Cinq sorties !

09/12/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

Cette semaine, on s’y met à deux avec Holden pour traiter cinq des sorties ciné du 9 décembre : Astroboy de David Bowers (II), Oscar et la dame Rose d’Eric-Emmanuel Schmitt, Yuki et Nina d’Hippolyte Girardot, Loup de Nicolas Vanier et Persécution de Patrice Chéreau.

  Je ne t’aime plus mon amour

En partie autobiographique – Chéreau fut lui aussi traqué par un inconnu qui s’introduisait chez lui – Persécution avance dans la même veine qu’Intimité, en parlant d’amour négatif. Celui qui étouffe, qui déconstruit, qui aveugle. Un trop plein d’amour qui passe à côté de sa substance. Au plus près des visages et des corps – qu’il filme toujours avec une belle sensibilité grâce à un cadreur maître ès caméra épaule – Chéreau offre à Romain Duris l’un de ses meilleurs rôles, une variation un peu plus adulte des jeunes chiens fous qu’il a l’habitude d’incarner, comme un Attrappe-Coeur qui aurait mal vieilli. Autour de lui, on retrouve avec plaisir Charlotte Gainsbourg et Jean-Hugues Anglade, impeccables. Et Paris fait bobo, comme d’habitude. C’est intellectuellement stimulant, quoi que très littéraire, très rèche. Un beau film de plus à ranger au rayon du cinéma-français-d’aujourd’hui.

Des vastes paysages, des rennes, des loups et des autochtones

Permettez qu’il ne soit pas fait mention d’histoire dans ce synopsis : le scénario ne sert à Loup qu’en sa qualité de décor. Nicolas Vanier fait son cinéma en négatif, tous rôles inversés. Les acteurs simulent les montagnes quand les montagnes interprètent le climat. Magnifique jeu que celui du lac. Charme époustouflant que cette neige, tout en nuance, qui point n’en fait trop malgré son omniprésence. Certes ça ne veut pas dire grand chose mais cette gentille fiction en Sibérie n’a pas plus de sens cinématographique. La camera tourne à moins cinquante sans autre but que celui de capturer des images du grand nord, belles, spectaculaires, parfois même intéressantes, que rien ne nous incite pourtant à retenir. Pas même ce cliffhanger d’aurore boréale.

Zut, mes parents divorcent

Hippolyte Girardot et Nubuhiro Suwa font équipe pour signer une chronique de la séparation vue par une fillette franco-japonaise de 9 ans. “Et pourquoi vous vous aimez plus avec Papa”? “Et est-ce que Nina pourra venir me voir au Japon ?” demande Yuki. Malgré les explications – maladroites – des parents, la vérité se dérobe. Alors Yuki et Nina décident de fuguer. Deux bons points : le sujet est traité avec beaucoup de délicatesse et de justesse. Et les deux jeunes actrices sont d’une jolie fraicheur, à mille lieues des stéréotypes d’enfants fournis par les séries télés américaines. Enfin (ça fait 3 bon points, en fait) il y a un côté livre pour enfants qui devrait plaire au jeune public, pour peu qu’on souhaite les intéresser au sujet. Malgré tout, l’ennui. Et la distance. Beaucoup plus fin et mémorable que Génial, mes parents divorcent, mais plus hermétique, aussi.

Une cinquantenaire monte sur le ring, un enfant va mourir

Oui, Michèle Laroque souffle bientôt ses cinquante bougies. Heureusement pour elle, Eric-Emmanuel Schmitt semble aussi amoureux que le public français : en quelques plans sur ses chevilles, il donne du galbe à sa silhouette élancée, en quelques inserts sur ses yeux, il revitalise son regard coquin. Oscar et la dame Rose est à déconseiller aux détracteurs de la merveilleuse Michèle pour la simple raison que le film ne vaut que pour son charme aux inspirations de Ma Sorcière bien aimée. Le potentiel trognon du gamin n’éclipse pas le tailleur rose de la dame éponyme, ni son justaucorps de catch. La vigilance endormie par ses jouissifs costumes, on se laisse ramoner ses canaux lacrymaux par les messages d’espoir de cette mielleuse adaptation – tandis que les amateurs du bouquin se retournent dans leur bibliothèque.

Un enfant meurt, un robot s’apprête à sauver le monde

S’il vous reste des larmes, voici le temps de l’essorage mais Astroboy est un ptit joueur. Ce à tout niveau puisqu’il ne joue à fond ni sur le film d’action, ni sur la comédie, ni même sur le mélo. Une indécision qui peut s’expliquer par le poids des responsabilités incombant à tout « remake », qui brime généralement les prises de risques. David Bowers (II) est une fillette comme les autres qui préfère contenter le plus large public possible plutôt que de tenter d’en emballer vraiment un bon quart. Jusqu’à preuve du contraire, on ne provoque pourtant pas l’excitation à grand renfort de citation sur les affiches de film mais avec des vraies propositions artisitiques.

 

Le conseil : Mouahaha, qu’est-ce qu’on rigole quand on sait que pour toute alternative vous avez… RTT. Allez donc voir Persécution et, si vous veniez à divorcer dans les prochains jours, emmenez vos gamins découvrir Yuki et Nina pour entamer le dialogue en douceur.

Semaine précédente : http://www.envrak.fr/breve-123-bazar-de-la-sainte-famille

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