Cracks, Esther, Plein Sud, Les contes de l’âge d’or

31/12/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , ,


Une nouvelle arrivante trouble la malsainité d’un pensionnat de pucelles. Eva Green est canon. Avouons-le, c’est avant tout ce que vend ici le star-système hollywoodien. Et Jordan Scott a du style – quitte à brosser les filles dans le sens de la chevelure, autant ne pas y aller avec le dos du peigne. C’est sans doute ce que pensait la fille de Ridley en travaillant avec John Mathieson, directeur photo d’August Rush et autre Kingdom of Heaven bien léchés. Côté lumière, Cracks est donc servi d’un romantisme seyant aux demoiselles qu’on dé-fleurerait bien dans un élan saphique. Le film ne pousse toutefois pas plus loin son atmosphère qui frôle le glauque sans y toucher et la vitrine s’avère trop bon enfant pour qu’on ne s’ennuie pas. L’attrait du personnage principal n’y change rien.

– Dring dring
– Allo?
– Bonjour, c’est l’intrigue téléphonée…
Une famille adopte une étrange orpheline. Malgré tout, Esther offre son minimum requis de sursauts qu’il saupoudre d’un – roulements de tambourins – twist final. Mais puisque son personnage use de méchanceté gratuite, pourquoi ne pas céder aussi à cette facilité? Un mur de dessins suppose un sous-texte erotico-trash pour quelques secondes (sur 2h de film) et nous voilà déçus que Jaume Collet-Serra n’ait pas l’audace – pour ne pas dire les couilles – d’exploiter ses propres bonnes idées. Reste un teenage horror movie tout juste consommable.

Quatre beaux jeunes roulent vers le sud. Peut-on à la fois avoir des attentes cinématographiques et se contenter de peu? Dans Plein Sud, les hommes ont les mâchoires carrés et les fesses rondes, leurs cheveux semblent doux et leurs barbes de trois jours, leurs veines sont aussi gonflées que leurs orgueils. La fille allume, jolie et insupportable, désabusée et énergique. Le quatuor s’engueule, s’aime et fait l’amour. Il y a des paysages, on ne comprend pas tout, ça importe peu. Sébastien Lifshitz signe un film aussi imparfait qu’improbable, possédé du charme de la jeunesse insouciante. C’est honteux, générationel et efficace – ou honteusement efficace sur moi uniquement.

Une dictature communiste s’avère source d’absurdité. Le réalisateur de 4 mois, 3 semaines, 2 jours troque son statut d’auteur contre une casquette de producteur de film populaire. Qui dit comédie ne dit pourtant pas accessibilité et s’ils s’avèrent cyniques, Les contes de l’âge d’or ne sont jamais drolatiques. Pas plus de fou-rires que de traumatismes et pourtant, ce collectif roumain présente le plus grand intérêt qu’il soit : il s’inspire d’histoires vraies. Mettre en image les légendes urbaines du système était l’idée à avoir mais le parti pris d’un esthétisme ultra réaliste et d’une mise en scène désuète se discute. D’autant qu’il manque introduction et conclusion à cette épuration cinématographique en quatre épisodes.

Le conseil : préférez Créatures Celestes de Peter Jackson à Cracks de Jordan Scott, révisez vos classiques, y compris horrifiques.

Semaine précédente : http://www.envrak.fr/breve-126-rec-2-ou-rec

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