Wendy et Lucy

31/03/09 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags :

Posant modestement ses yeux sur la société américaine, le film Wendy et Lucy (sortie en salle le 8 avril) sied parfaitement à la catégorie « Un Certain Regard » où il a été présenté en sélection officielle du festival de Cannes.

Parce que la malchance croise souvent la route des malchanceux, la voiture de Wendy -déjà paumée et fauchée- tombe en panne dans l’Oregon. Sa chienne Lucy disparait.

Quand on est désespérément seul, a-t-on justement d’autres choix que de s’en sortir seul et le peut-on ? C’est là l’une des questions que pose la réalisatrice Kelly Reichardt dans son troisième long métrage qui interroge la précarité. Elle y apporte une réponse faite de solidarité discrète et de désarroi silencieux, où elle esthétise mais surtout aseptise la solitude. Au milieu d’une nature dépaysante, d’une ville peu accueillante, Wendy fait face à sa situation dans une lutte de peu de paroles – si ce n’est le nom d’un chien répété à outrance. Les frêles épaules de Michelle Williams dissimulent une solide interprétation, touchante de réserve. Ainsi, la réalisation et le jeu d’acteur minimalistes soutiennent l’histoire simpliste – pour laquelle un court métrage aurait suffi. Comme la forme du film, son fond semble tout juste effleuré et la jolie fable s’essouffle peu à peu tandis que son héroïne persévère. Réservé à certaines sensibilités courageuses, Wendy et Lucy présente donc un certain regard, ni perçant, ni captivant, bien qu’agréable et intéressant.

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