11 bonnes raisons de voir Speed Racer

02/03/10 par  |  publié dans : Cinéma

…et de s’intéresser aux frères Wachowski.
C’est chouette la vidéo, quand ça peut nous permettre de rattraper des films passés complètement sous le radar. C’est chouette surtout quand le film en question s’est fait massacrer par la critique et n’a pas rencontré le succès en salles. C’est enfin d’autant plus chouette qu’on attendait pas grand chose de Speed Racer (2008), et qu’il nous a littéralement décoiffés. 11 bonnes raisons de découvrir l’un des blockbusters les plus intéressants de ces dernières années.

Parce que c’est un film familial et stupéfiant à la fois. Les running gags avec le chimpanzé raviront vos (petits) gamins, tandis que les couleurs arc-en-ciel et les formes très psychédéliques vous rappelleront vos années flower power. On est pas loin de l’effet Télétubbies de retour de teuf à sept heures le matin.

Parce que vous avez entendu partout que c’était nul (37/100 sur Metacritic, 1,6/4 sur Allociné), mais vous n’êtes pas convaincu. Speed Racer s’adresse avant tout aux curieux, réfractaires ni au cinéma expérimental ni à l’action frénétique.

Parce que John Goodman, Emile Hirsch, Christina Ricci, Chim Chim le chimpanzé, Matthew Fox, Melvil Poupaud et Susan Sarandon – qui soit vieillit très bien, soit est vachement bien retouchée. Prends-en de la graine, Nicole.

Parce que les enfants acteurs, c’est chouette, surtout quand ils sont un peu enveloppés. Comme le réjouissant “Thurman Merman” de Bad Santa, et ici, Paulie Litt alias Spritle, sans conteste l’interprète le mieux servi du film, et doté d’un solide talent, surtout quand il est pris en flagrant délit de visionnage de télé interdite à la maison.

Pour apprendre à ses mômes les vraies valeurs. Il s’agit, à travers un film de course-automobile, de faire gagner la famille, l’artisanat et la passion sur la cupidité des grands méchants vendeurs de soupe. Pour les Wachowski, c’est aussi une manière de s’interroger sur leur statut de réalisateurs hollywoodiens : la passion contre le realcinema. Speed et les grands sponsors de la course auto, c’est un peu comme les Wachowski et les grands studios. Leur premier scénario, Assassin(s), s’est vu charcuté par Richard Donner. Dégoûtés, les frangins voulaient faire retirer leur nom du générique. Reste que sans la Warner, ils n’en seraient pas là aujourd’hui.

Parce que fourguer des allusions à la pré-histoire du cinéma dans un film pop-corn de 2008, c’est gonflé. Avec Speed Racer, apprenons l’histoire du cinéma, et appelons à épeler “phénakistiscope”.

Parce que les frangins Wachowski sont complétement hors normes. Sortis de la fac sans diplôme, fans de Tolkien et comics, ils ont exercé dans la charpenterie avant de faire du cinoche. Le succès aidant, ils refusent aujourd’hui toute interview. Et Larry Wachowski ne cache plus sa transexualité – prière donc de l’appeler Lana.

Parce qu’un gamer sommeille en vous. Vous êtes connectés sur Xbox live à l’année ou bien vous n’êtes pas contre une partie de Wii à l’occasion : Speed Racer s’abreuve à la source vidéoludique (Wipe out) avec élégance.

Parce que les grands films pétés de thunes mais malades – des accidents industriels – ont quelque chose de fascinant. Comme Blueberry en son temps, et ses 37 millions d’euros au service d’un duel de western complètement barré. Ici, 120 millions de dollars filés à deux cinéastes pour jouer aux Majorettes sur un circuit électrique, dans un film bulle-bonbon saturé de couleurs acides.

Pour voir un blockbuster qui en a sous le capot. Le cinéma d’auteur nous offre régulièrement des formes originales voires expérimentales (La femme défendue, Eternal Sunshine, Time Code, L’année dernière à Marienbad, Irréversible…), la chose est plus rare dans les blockbusters grand public. Speed Racer est de ces films qui inventent ou se réapproprient plein de choses formelles.

Vraooooum, VraaaaoooooooouM. Sûrement notre meilleure légende photo en 50 numéros…

Parce que c’est tout simplement un objet filmique exceptionnel, ridiculisé à tort. Dans la lignée du monde virtuel des Matrix, Speed Racer a l’ambition folle de de se délester des contraintes physiques du cinéma (l’encombrement de l’objet-caméra), jusqu’à offrir parfois une image parfaitement fondue entre cinéma live et dessin animé – voir la courte séquence dans le désert. Ici les distances physiques sont abolies, un cadre offre 3 ou 4 découpages différents, les mouvements suivent des trajectoires insensées, les coupes du montage (notamment champ / contrechamp) s’effacent, la narration en sort grandie. Ils marquent à eux seuls le langage filmique d’une pierre blanche, en mesurant et enfonçant le chemin parcouru. Prends-en de la graine, Avatar.
En DVD (pas cher) et Blu-ray (pas trop cher non plus).

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1 commentaire

    LordGalean  | 07/05/10 à 14 h 34 min

  • je te l’avais dit pourtant :) mais heureux de voir que tu as apprécié le trip ;)

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