Coutumes roumaines

01/04/08 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags :

Pourquoi aller chercher de l’exotisme à l’autre bout du monde, quand ce nouvel entrant de l’Union Européenne foisonne d’usages dépaysants ? Levons le voile sur certains d’entre eux.

Màrtisor (à prononcer meurtichor)

Le Màrtisor ressemble à un pendentif. A la place de la chaine, on y passe un fil torsadé rouge et blanc. En Roumanie, le rouge se rapporte à l’hiver, et le blanc symbolise le renouveau et le printemps. Ce petit fil traduit le passage de la première saison à la seconde. On l’accroche comme une broche sur la poitrine. Il en existe de toutes formes et couleurs, bien que l’on privilégie les trèfles à quatre feuilles ou encore le fer à cheval, synonymes de chance. Il s’offre le 1er Mars aux femmes auxquelles on tient, qui le conserveront au minimum 9 jours durant. Ce talisman apporte la chance à son propriétaire. La légende dit qu’il faut l’attacher à la première branche en fleur que l’on croise pour avoir une bonne saison, fleurie et riche en fruits et légumes. Cette coutume est liée à l’agriculture, puisqu’elle correspond à l’arrivée de la nouvelle année agraire, annoncée par le printemps.
D’autres croyances se sont développées autour du Màrtisor. Il aurait par exemple des vertus protectrices contre le soleil et aiderait à maintenir la peau laiteuse. Le porte bonheur préserverait la santé des enfants.

Màcinici (à prononcer meutzinitzi)

De même que le Màrtisor, cette coutume du 9 Mars honore le nouvel an agraire. Les Saints Mucenici étaient 40 soldats chrétiens, martyrisés par un roi païen qui les a fait jeter dans un lac pour les geler. D’après la légende, l’eau du lac se serait réchauffée et les hommes en seraient ressortis vivants. Dans la tradition, les roumains font 40 brioches en forme de 8, qu’ils arrosent de miel et saupoudrent de noix. On peut aussi en faire une sorte de soupe sucrée, l’eau symbolisant le lac dans lequel avaient été entrainés les Mucenici. On dit également qu’il faut boire 40 verres de vin ce jour là. Les croyants pensent que le vin bu au Màcinici se transformera tout au long de l’année en sang et en force pour le travail.
Il existe un proverbe qui dit que « Le temps du printemps sera le même que celui du jour des Màcinici ». Prévoyez donc un printemps pluvieux !

Pâques

Les Pâques orthodoxes ne tombent que très rarement à la même date que les Pâques catholiques. La date de Pâques est calculée pareillement dans ces deux religions, mais le calcul ne se base pas sur le même calendrier : julien pour les orthodoxes et grégorien pour les catholiques. Cette année, les roumains fêteront donc Pâques le 27 Avril.
Le chocolat étant un met plutôt haut de gamme, les roumains ont pour habitude de manger de vrais œufs durs à cette occasion. Ils en font cuire une bonne marmite (comptez entre 20 et 50 œufs). Mais la cuisson de tous ces œufs n’est pas le plus délicat. Il reste à les peindre et il existe plusieurs techniques. La plus simple consiste à les tremper dans de la peinture spéciale, diluée dans du vinaigre. Il est possible de mettre une jolie brindille de persil sur l’œuf, d’envelopper le tout dans une chaussette et de le tremper dans la peinture de cette façon. Lorsqu’on enlève ce petit vêtement, il ne reste plus qu’une trace de feuille sur la coquille, ce qui est assez esthétique. Si on se sent une âme d’artiste, on peut également peindre la coque à la main.
Avant de manger les œufs, il faut suivre un rite pour les casser. Cela consiste à prendre un œuf et à le casser sur celui du voisin en disant « Christos a inviat » (Jésus est ressuscité). Ce à quoi la seconde personne va répondre « adevarat a inviat » (il est ressuscité, c’est vrai). La personne dont l’œuf se casse a perdu. Il ne reste plus qu’à les déguster, accompagnés de brioche et de moutarde ou de citron.

La journée de l’enfant

En Roumanie, la journée de l’enfant surplombe la fête des mères et la fête des pères. On est tous des enfants, et en Roumanie, l’enfant est plus au centre de l’attention qu’en France. C’est le moment pour les parents de faire des cadeaux à leurs enfants mais surtout de passer du temps avec eux. Cet évènement se déroule le 1er Juin, ce qui donne lieu à des promenades et sorties en plein air en famille.

Mos Nicolae (Père Nicolas ou Saint Nicolas en français)

La Saint Nicolas est une fête peu connue en France, mais très présente en Roumanie, presque autant que le Père Noël. La date du 6 Décembre correspond à la mort de Saint Nicolas. Il est principalement connu comme étant le protecteur des enfants. La tradition veut que les enfants mettent leurs chaussures bien en évidence, au pied de leur lit par exemple. Mos Nicolae y dépose dans la nuit du 5 au 6 Décembre de petits jouets et des sucreries, en particulier des oranges pour les enfants qui ont été sages, et des bâtons en signe de punition pour les autres. Pourquoi des oranges me direz-vous ? Eh bien parce que du temps du dictateur Ceausescu, les oranges étaient chères et rares.
Cette fête s’adresse principalement aux enfants, mais les adultes ont bien souvent droit eux aussi à des chocolats !

La Roumanie regorge de nombreuses autres merveilles tout aussi folkloriques. Rendez-vous le mois prochain pour en découvrir un peu plus !

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Pas de commentaire

    marion  | 09/04/08 à 21 h 16 min

  • j’ai reconnu ta table de cuisine Di??
    sympa de partager tes coutumes…je les trouve plutôt coolos…

  • Diana  | 15/04/08 à 13 h 53 min

  • Oui c’est ma table que tu reconnais sure cette photo: Envrak c’est du vécu! ça me fait bien plaisir de partager un peu de mes coutumes et encore plus plaisir si tu les trouve cool!!!

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