Lovely Besancenot

11/02/10 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

 

De l’au-delà, une voix off observe sa famille en deuil et en quête de son meurtrier. J’étais fiévreuse quand j’ai vu Lovely Bones, aussi ai-je pensé être celle qui hallucinait – c’était le film. “Saleté de rhinopharyngite” disais-je, “elle m’en fait voir de toutes les couleurs, j’ai les oreilles qui sifflent et cette pastille au miel anesthésie complètement mon palais” – le film encore. “Rhaa ce nez bouché me rend si cotonneuse que mes sens ne perçoivent plus du tout les saveurs” – le film toujours. Les parents malheureux, Mark Wahlberg et Rachel Weisz, font dans l’insipide. La fille morte, Saoirse Ronan (16 ans), n’a rien d’une Kate Winslet (révélée dans Créatures Célestes : même style/réal). Quant à la grand-mère Susan Sarandon, elle fume/picole comme la mère de Mary (&Max) – ce qui serait drôle si intéressant. L’entre-deux de l’héroïne Susie Salmon, ce purgatoire semé d’indices, c’est un peu comme The Cell – juste pour le citer -, le glauque (et J-Lo) en moins : la mayonnaise fantasmagorique ne prend pas, justement parce qu’elle manque de moutarde. Peter Jackson y va de toute sa palette (Weta) Digital(e) de grand mais on préférait sa pâte à modeler d’auteur. C’était avant qu’il ne devienne un optimiste papa-hobbit prêt à adapter un roman/bestseller pour offrir (sur grand écran) son premier baiser à une adolescente et son aller au paradis à une flûtiste assassinée. Oups, spoil de fin.

Les premiers pas du Nouveau Parti Anticapitaliste. J’étais fatiguée quand j’ai vu C’est Parti, aussi ai-je pensé être celle qui se lassait – c’était le film. Avec son documentaire, Camille de Casabianca tenait un sujet, dommage que ce dernier ne tenait pas une documentariste (- oups, délit de méchanceté gratuite). Ici et ailleurs, la naissance d’un parti politique (aussi petit soit-il) est tant passionnante qu’historique, a fortiori, sa renaissance le devient d’autant plus qu’elle traîne enjeux et divergences latentes. Il y avait à déceler, capturer, relever ou prélever pour analyse postérieure avec recul critique sur le capital sympathie – forcément développé au terme d’une année. Bien qu’elle ne prenne pas sa carte de membre, la réalisatrice oublie parfois qu’il ne faut pas suivre avec la caméra mais choisir où la poser. On croit quelques plans réfléchis (bennes à ordures qui débordent, femmes filmées à côté des plantes vertes), avant d’accuser le hasard. L’excitation première s’épuise à mesure que défilent les militants et que l’image regarde au lieu de voir, comme si l’inertie faisait l’objectivité. La pertinence demeure, pour archivage.

Le conseil : Qui suis-je pour critiquer l’onirisme d’un saumon quand un vampire scintillant peut faire tant d’entrées ? Minette, va donc voir Lovely Bones, Coco, préfère lui C’est Parti.

Semaine précédente : http://www.envrak.fr/breve-133-cinevrak-03-02-10-brothers-planete-51

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