Jusqu’en enfer : Sam Raimi is back

30/05/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

Quand Sam Raimi fait des infidélités à Spiderman, ça n’est évidemment pas pour tourner une comédie romantique. Et c’est très bien comme ça. Attention pourtant à ne pas trop prendre au sérieux les allégations de certains critiques qui voient en Drag me to hell (Jusqu’en enfer) un “retour aux sources” de la part du réalisateur, même s’il retrouve indéniablement l’ambiance gothico-fun de L’armée des ténèbres (Evil dead 3). Loin de l’esprit transgressif de ses débuts, Jusqu’en enfer permet à Sam Raimi de se frotter à nouveau au genre qui l’a révélé (l’horreur) mais en s’autorisant quelques passages dont les ressorts comiques doivent à peu près tout à Tex Avery. Oubliez aussi la prétendue métaphore de la crise financière que le bouche à oreille tente de nous vendre pour apprécier le film à sa juste valeur : celle de la pure rigolade.

On veut bien concevoir que le point de départ de Jusqu’en enfer pioche dans une actualité peu reluisante, celle des banques qui laissent les plus pauvres sur le carreau. A l’image de cette jeune spécialiste en crédit immobilier, Christine Brown (Allison Lohman) qui, au profit d’une promotion qui lui tend les bras (celle de directrice adjointe de la banque) refuse à une vieille gitane un prolongement de prêt. Mais passées ces premières minutes, le fantastique prend le dessus : la dame risque de perdre sa maison, alors elle implore, elle supplie à genoux. Le “non” claque, définitif et cruel. Humiliée, la vieille jette un sort à Christine. Cette dernière, hantée par un démon qui risque de s’emparer de son âme dans trois jours – rien que ça – cherche de l’aide auprès d’un médium pour mettre fin au sortilège.
Exit les effets carton-pâte qui avaient contribué à faire entrer le premier Evil Dead au panthéon des films d’épouvante. Ici, le numérique prend la relève (avec plus ou moins de réussite), et Sam Raimi prend un plaisir sournois à faire sursauter le spectateur toutes les cinq minutes, au moyen d’une bande son assourdissante, un parti pris largement justifié. Les apparitions brutales de la vieille Mme Ganush au détour de séquences que ne renierait pas le William Friedkin de L’exorciste – il faut voir ce que la pauvre Alison Lohman se prend comme déjections corporelles dans la tronche – font le reste. L’humour, omniprésent, désamorce habilement l’angoisse pour faire de Drag me to hell un divertissement parfait jusqu’à sa dernière image – même si certains risquent de ne pas apprécier que Sam Raimi cède aussi facilement à la mode du fameux “twist” final. De quoi souffler en attendant le (pas très attendu) Spiderman 4.

Dans les salles depuis le 27 mai. Photo © Metropolitan FilmExport.

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1 commentaire

    T2Fr  | 20/10/09 à 12 h 23 min

  • Film super sympa et comme tu dis l’humour désamorce habilement l’angoisse.

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