Bazar Sainte Famille

02/12/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

 

Un jeune flambeur soutient un vieux député. Ou comment retrouver sa confiance naïve envers les politiques, pour la reperdre aussitôt. Christian Clavier engagé à gauche sous la direction du réalisateur du Rôle de sa vie, l’idée avait le mérite d’intriguer. Le résultat en est dense, d’autres diront indigeste. Pas faux mais bien dommage puisqu’on y a de quoi se nourrir. Et même du bon dans les rôles secondaires qui prennent dans cette Sainte Victoire une ampleur inespérée. Cependant le tour de force de François Favrat s’évapore dans du déjà-vu de système corrompu où gigote l’insupportable personnage de Clovis Cornillac. Au casting heureusement, il y a Valérie Benguigui.

Un père à qui tout réussit se rend compte qu’en fait non. Les secrets de famille, c’est mal ! Et ceux de La famille Wolberg n’échappent pas à la règle. De la soul pour musique d’ambiance, une caméra légère mais appuyée, quelques bons dialogues : il y a dans la réalisation d’Axelle Ropert une volonté palpable de faire un cinéma différent. Si le succès de la chose ne saute pas aux yeux, il laisse une impression moins mitigée que La Grande Vie, dernier film en date à avoir pris la comédie française à contre-mouton. On s’ennuie un peu sans pour autant passer un mauvais moment puisque le sympathique François Damiens ne cesse de répéter que sa femme est belle et qu’on est d’accord : heureusement, il y a Valérie Benguigui.

Une vieille has been folâtre avec un jeune. Comprendre : Bernadette Lafont se tape un acteur montant. Au secours. A l’aide. Help. Envrak n’a pas vu pire cette année. Pas même en téléfilm. Encourager Bazar dans les salles reviendrait à signer une pétition pour l’adaptation de Louis la Brocante au cinéma. Et à la limite, on préfèrerait. A quoi pensait Patricia Plattner ? Pourquoi Lou Doillon et Pio Marmai ont-ils accepté ? Tant de questions mais les incohérences sont encore plus nombreuses. L’inepte recette full frontal à la française, jeu théâtral et onirisme à deux francs ne pouvaient donner qu’un loukoum avarié : sucré, farineux, écœurant et âpre. Si seulement il y avait eu Valérie Benguigui ?

Le conseil : tombez amoureux de Valérie et passez une bonne semaine ou rabattez-vous sur les sorties précédentes parmi lesquelles Le Vilain d’Albert Dupontel et Hadewijch de Bruno Dumont.

Semaine pré-précédente : http://www.envrak.fr/breve-121-rapthomme-d-anna

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