Rapthomme d’Anna

17/11/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

 

Une riche industriel se fait enlever sans que la police ne s’affole. Parce que le propos du film, explique Lucas Belvaux dans son dossier de presse, est précisément le pragmatisme. La logique de ceux qui font leur boulot, ça ne botte pas le réalisateur branché social qui s’évertue à montrer que l’État a du mal à trouver son équilibre entre le trop – de moyens (dé)monstratifs – et le pas assez – de sentiments humains. En dépit du message potentiellement intéressant, Rapt ennuie et ne montre finalement qu’un Yvan Attal barbu en pleine composition sur son personnage, dont les réflexes de survie et de soumissions s’affutent à mesure que le temps passe. Si l’acteur joue bien son décalage, il nous laisse le voir jouer. De fait, le spectateur n’a plus qu’à rentrer chez lui, puisqu’il ne pourra pas rentrer dans le film.

L’amour impossible d’une tétraplégique et d’un alcoolique. La métaphore est là, flagrante : l’une a la tête, l’autre le corps et leur complémentarité ira au delà des obstacles. Enfin, un truc du genre. Sauf que le glamour du couple fonctionne aussi bien qu’Anna Karenine rencontrant Highlander ou Fanfan et Vercingetorix – vous visualisez sans rire vous ? Heureusement que Margarita Rosa De Francisco s’ajoute au duo pour lui donner un peu de relief ! A part ça, Sophie Marceau se démène pour n’interpréter qu’avec son visage quand la réalisation ne lui facilite pas la tâche. Christophe Lambert joue si mal qu’on le croirait doublé, pourtant c’est bien en français qu’il sort ses mauvaises répliques. Celles de sa femme, plus percutantes, ne donnent pas pour autant son âme à L’homme de chevet qui avait de toute manière perdu sa crédibilité avec son titre – du roman éponyme. Et ne la regagnera pas avec sa fin d’un pathétisme qu’Alain Monne n’a pas su gérer.

Documentaire sur la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa. D’un côté il y a cette femme au travail et au courage exemplaires qui n’a jamais lâché sa recherche de la vérité, pourtant dangereuse, sur la Russie de Poutine. De l’autre il y a Lettre à Anna soutenu par Amnesty International ou Reporters Sans Frontières mais qui témoigne de ces défauts cinématographiques avant de servir de référence documentaire. Ayant suivi Anna Politkovskaïa dès 2003 pour un reportage sur la liberté, Eric Begkraut se retrouve suite au meurtre de cette dernière en 2006 avec la matière nécessaire et le besoin personnel de faire un hommage funèbre. Ce ne sera que ça, presque un film de famille, un document à la fois bouleversant et dérangeant quand les dires politiques d’une femme forte mais morte deviennent ses derniers instants de vie. Et la pudeur embarrassa.

Le conseil : cette semaine, Envrak aiguillerait vers n’importe quel film plutôt que Twilight mais entre la peste et le choléra… fuyez le cinéma !

Semaine précédente : http://www.envrak.fr/breve-119-l-imaginarium-du-dr-parnassus

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