The Reader : Kaaaaate !

20/07/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties

Il faut avoir l’habitude de se prendre la tête pour décoder les films intelligents car rares sont ceux qui offrent la possibilité d’une réflexion concrète, construite et accessible (qui a dit pré-mâchée?). Au cinéma depuis le 15 juillet, The Reader pose à haute voix une question qu’il formule en des termes limpides par le biais d’une Kate Winslet irréprochable. Belle réussite hollywoodienne mon ptit Daldry !

Après Billy Elliot et The Hours voilà que le réalisateur anglais recommence à jouer du casting et des dramas, avec trop de vacarmes mais toujours du talent. Femme d’expérience au passé meurtri, aux gestes vifs et indélicats, trouve jeune homme pour lecture et plus si affinités. Michael grandit et découvre le secret d’Hanna. Peut-il pardonner ? Peut-il s’arrêter d’aimer ? Doit-on juger par l’être ou par les actes ?

Si réponse il y a, elle ne sort pas directement du film, pas plus que du spectateur dont le malaise reste bloqué quelque part dans l’œsophage tandis que la fatalité de l’histoire se fraie un chemin jusqu’aux canaux lacrymaux. The Reader interroge sans trancher. Toutefois, système oblige, le chemin se balise, indique tantôt où aller, tantôt que penser. Qu’importe s’il est encore possible de conduire soi-même sa réflexion, sur plusieurs chemins (du nazisme à la lecture) et au-delà de la salle obscure. Qu’importe aussi car le panorama est beau : l’histoire d’amour maladroite et touchante tient en haleine le long-métrage. Qu’importe surtout puisqu’il y a Kate, les yeux de Kate, les mains de Kate, les courbes de Kate et les rides de Kate tout en synthèse qui lui vont si bien. Parce qu’elle est belle même quand elle est moche, Envrak lui aurait aussi remis l’oscar, non sans un pincement de coeur pour les tatouages de Melissa Leo et l’égocentrisme d’Anne Hathaway (qui concouraient aussi pour la récompense).

N’empêche, on regrette les traits forcés de certains personnages, comme si les panneaux ne suffisaient pas, qu’il fallait en plus les encercler de néons lumineux. On regrette Ralph Fiennes, qui a l’air de ne servir à rien tandis que David Kross assure. [On regrette de ne pas avoir lu le bouquin de Schlink pour critiquer plus et mieux]. On regrette aussi le choix de la langue anglaise qui ôte de leur charme aux paysages germaniques. Mais la question posée en ces termes fait plus de voyage et The Reader mérite bien son tour du monde.

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