VBIFL : ma première fois

12/01/12 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags : ,

Autant vous prévenir, ce texte est un mensonge. Il ne raconte pas ma vraie première fois aux USA. Ma première fois ayant en vérité eu lieu à San Antonio, Texas, où je fut accueillie par des mexicains – forts sympathiques au demeurant – avec qui je conversais trois semaines durant en espagnol, avec qui je mangeais des tacos, burritos et autres spécialités locales et qui me racontaient toute l’histoire de la piñata ; bref cette expérience constitue dans mon esprit plus une fausse première fois au Mexique qu’une vraie première fois aux USA. En conclusion, ma première fois aux USA, c’était à l’occasion du deuxième tampon sur mon passeport. En Amérique, la vraie : en Virginie.

J’ai grandi en visionnant chaque jour à la télé le rêve américain : Beverly Hills, Melrose place, Le prince de Bel Air. Bref, non seulement je mourrais d’envie de découvrir et vivre ce rêve mais surtout pour moi ça ne pouvait arriver que sur la côte ouest, en Californie et surtout à Los Angeles.

Un séjour linguistique aux USA booké plus loin, me voilà convoquée à l’aéroport pour prendre l’avion afin d’être hébergée chez une famille qui habite … en Virginie. WTF ? (pas exactement – le slang US n’était pas encore ma 3e langue vivante – mais quelque chose d’assez approchant). Je boude, je crie, je pleure, je menace de déchirer mon passeport, de sauter de l’avion. Rien n’y fait, maman me conduit à Roissy. 12 heures de retard plus loin (une histoire de moteur qui marchait pas très bien) au cours desquelles le groupe de colons – tous plus ravis les uns que les autres de se retrouver dans cet état sudiste sexy au possible – improvisent un fumoir en salle d’embarquement, nous arrivons à Philadelphie, relogés pour la nuit au Hilton (déjà la côte est remontait dans mon estime) avant de prendre la direction au petit matin de Norfolk, première base navale militaire des Etats-Unis. Glamour à mort (je n’avais pas encore vu ces petits marins tout de blanc vêtus se balader le torse naturellement bombé et le teint bronzé le long du port). Et là, au bout du couloir du seul terminal de l’aéroport « international » de Norfolk : une masse de gens, de ballons, de peluches, de stars and banners, de papiers cartonnés grand format. Sur l’un d’eux « Welcome Lisa » entourés de cœurs, de fleurs et de paillettes. Au fond, ils n’avaient pas l’air bien méchants et ce n’était sûrement pas de leur faute s’ils habitaient dans cet état et sur cette côte.

Après les hugs d’usage, on charge mes valises, je m’installe à l’avant du 4×4, on fuse sur la gigantesque autoroute, on me propose un fast-food pour combler la faim que la gastronomie US Airways n’avait pas su apaiser, je choisis parmi la dizaine d’enseignes que l’on me liste et je repars avec un énorme baconator (sans oignons parce que je n’aime pas ça). J’arrive dans cette maison dont la pelouse est taillée au millimètre, où le jardin de devant ne comporte aucune clôture si ce n’est quelques rondins blancs dans un coin, où la boîte aux lettres trône fièrement au bout de l’allée avec son petit drapeau rouge en l’air. Je visite la maison et finis par m’installer dans cette chambre avec un lit dont le haut du matelas est, comme partout, à 80 cm du sol avant d’aller voir le coucher de soleil, une glace à la main (au parfum impossible mais payée avec des billets verts) sur la jetée qui surplombe l’océan plein de surfers, et qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Santa Monica.

Mauvaise côte, mauvais état, mais j’y étais : l’Amérique, la vraie.

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