Le test du chamallow

21/07/11 par  |  publié dans : Carnets | Tags : , ,

“La meilleure façon de résister à la tentation, c’est d’y céder”. Le “test du chamallow”, étude réalisée pour la première fois à Cardiff dans les années 1960, illustre à la perfection cet aphorisme wildien que les enfants soumis à l’épreuve auront tôt fait d’assimiler – à leurs dépens. Fort de résultats jugés probants par les sociologues qui l’ont créé, le test perdure aujourd’hui, au grand dam de bambins à qui on demande l’impossible : tenir une dizaine de minutes devant un chamallow qu’ils n’ont pas le droit de manger. S’ils réussissent à ne pas en avaler une miette, ils auront le droit d’en manger deux.

Interdire, c’est inciter

Les images font sourire, mais l’exercice a un but : prouver que les enfants doués de patience et capables de résister aux tentations, ont davantage de chances de réussir sur le plan scolaire et social. Ainsi, les 17 500 enfants soumis au test du chamallow pour la première fois, et aujourd’hui âgés d’une quarantaine d’années, ont contribué à accréditer la thèse selon laquelle manger trop de sucreries sans les “mériter” aurait des incidences sur leur niveau de violence à l’âge adulte.

Si les conclusions du test peuvent évidemment prêter au débat, les images filmées ci-dessous relèvent d’un comique de situation rarement atteint dans une fiction. Face à leur chamallow, les enfants réagissent de façon totalement inattendue : on touche sans même regarder – trop frustrant. On lève les yeux au ciel – on souffre beaucoup, c’est flagrant. On met à contribution tous les sens autorisés – on ne peut pas gouter mais on peut sentir. On grignote un petit peu, en se disant que la dame qui nous a mis dans cette situation ne remarquera rien du tout. On observe la friandise, on la tourne dans l’assiette, on la renifle, on la remet en place. Un petit garçon se tape la tête contre la table pendant que son frère jumeau exécute une étrange danse sur sa chaise en attendant la fin du calvaire.
Et puis il y a ceux qui craquent, comme cette minuscule fillette dont la tête dépasse à peine de la table et qui s’empare du chamallow sans même réfléchir une seule seconde. Une autre n’attend même pas que la dame sorte de la pièce pour attaquer le bonbon.

Pour nous autres adultes, la scène est cocasse. On en oublierait presque de se demander comment on réagirait dans pareille situation. Essayez donc : Holden devant un inédit de Stephen King. Engy devant le dernier film de Michelle Williams. Mosa Lii devant une tartine de nutella. Mettez un album pirate de The kills sous le nez de Clémentine, un black album de Serge Gainsbourg à la barbe d’Ariel et Mathieu Amalric dans le lit de Madeleine. S’ils échouent, on ne les blâmera pas. On attendra qu’ils grandissent.


Horrible test du Chamallow par The-Phantom

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