilan pour ce dernier est un peu fort, “projet” serait plus approprié. “Où passer Noël et le jour de l’an?” “L’année prochaine je réserve un hôtel deux mois a l’avance si je veux passer les fêtes à Sydney ou Melbourne”, “Le rhum australien, plus jamais!” peuvent faire partie des résolutions principales des jeunes voyageurs. Mais à quelques détails près, que vous soyez Français ou Australiens, les mêmes questions vous turlupinent à cette période. Peut-être que le voyageur ressent un peu plus le mal du pays, mais en même temps il évite les tensions familiales, ou avoir à jouer la comédie pour la tante Yvette en assurant qu’il a toujours rêvé d’un chauffe-chaussettes qui fait aussi porte-casserole et apporte une petite touche léopard rose nécessaire à toute sorte d’intérieur.

Bien sûr, la grande différence reste la chaleur. Alors, oui, il fait chaud. Et même très chaud : 31 degrés à l’ombre à Bundaberg, ville au centre de la côte Est, sur la grande Barrière de Corail, et jusqu’à 35 degrés dans certaines villes du nord-est ou de la côte ouest. Eh oui, il est difficile d’imaginer que c’est noël !

L’île de Lady Elliot, à quelques kilomètres au large de Bundaberg, est située sur la barrière de corail

Les guirlandes qui décorent les maisons paraissent avoir été oubliées et non pas installées la semaine précédente. Entendre “Jingle bells, jingle bells…” dans les magasins climatisés alors que vous vous réfugiez de peur d’être lyophilisés tant la sueur perle votre front, votre dos, vos bras, vos jambes… est assez déstabilisant. Mais le pire reste de voir le Père Noël. Simplement l’apercevoir est une souffrance. Comme chacun sait, ce dernier est supposé vivre au pôle nord, et ne peut pas vraiment se permettre de se parer d’un maillot de bain à fleurs, de lunettes de soleil et d’une casquette lorsqu’il fait le guignol pour les enfants. C’est dans ces moments là que le backpacker prend sa première résolution : ne jamais faire Père Noël en Australie!

Cette année, ici comme ailleurs, les familles ont fait leur bilan. Et en ont conclu que le chapitre “cadeaux” allait être difficile à imprimer sur le relevé de banque. La hausse du prix du baril n’a pas affecté l’économie australienne jusqu’à mars dernier, où l’augmentation à la pompe s’est faite ressentir pour la population, qui a dû réduire ses dépenses.
Comme en France, le pouvoir d’achat a baissé et malgré un chômage de seulement 4.4%, peu important en comparaison avec le Vieux Continent, il est en augmentation. 2008 a été marquée par de nombreux licenciements dans le domaine des finances, des médias et des grands groupes industriels.
Mais malgré cela l’Australie n’a pas encore été touchée par la récession à proprement parler. Le produit intérieur brut n’a pas diminué, les grandes compagnies continuent de faire des bénéfices. Mais le gouvernement s’inquiète. Il essaie de favoriser les investissements dans les compagnies nationales et investit lui-même à hauteur de 21 milliards de dollars, soit 10.5 milliards d’euros. Et au milieu de tous les discours de politiciens qui tendent à rassurer la population, le ministre des finances, Wayne Swan, laisse entendre que l’entrée dans la crise pour l’Australie semble inévitable en 2009. Ses principaux partenaires, notamment États-Unis et Chine, étant déjà en récession ou en passe de le devenir, l’Australie ne pourra pas se reposer entièrement sur son économie nationale ou l’aide gouvernementale pour compenser la baisse des exportations attendue.

Wayne Swan, le ministre australien des finances

Alors cette année pour les familles australiennes, le Père Noël sera Wayne Swan, qui a décidé de rajouter 9 milliards de dollars, soit 4.5 milliards d’euros, au budget d’aides sociales pour décembre. Ainsi Dad and Mum pourront déposer au pied du sapin en plastique une nouvelle board que le fiston s’empressera d’essayer pendant les vacances. Surfboard pas snowboard, eh oui, ici il ne neige pas.
Chiffres : The week-end Australian
Carnet Austral : Episode précédent – “fruit picking”
Episode suivant – les “convicts”

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