Carnet Austral : un continent menacé

02/03/09 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags : ,

Chaque Francais qui s’est assis derrière son petit ecran pour se tenir au courant de l’actualité a pu apprendre que la nature joue un sale coup aux Australiens…
…et le mois de février a été particulièrement chargé.

Quelle folie que ce pays! Pendant que les citoyens du Queensland (nord ouest) luttent contre deux cyclones et les inondations qui s’en suivent, le sud de l’Australie connait ses pires records de chaleur et malheureusement, les incendies les plus meurtriers.

Une vision de déluge dans le Queensland.

Le Victoria a subi cet été la pire canicule du siècle et plus particulièrement les pires records de chaleur jamais enregistrés. Avec des températures atteignant jusqu’à 48 degrés, des taux d’humidité parfois autour de 0 % et une sécheresse qui se prolonge depuis maintenant huit ans. Tout était donc réuni lorsque les incendies se sont déclenchés pour aggraver la situation. Le feu a attaqué la flore déjà très sèche qui a brulé comme du petit bois, et s’est répandu à très grande vitesse, aidé par un vent venant du désert, lui-même sec et chaud. Les habitations souvent construites dans des zones à hauts risques d’incendies sans réelle obligation de débroussailler se sont retrouvées entre les flammes ainsi que les habitants.
A la fin du mois, les autorités ont comptabilisé 210 morts et 30 disparus. Et même si l’incendie meurtrier a été maitrisé, il reste encore quinze foyers importants dans l’état de Victoria.

Dans l’état de Victoria, les incendies se multiplient.

Des conditions déjà graves

Depuis 1950, la température moyenne planétaire a augmenté de 1 degré. Cette augmentation rapide, principalement due à l’action de l’homme sur l’environnement, ne se traduit pas par l’augmentation de la température dans chaque région de la planète mais principalement par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes.

Ce n’est pas un fait nouveau, inondations et sécheresses cycliques ont toujours été le lot de nos voisins du dessous. Les événements démesurés ne sont donc pas une surprise pour ces habitant habitués à la rudesse du climat. Mais cette fois, la sécheresse au sud du pays dure depuis trop longtemps, elle détruit l’agriculture, réduit les ressources en eau et attaque sévèrement la végétation qui n’est pas habituée à des conditions aussi extrêmes. A titre d’exemple, le Murray-Darling (sud-est), plus grand réseau fluvial d’Australie, qui irrigue le cœur agricole du pays, prodigue eau potable à la population et arrose forêts humides, régions sub-tropicales et terres arides, est en péril. Il n’est plus assez approvisionné en eau de pluie, les inondations qu’il génère en zone humides risquent de passer d’une fréquence de cinq à vingt-cinq ans et ses eaux détruisent déjà les sols agricoles à cause d’une salinisation trop importante.

La sécheresse a des répercussions catastrophiques pour les agriculteurs, dont le nombre a chuté de 10% en seulement 5 ans.

Une prise de conscience

Le gouvernement au pouvoir depuis 2007 lutte déjà contre l’augmentation de l’effet de serre planétaire, preuve d’une certaine prise de conscience de la part des politiciens. Le premier mois de son mandat, le premier ministre Kevin Rudd a ratifié le protocole de Kyoto et mis en place des mesures afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 15% par rapport à l’année 2000, et ce pour la date échéance de 2020. Mais les écologistes se récrient et insistent pour une réduction minimum de 25 a 40% pour un réel début d’impact sur l’environnement.

Les incendies du Victoria change la donne. Tous les journaux remettent sur le tapis le caractère inéluctable du changement climatique australien si le monde ne fait rien. Les six jours de grosse chaleur par an vont devenir vingt, de nombreuses espèces végétales et animales vont disparaitre, les incendies augmenter et les cyclones devenir plus fréquents. Une chose est sûre : la population prend, elle, de plus en plus conscience du danger, la solidarité se renforce. Dans les supermarchés, des boites destinées aux dons pour les victimes des inondations et des incendies ont fleuri. Et ces catastrophes sont sur toutes les bouches. Certaines villes du Queensland prennent des mesures pour protéger les maisons en cas d’incendies et le gouvernement fédéral parle de “réouvrir le dossier”.

Pour moi, cela se résume pour l’instant à une correspondance plus fréquente avec le vieux continent. “L’australie brule et coule! Claire mais ou es-tu?” Ah qu’il est bon, lorsqu’on a oublié tout le monde, de se rendre compte que le monde ne vous oublie pas !
Carnet Austral : Episode précédent – Les convicts
Episode suivant – Les arborigènes

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3 commentaires

    Rubz  | 04/03/09 à 12 h 00 min

  • Le propre de l’humanité est de prendre conscience de certaines choses, et pas des moindres pour le coup ,quand elle a le museau dans le caca… Fatalité? Non pas de fatalisme de base… Les choses sont et continueront à être ce qu’elles sont jusqu’à ce qu’une forme d’humilité face a mère nature prenne le pas sur cette faculté de vouloir gérer notre environnement comme une multinationale… ” La nature trouve toujours son chemin ” (jurassic park :op)et elle continuera a le faire… avec ou sans l’espèce humaine ! ;o)

  • Rubz  | 04/03/09 à 12 h 01 min

  • J’en ai oublié de remercier l’auteur de cet article ! ;o)

  • Héloïse  | 19/04/12 à 14 h 43 min

  • Merci pour cet article très intéressant.

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