Carnet austral : poisson d’avril

01/04/10 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Après son séjour en montagne, Claire va à la pêche. Dans ses filets, quelques spécimens exotiques particulièrement… gros.
L’océan occupe une place particulière dans le cœur des Australiens et a un impact important sur leur culture. Même s’ils se sentent appartenir au grand continent vide et s’identifient volontiers au bush sauvage, plus des trois quarts de la population vit sur les côtes. La plupart des grandes villes sont portuaires et font face au grand large, comme Sydney, Perth, Melbourne.
Et si, lorsque l’on associe Australien et mer, on pense surf, il n’en reste pas moins que c’est sûrement la pêche, d’eau douce comme d’eau salée, qui fait le plus grand nombre d’adeptes.

Everyone has a rod

“Tout le monde a une canne à pêche, les australiens sont fous de pêche” me dit Hazel, ma collègue de travail, une Kenyane immigrée depuis une vingtaine d’années. Elle a raison : hormis peut-être dans les grandes villes, où c’est métro-boulot-dodo qui domine, l’Australien de 7 à 77 ans aime jeter une ligne ou quelques pièges à crabes, histoire de se payer un festin de roi pour pas un sou.

Les preuves de leur folie “pêcheresse” sont partout. De grandes chaînes de magasins d’accessoires pour la pêche font constamment de la publicité à la télévision et à la radio et sont présentes dans toutes les villes de plus de 15 000 habitants, sans compter d’autres petits magasins d’accessoires qui pullulent dans la plupart des villes côtières. Je les connais et peux chanter les slogans de chacun : “everyday is a good day to start fishing lalalalalala”. C’est une honte, je sais…

Les émissions TV sur différentes sortes de pêche ou à propos des meilleurs coins où pêcher – quoi et comment – sont nombreuses. Même dans le journal local de la ville où je vis, toutes les semaines une page entière est destinée aux photos que monsieur tout-le-monde, après avoir pêché un beau et gros poisson, a envoyées fièrement à la rédaction.

Moi et mon premier poisson, une morue d’estuaire.

Les différentes pêches

Il y a ceux qui jettent leur ligne depuis la plage, d’un ponton ou d’une digue. Et puis il y a les chanceux qui possèdent un bateau, et ils sont nombreux. Les rampes d’accès sont partout sur les rivières et il est impossible de ne pas en trouver une à moins de 20 minutes de chez vous, en moyenne. Ceux qui ont un petit bateau reste dans les estuaires à chasser le flathead, le cod (morue) ou le gar par exemple.

Ceux qui ont un plus grand bateau partent pêcher au grand large à la recherche de thons ou de MahiMahi. Ce dernier est plus connu sous le nom de poisson-dauphin même s’il n’a rien à voir avec le cétacé. C’est sa curiosité le poussant à s’approcher des bateaux qui lui a valu ce surnom.

Mahimahi et un célèbre inconnu.

C’est au grand large aussi que beaucoup de pêcheurs s’adonnent au downrigging. Cela consiste à envoyer l’hameçon en profondeur à l’aide d’une corde à laquelle un poids important est accroché pour aider l’hameçon à lutter contre les courants jusqu’à ce qu’il atteigne le fond. Cela permet d’attraper les poissons qui s’y trouvent et lorsqu’ils y mordent, l’essentiel est de remonter la ligne le plus vite possible pour qu’aucun requin ne fasse un festin de votre capture, ce qui arrive très souvent.

Les excursions

Comme l’Australie est grande et les eaux de température variable, les poissons ne sont pas les mêmes partout et le tourisme autour de la pêche s’est développé.

Au nord du Queensland se trouve Cairns. C’est là que les départs pour la pêche au marlin se font. Le marlin est un poisson-sport : très difficile à attraper, sa capture est source de fierté pour les pêcheurs, qui sont très peu nombreux à le consommer…
Mais c’est un sport de riches, les adeptes peuvent dépenser plus de 1000 euros pour partir à sa recherche car il vit à 150 km des côtes et peut atteindre jusqu’à 700 kg. Il faut donc un matériel de pêche résistant à des poids importants et un bateau assez grand pour naviguer en grandes eaux.

Deux pécheurs qui libèrent un marlin après sa capture.

Le territoire du nord est très réputé pour la pêche au Barramundi d’eau salée, poisson qui peut peser jusqu’à 45 kg. Il est considéré lui aussi comme un poisson-sport mais n’est pas pêché uniquement pour la gloire. Son prix élevé, sa chair tendre et délicieuse et son poids souvent important en font un poisson qu’il est bon d’attraper pour nourrir et impressionner les amis. C’est aussi un poisson qui a la particularité de changer de sexe à l’âge de 2 ans, passant alors de mâle à femelle.

Le barramundi… à moins qu’on ne dise “la” ?

En Tasmanie, ce sont les poissons d’eau douce qui attirent les touristes et parmi les plus célèbres, la truite. Elle a été importée en 1886 par les colons anglais sous la forme d’œuf, puis transportée par bateau depuis l’Angleterre, faute de pouvoir faire reproduire les truites anglaises dans leur nouveau pays. Il est toujours possible de visiter l’endroit où ces œufs sont arrivés, furent développés puis reproduits avant l’introduction de la truite dans les nombreux lacs et rivières tasmaniennes. Même si aujourd’hui l’endroit ressemble plus à un parc à touristes où il est possible de nourrir toutes sortes de truites, le musée de la pêche y est très intéressant et renferme de nombreuses preuves de vie.
Episode précédent – Ayers rock

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