Marseille-Londres en un claquement de train

01/07/16 par  |  publié dans : A la une, Carnets, Voyages

S’il y a bien une chose que j’envie à mes amis parisiens, c’est bien cette réjouissante proximité avec la perfide Albion. En un coup de bagnole ou un coup de train, paf : à eux les joies du London Eye, de la carte Oyster (question nom de service public, on a jamais fait mieux : prends ça Navigo, incline-toi devant la carte-huître!), des fish and chips… (insérez ici votre expérience anglaise préférée).

Ok, je vais pas faire semblant d’affirmer qu’il est si compliqué que ça en 2016 pour un Marseillais de se rendre à Londres. L’idée, c’est que ça fait une paire de saisons qu’Eurostar se place sur le créneau en proposant une liaison dans la journée Marseille-Londres. A l’heure de Ryanair, n’importe qui de sain d’esprit serait tenté d’évacuer la proposition d’un haussement d’épaules. A contrario, je l’ai testée pour Envrak. L’expérience, on ne peut plus agréable, a renforcé ma conviction que qui aime voyager (et a l’intention de continuer à le faire dans les années à venir) ferait bien de revoir ses priorités et ses certitudes.

Tranquillou bilou dans l'Eurostar

Tranquillou bilou dans l’Eurostar

Dans le train, OKLM (La classe standard premier, c’est le top)

Sérieusement, parmi vous, qui a sérieusement une dent contre le train en tant que tel ? Levez la main ? J’ai voyagé en standard premier, petit déj et repas léger inclus. Première remarque : l’amabilité du personnel à bord est impressionnante. J’ai vu un stewart absolument pas gêné d’aller chercher un café au wagon bar pour une cliente exigeante. Surtout, j’en ai vu deux-trois passer régulièrement pendant près d’une heure et demie après départ du train pour servir café, thé, croissants, « ça va aller monsieur ? Je vous ressers ? » sans obséquiosité ni présence étouffante. Respect. Autre remarque : la standard premier dispose des meilleurs repose-têtes que j’ai eu l’occasion de croiser (détail crucial isn’t it ?). Mais encore ? Le repas servi à midi m’a prouvait qu’on pouvait manger très correctement dans un train (quand bien même j’ai l’habitude de portions plus grosses, mais ma moitié me dit qu’on est 2 à manger : moi et Jean-Théobald, mon ver solitaire). Enfin, laissez-moi vous redemander : qui ici à quelque chose contre le train, sa ouateur (du mot ouate. J’aurais pu écrire velouritude aussi), son calme, l’impression de regarder le film de la France avec un grand F par la fenêtre ?

Polluer n’est pas jouer

Depuis que j’ai arrêté de cloper, la première odeur qui me frappe tous les matins en allant au bureau à pieds c’est celle des pots d’échappement des gens qui vont perdre une demi heure / une heure de leur vie dans les embouteillages. Ça pue, c’est absolument dégueu, ça fait monter la température moyenne sur terre, et quand je pense que les Chinois achètent des voitures à pétrole par cargos entiers tous les jours, j’ai envie de creuser un trou et de m’y enfermer pour manger des cookies jusqu’à la fin de ma vie. Aussi, quand on me propose de remplacer l’avion par le train, je dresse une oreille attentive. Et y’a pas photo, un aller-retour Marseille-Londres crame 450 kg de C02 en avion quand la même chose en Eurostar c’est moins de 40 kilos. Soit 10 fois moins. Si vous ne voyez pas le gain collectif à réduire ses émissions de carbone et prendre le train, autant arrêter de me lire tout de suite. Vous êtes probablement arrivé ici parce que vous avez vu de la lumière, et vous allez voter Trump en novembre. Comment ? Mais le train c’est cher ? Mmmmmpf. Lisez ce qui suit.

C’est la lutte finale !

Alors certes, si l’on compare, brut de pomme, les tarifs d’un A/R en avion low-cost et Eurostar, au premier coup d’oeil ça va pas tourner à l’avantage du train. Et attention, comme n’importe quel humain normalement constitué, je compare les prix, et je suis très loin d’avoir des moyens illimités. Je pourrais vous dire qu’à l’heure où j’écris ces lignes on trouve des A/R au prix somme toute raisonnable de 220 euros et des brouettes pour l’été 2016 (allez voir les prix sur AirFrance, pour rigoler) que ça tombe à 144 euros fin août, et encore moins cher cet hiver, qu’Eurostar fait souvent des ventes flashs à prix cassés… j’imagine qu’il en restera toujours autant pour penser que c’est de toute façon trop cher. Sauf que. Il est de notoriété publique que les compagnies low-cost font leur beurre sur le dos des salariés et des fonds publics en faisant la nique à la législation. Vous pouvez rester insensible à mes envolées gauchistes, vous foutre des conditions de travail de votre prochain, toujours est-il que parmi la communauté scientifique, d’aucuns avertissent depuis un moment que les changements climatiques (en partie induits par le trafic aérien) auront une incidence sur les conditions de vols… ET LEUR PRIX.

Pas convaincu ? Je ne peux hélas guère plus pour vous.

(Pssst, pour réserver c’est ici)

Cet article a été réalisé en partenariat avec Eurostar et avec la complicité de Bérénice Decharneux (que je remercie encore vivement), au cours de circonstances très spéciales (lire ici). “Partenariat” signifie échange de bon procédés : voyage offert contre exposition médiatique, Eurostar me laissant toute liberté sur mes propos. Si vous m’avez lu jusqu’ici, vous aurez compris que je n’ai pas eu à beaucoup me forcer pour dire du bien de l’expérience. Faites du sport. Faites l’amour. Aimez votre prochain. Voyagez. Prenez le train, et chaque fois que c’est possible préférez-le à l’avion. Bisous.

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