Carnet Austral : un peu de politique

17/07/10 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Pour les Australiens, tout a commencé le 23 juin à 22h30, lorsque le premier ministre Kevin Rudd en place depuis 2007, annonce par la voix des médias que certains membres de son parti et plus particulièrement son bras droit Julia Gillard, lui ont demandé de démissionner ou de faire face à un vote qui déterminera le futur premier secrétaire du parti au pouvoir jusque là, lui. Après un grand Non au soir du 23 juin car « le peuple australien m’a élu », il s’est finalement résigné, le 24 au matin juste avant le vote, n’ayant vraisemblablement aucune chance.

Une photo avantageuse de Julia Gillard et Kevin Rudd.

Mais commençons par le commencement : l’Australie est une démocratie parlementaire et une monarchie constitutionnelle, le pouvoir se partage entre les différents états et territoires australiens et la reine d’Angleterre. Entre nous, cette dernière n’est pas vraiment importante ni respectée comme elle peut l’être Outre-Manche. Il y a de cela quelques années, un referendum a été soumis aux Australiens leur demandant s’ils voulaient garder la Reine, ce à quoi ils ont répondu oui, pour la principale raison qu’ils pourraient ainsi garder le jour férié qui célèbre son anniversaire. Elle exerce son pouvoir par le biais du gouverneur général, qui ne fait somme toute que suivre les directives du premier ministre.
Les états et territoires australiens sont représentés par le pouvoir législatif qui se divise entre le sénat (qui compte 76 membres dont 12 par état et 2 par territoire) et la chambre des représentants (150 membres).

Bref, les Australiens ne votent pas directement pour leur premier ministre mais pour un représentant et le gouverneur général nomme premier ministre le premier secrétaire du parti qui a le plus de sièges à la chambre des représentants.

Ainsi, lorsque par la voix de Julia Gillard, plusieurs importants membres du parti ont demandé au premier ministre en place de démissionner de son siège de premier secrétaire du parti, ils entendaient par la même occasion de démissionner de son poste de premier ministre. Leur principale peur était que l’impopularité de Kevin Rudd ne leur permettrait pas de gagner les prochaines élections des représentants de la Chambre des représentants qui se tiendra au plus tard en octobre 2010.
En effet, il y a un an de cela, Kevin Rudd était un des plus populaires premiers ministres de l’histoire australienne mais depuis, beaucoup de ses décisions ont fait descendre sa côte de popularité au plus bas. L’instauration de plusieurs réformes pour l’économie d’énergie, comme une subvention pour l’isolation des maisons qui a entraîné beaucoup de fraudes faisant passer le gouvernement Rudd pour des dépenseurs outranciers, ensuite la création d’une taxe carbone pour les entreprises et finalement la présentation d’un projet afin d’augmenter les taxes sur les « super profits » des mines australiennes ont été sa sentence.

Alors bien sûr, ce n’est pas un coup d’état car tout est parfaitement légal, mais ce qui semble un peu suspect dans ce changement si radical (d’un jour à l’autre !) c’est que malgré l’arrêt du projet d’isolation, malgré son annonce de revoir son projet sur les taxes des mines, aucune chance n’a été laissée à son gouvernement et ce sont ceux qui l’ont amené au pouvoir qui ont tout fait pour l’en évincer.

Les élections se rapprochent et le parti Labor semble davantage miser sur une nouvelle tête qui, dans les quelques prochains mois précèdant les nouvelles élections, ne peut sûrement pas faire grand mal. Et de plus, comme scandent les journaux et les magazines féminins c’est « La première femme premier ministre australienne qui entame sa  lune de miel avec les australiens ». Et ca… c’est de la bonne pub.

Hahaha bon c’est truqué mais quand même ca fait sourire.

Épisode précédent – Un petit coup de soleil

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