“Brèves de Comptoir” : Un coup de trop

23/09/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

brèvesVéritable phénomène en bouquin et sur les planches, avec plus de 1,5 millions de bouquins vendus et 750 000 spectateurs réunis à travers la France depuis leur création, il y a plus de vingt-ans, les Brèves de comptoir débarquent sur grand écran. Aux manettes, on retrouve l’équipe initiale, à savoir le metteur en scène / réalisateur Jean-Michel Ribes et l’auteur Jean-Marie Gourio, ainsi qu’une belle brochette de comédiens et de gueules, de Didier Bénureau à Yolande Moreau en passant par Bruno Solo, Laurent Stocker, Grégory Gadebois, Daniel Russo ou Valérie Mairesse…

Le concept des Brèves de comptoir est aussi simple qu’efficace. Ancien journaliste dans la revue Hara-Kiri, Jean-Marie Gourio est friand des bistros : « J’aime seulement y passer du temps. Un jour j’ai entendu une réplique, ça m’a interpellé et tout s’est enchaîné… Je note ce qui me semble être pertinent, sans chercher à provoquer… Les endroits que je préfère sont les bars à côté des marchés, ils sont pleins de vie. Je me suis aussi rendu compte que ces paroles sont universelles et qu’il n’y a pas de différences entre les régions… A l’exception de Marseille où on est carrément dans un autre monde, avec un parler vraiment à part. Les fameuses exagérations, l’OM… On n’est pas du tout dans la même couleur ! », confie l’auteur, qui a recueilli à ce jour près de 60 000 de ces déclarations, où les jeux de mots côtoient le non-sens et des raccourcis dans les réflexions. Mais pourtant cela témoigne « d’une certaine catégorie sociale, d’un mal de vivre, avec des gens qui cherchent un refuge » comme l’indique Jean-Michel Ribes.

Le passage du théâtre au grand écran ne se fait toutefois pas sans mal. Le format des « brèves », s’opposant, par sa définition même, à celui du long métrage. Et si le directeur du théâtre du Rond-Point insuffle un vrai esprit de troupe, joue la carte de la thématique et essaye de dessiner des personnages attachants, la formule tourne rapidement en rond. En se limitant aux uniques brèves sans ajout de texte, chaque acteur se voit forcer de jouer sa partition sans réel échange. Résultat, l’exercice de style ne tient pas sur la durée et le spectateur éprouve un sentiment de trop plein. D’autant que la dramaturgie, réduite au minimum : la vie d’un bistrot de 6h30 du mat à 22h30, avec les allers et venues des clients habitués, peine à convaincre.

Brèves de comptoir, Diaphana distribution, 1h40, sortie le 24 septembre 2014

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