Ach ! Brüno !

01/12/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

Sacha Baron Cohen est un trublion. Oh non pas un Mickaël Youn ou un Jim Carrey. Non, c’est un vrai trublion à l’anglaise ! Un anglais qui en outre possède un humour juif offert par sa famille orthodoxe.

Sacha Baron Cohen écrit des films et joue dedans. Puis ses films, ils sont bien. Tout le monde se souvient de l’extraordinaire Borat : le journaliste Kazakh raciste, antisémite, sexiste et homophobe. Un film qu’il est de bon ton de ne pas aimer dans certains milieux – même si quelques critiques ne se sont pas trompées sur la dimension “réelle” du film à sa sortie – mais qui n’en a pas moins décroché un succès très honorable au box-office mondial.

SBC lance donc son nouveau produit, sa nouvelle marque : Brüno. Et cette fois il s’offre les têtes de la mode, l’Amérique que j’aime, le Tiers-monde, les afro-américains obamaïsés, l’homophilie progressiste et l’homophobie protestante.

Mais qui est Brüno ?

Brüno, ça pourrait être un bon ami à moi : il est journaliste de mode (journaliste de l’inconséquent, quel doux pléonasme), germanophone (autrichien), homosexuel (plus précisément une icône gay). En somme il est le fils déchu de Johnny McGovern et de Milan Fras qui aurait étudié à SupdeMode. Sacha Baron Cohen décide donc de faire de Brüno une vedette aux USA…
Vaste programme puisque l’accent boche de Brüno est très prononcé et que le journaliste se considère comme le deuxième grand Autrichien à partir à la conquête du monde juste derrière… Adolf Hitler.

Il est en fait assez peu utile d’entrer dans les détails du film, premièrement pour ne pas dévoiler des gags globalement bons, et deuxièmement parce qu’il n’y a cinématographiquement rien à attendre de ce film, exception faite du récit (j’ai bien écrit récit, pas scénario). Pas d’innovation en terme d’image ou de son, une vidéo pas mal clipée et une caméra omniprésente (pour le plus grand bonheur du spectateur qui saura observer aux seconds plans les regards médusés des témoins).

Dans ce film, on trouve : un bébé noir échangé contre un ipod, Ron Paul (mon idole juste derrière Iggy Pop et Dürer) le leader libertarien qui se fait draguer par Brüno, des orthodoxes israéliens fous, des palestiniens pétrifiés (si j’ose dire), un prêcheur protestant halluciné, une partouze échangiste, du mobilier humain mexicain, des rednecks, une épileuse d’anus, des parents prêts à tuer leur gosse pour qu’il devienne star, une bite dansante et même un cours d’auto-défense en cas d’attaque au godemichet… Bref ce film est un film sur la médiocrité du monde moderne et le trublion crypto-SA qu’est Brüno ne fait finalement pas tâche dans le décor.

Ce héros matérialiste, rêvant au 15 minutes of fame de Warhol, à la coupe de champagne d’un grand hôtel se pose en Candide (le vrai, celui de Voltaire) révélateur d’un monde où l’on ne sait même plus qu’il eut fallu de l’Ilford Ilfosol 3 pour mettre en perspective notre univers sur du papier argenté.

Les cyniques qui ne riront pas devant Brüno ne manquent sans doute pas d’humour, ils sont juste dramatiquement idéalistes. Les autres riront de bon cœur soit parce qu’ils partagent cette Weltanschauung d’un monde désincarné et finalement ridicule, soit parce qu’ahuris par le talent de comédien de Sacha Baron Cohen, ils en oublieront de penser. Je recommande, j’aime et j’en redemande.
En DVD et Blu-ray le 3 décembre.

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