Brothers et Planète 51

04/02/10 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

 

Un humain représente l’envahisseur pour les aliens. Rien à redire, l’idée était bonne, éducative du moins. Elle allait permettre un discours sur la tolérance et une série de gags pour enfants. L’insistance sur les deux provoque la perte de Planète 51, qu’on vous vendra “par le scénariste de Shrek” quand ils étaient cinq pour écrire l’histoire de l’ogre vert – et de toute évidence Joe Stillman pas le meilleur. Le laïus sur la différence joue sur notre ressemblance avec ces extra-terrestres formés et normés comme des terriens, version années cinquante (quand la femme faisait la cuisine mais que l’homme s’occupait du barbecue), à la distinction qu’ils ne portent pas de pantalons (jupes pour les filles, rien pour les garçons). Dans ce monde qui ressemble au nôtre – sic -, l’astronaute américain sera discriminé puis accepté de tous après dialogues clichés et avant d’être renvoyé chez lui – faudrait pas déconner. En effet, ça ne rigole pas à Glipforg où en plus de vivre exactement comme l’humain de base, l’habitant n’a pas de répartie (certes, ça va de pair). Les situations drolatiques attendues y sont vues et revues, comme l’unique personnage amusant : un robot étrangement familier – faudrait pas innover.

Le frère de l’époux décédé à la guerre se rapproche de la femme endeuillée. Mais surprenante surprise, le frangin/mari n’était pas mort ! Tobey Maguire revient d’Afghanistan pour soupçonner Jake Gillenhaal de s’être tapé Natalie Portman. Ce qu’il aurait dû mais qu’il n’a pas fait – faute supposée à un brushing tue l’amour. Signé par Jim Sheridan, Brothers aurait pu brillamment exploiter le triangle amoureux ou ne serait-ce que le couple interdit “torse de Jake / charme de Natalie” – Tobey ayant déjà son rôle physique à prétention statuette. De plus, l’affiche esthétique suggérait un film de cet acabit. Solution de facilité, ça y va alors tout épuré en blanc : la maison, la cuisine, la neige ou encore Winter de U2 – version lente, comme le rythme d’ensemble. Ça tombe même dans le piège de la redite (gros comme trois tanks avec un tel synopsis). La relecture pseudo-poétique serait-elle souhaitée qu’on s’en étonnerait pas, ça sent Hollywood à plein nez. Du star system saupoudré d’auteurisme : on a failli plonger…

Le conseil : ne jamais (jamais!) avoir d’attentes cinématographiques – radotons, nous aussi…

Semaine précédente : http://www.envrak.fr/breve-131-cinevrak-27-01-10-mickey-frog

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