Carnet Austral : tortues et grenouilles

02/08/09 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

L’incroyable vie de la tortue de mer

Sur la côte est australienne à quelques heures au nord de Brisbane se trouve un petit village qui a su résister a l’envahisseur… Pardon je me trompe d’histoire. Un petit village nommé Bargara, station balnéaire très touristique avec de jolies plages, un filet anti-requin, un pub avec ses machines à sous, enfin tout ce qu’il faut pour passer de bonnes vacances.
Mais ce village a aussi la chance d’accueillir un centre de recherche sur les tortues de mer. Pourquoi cela ? Tout simplement car c’est sur les 14 kilomètres de côtes qui jouxtent Bargara que 50% des tortues de mer du Pacifique viennent pondre leurs œufs !

La tortue de mer verte est herbivore.

Le climat est agréable, ni trop chaud (ça c’est un avis de tortue de mer) ni trop froid. De plus, l’endroit n’est pas loin de la barrière de corail où vivent les tortues adultes car les eaux sont peu profondes.

Un mois avant le début de la période de ponte de novembre à janvier, la femelle s’accouple avec plusieurs mâles et garde leur sperme en réserve. A la fin de cette période, elle se dirige vers sa plage de naissance afin de pondre une première fois. Durant la nuit, car il fait plus frais, elle creuse un trou de 50 cm de profondeur en moyenne et pond d’une trentaine à une cinquantaine d’œufs qu’elle fertilise avec le sperme emmagasiné. Après cela, elle referme le trou et se dirige vers la mer avant de revenir deux semaines plus tard pour pondre à nouveau (elle peut revenir jusqu’à cinq fois).

Une tortue loggerhead surprise au petit matin pendant son retour vers l’eau après la ponte. Certaines, nées sur les plages australiennes, ont été retrouvées sur les côtes du Pérou pendant leurs 17 premières années. Elles mangent des crustacés et du plancton.

Chose curieuse, les tortues de mer ne pondent pas tous les ans ou en suivant un certain cycle : il peut s’écouler 1 an, puis 7 ans, puis 3 ans entre les période de ponte d’une même tortue.
Le sexe du bébé dépend de la température du sable où se trouvait son œuf. Entre 25 degrés C et 28.6 degrés C, c’est un mâle et au-dessus c’est une femelle, enfin jusqu’à 33 degrés C au-dessus… ils cuiront.
Après 8 semaines dans son œuf, le bébé tortue se décide enfin à sortir pendant la nuit pour échapper aux prédateurs. Et se dirige vers l’océan pacifique grâce à la lumière de la lune. Sur la petite distance qu’il parcourt, il s’imprègne du champ magnétique terrestre (inclinaison et intensité)qui sera son moyen de navigation tout au long de sa vie. Lorsqu’il touche l’eau il sait nager, se nourrir et faire tout ce dont il a besoin pour sa survie. Il se dirige alors vers le grand large pendant une période de 17 ans après laquelle il reviendra vivre près des côtes puis pondre ou faire don de son sperme pour perpétuer l’espèce comme l’ont fait ses parents.

Bébés tortues après l’éclosion des oeufs.

Le conte de la reinette verte et du crapaud des cannes à sucre

Il était une fois une grenouille verte, dite “des arbres”. Elle était très appréciée par les Australiens qui la voyaient souvent avec ses amis, le soir, pendant la saison humide à faire des orgies d’insectes et de scarabées dorés, son plat préféré, et par chance présent en abondance au mois de décembre (très humide au nord du pays).

Un scarabée de noël ; ils apparaissent en grand nombre au mois de décembre dans la partie nord du Queensland.

Vivant près des habitations jamais loin d’une canalisation, une salle de bain ou une veille souche creuse au fond d’un jardin, enfin partout ou elle pouvait trouver un coin humide, elle était souvent vue des hommes et très appréciée. “Oh she’s so cute (comme elle est mignonne)” s’écriait tout un chacun. Avec sa couleur vert pomme et sa peau lisse, il était impossible de résister à ce petit animal d’une dizaine de centimètres en moyenne.

La petite grenouille verte des arbres, un animal très apprécié.

Un jour, en début de soirée alors qu’elle se rendait au restaurant rejoindre ses amis et sa famille, elle se retrouva face au terrible « cane toad », le crapaud des cannes à sucre.
Le célèbre prédateur redouté par tous : grenouille, lézard, souris, escargots, petits marsupiaux, serpents enfin tout ce qui est de taille à rentrer dans sa bouche. Et même par les plus gros animaux, ceux censés être les prédateurs, qui en avalant leur proie, meurent empoisonnés par les glandes vénéneuses que le crapaud a au-dessus des épaules. La petite grenouille a bien entendu parler de quelques oiseaux ou animaux natifs d’Australie qui ont réussi à s’adapter et éviter les glandes mais elle sait bien qu’elle n’a aucune chance. Alors avant de se faire avaler par le crapaud affamé prêt à bondir, elle s’écrie : “Satanés humains, toujours à se mêler de ce qui les regarde pas ! Ils n’aimaient pas les scarabées dans leur champ de canne à sucre alors ils ont importé ces monstres de crapauds en 1935 pour les contrôler. Ils n’étaient que 100 mais ils se sont étendus entre 25 et 50 km par an au début et même si maintenant ce n’est que 1.3 km par an, c’est trop. Et tout ça pour quoi ? Pour rien, ils n’ont rien changé. Ils pouvaient bien nous demander à nous, mais non ! Et maintenant, ces étrangers nous enlèvent le pain de la bouche et nous assassinent, en plus !” Et oui, je sais bien c’est triste, elle est mignonne la grenouille verte des arbres, mais elle est un peu beaucoup raciste…

Le “cane toad” et ses glandes empoisonnées visibles sur ses épaules.

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