Ca fighte au 6ème étage

03/08/11 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , , , ,

Ce mois-ci, les journaux télévisés choisissent de mettre à la une, en lieu et place des indignations israéliennes ou du mauvais transit de Barack Obama, des images d’enfants en bas âge batifolant dans les mégots ensablés des touristes car vous comprenez, “il fait chaud, c’est l’été”. A Envrak, on va faire pareil, parce que la météo, c’est vrai que c’est important. A la une, donc, deux films rafraichissants. Mais pas que.

L’âge de glace 3 : c’est l’histoire d’un écureuil…

Si on reconnaît à Dreamworks, société de production créée notamment par Steven Spielberg, une propension certaine à mettre sur le devant de la scène des films qui cartonnent (sans aucune prise de risque, vu le catalogue : Eastwood, Mendes, Mann, Bay…), il faut admettre que la branche animation de la compagnie laisse à désirer. Loin des petits bijoux polis par les studios Pixar, les niaiseries pondues par Dreamworks laissent pantois, tout comme la qualité très très approximative de l’animation et des traits de crayon virtuels : Shrek est drôle, mais le dessin est moche. Même chose pour Fourmiz, Madagascar ou Nos voisins les hommes. Et si Bee Moviefaisait vaguement illusion, Kung Fu panda frôlait la médiocrité. Jusqu’à présent, seul le magnifique Dragons avait trouvé grâce à nos yeux. Et bien évidemment, l’Âge de glace. Au vu du succès d’ailleurs rencontré par les aventure de Manny le mammouth, le studio n’a pas tardé à commander une suite, puis la suite de la suite. Après s’être acoquiné avec une femelle cool et décontractée du poil, voilà que Manny prépare la venue au monde de leur premier petit, alors qu’une maman tyrannosaure cherche les siens, dérobés par Sid le paresseux. Pendant ce temps, Diego le tigre aux dents de sabre, cherche un sens à son existence. On rit de bon cœur, tout en regrettant l’absence, au casting vocal français, de Gérard Lanvin et Elie Semoun (Vincent Cassel rempile heureusement dans le rôle de Diego). Comme de coutume, le spectateur s’intéressera moins aux aventures de ces trois là qu’à celles, infiniment plus drôles, de Scrat l’écureuil, véritable star de la série, et désormais flanqué d’une femelle qui aimerait bien lui toucher le gland…
En DVD et blu-ray le 23 août, avec des bonus floconneux.

Fargo : du sang dans la neige

On doit au succès de leur formidable western True grit la ressortie de certains films des frères Coen, parmi lesquels Miller’s crossing (hommage au roi du polar américain Raymond Chandler) et Arizona Junior (où un couple atypique – un gangster et une fliquette – kidnappe le bébé d’un milliardaire). A ceux qui n’ont pas encore eu l’idée de se frotter au cinéma de ces deux authentiques génies, on conseille surtout Fargo (1996).

Cynique et tendu, cruellement ironique et savamment dialogué, Fargo se montre plus proche de leur premier film, Blood simple (Sang pour sang) que de l’humour nonchalant de The big Lebowski ou O brother. Dans leurs rôles de malfrats neuneus chargés de kidnapper la fille d’un entrepreneur (sur ordre de son propre mari), Steve Buscemi – loquace et nerveux – et Peter Stormare – silencieux, inquiétant, froid comme un fjord – forment un duo glaçant. Les Coen y opposent la douceur bienveillante de Frances MacDormand, femme flic enceinte jusqu’aux moufles qui enquête sur l’enlèvement. Aux situations parfois burlesques qui arrivent comme autant de respirations bienvenues, vient se greffer un dénouement d’une violence inouïe et d’un humour noir ravageur.
En DVD le 24 août, avec des bonus givrés.

Detective Dee, le mystère de la flamme fantôme : pif paf whizz

Moins connu que son homologue John Woo (dont il produisit les Syndicats du crime et The Killer), le hong-kongais Tsui Hark n’en est pas moins passé à la postérité cinéphilique avec des films comme The Blade, Il était une fois en chine  ou Zu, les guerriers de la montagne magique. Malgré une carrière en dents de scie (Double Team avec Jean-Claude Van Damme, c’était lui) le cinéaste a toujours su rebondir. Detective Dee est l’illustration d’un auteur en pleine forme, porté par un genre qu’il maîtrise sur le bout de l’objectif – le film de cape et d’épée chinois – et un sens du montage aérien et précis déjà à l’œuvre dans Il était une fois en Chine (revoir la scène des échelles). Désormais intégré à la machine nationaliste après avoir été l’un des artisans de la nouvelle vague hong-kongaise, Tsui Hark signe un film d’intrigue et de cabriole réglé au millipoil, entre Agatha Christie et Les Experts au ballet de Pékin. Dommage que les effets spéciaux peinent parfois à se hisser à la hauteur de l’ensemble.
Sortie en DVD le 23 août, avec des bonus Blu-Ray honteusement sabrés au montage.

Les femmes du 6ème étage : n’oublie pas de passer la serpillière en partant

Donc le mec, il est patron, il lit Le Fig’, il est coincé des fesses mais au fond de lui, il y a un cœur d’humaniste qui bat au son de Maria, sa bonne du 6ème étage, et ne demande qu’à se dévergonder.
Il y a des signes qui ne trompent pas : une salle de cinéma remplie de quinquagénaires un jour de semaine à 16h en est un (nous accompagnions maman sur demande express, parce que maman aime bien Lucchini) et doit nous mettre la puce à l’oreille : on est pas là pour bousculer l’ordre du monde, mais pour passer un “beau” moment. Et donc, surfant entre les clichés rose-bonbons comme son personnage découvre peu à peu le prolétariat immigré – et ses rondeurs accortes – le film fait semblant de se créer des problèmes pour faire avancer l’histoire assez agréablement jusqu’au happy end.

Le spectateur averti sera autorisé à s’endormir après avoir compris que l’humanisme du personnage était déjà là avant que le film commence, et que son éclosion n’est que le prétexte à une bluette ni trop abrasive ni trop à l’eau de rose. Succession de cartes postales mouvantes à l’accent pittoresque plus que fenêtre sociale donc, Les femmes du 6ème étage s’apprécie comme un bon téléfilm ou un après-midi chez Drucker. D’ailleurs, Lucchini était venu y faire la promo du film avec la conviction qu’on lui connaît.
Sortie en DVD et Blu-ray le 24 août, avec des bonus ayaya Conchita !

Fighter : un grand film. Poing barre

Deux frères. L’un, Micky, boxeur doué à la carrière prometteuse mais stagnante. L’autre, Dicky, ancienne gloire du ring devenu toxicomane. Entre eux, les non-dits se sont accumulés, le dialogue ne passe plus, et la présence d’une mère envahissante et un peu pétasse sur les bords, n’arrange pas la situation. Pourtant, Micky et Dicky veulent se retrouver et se comprendre.
On cherchera en vain des similitudes avec Raging bull (1981), avant de se rendre à l’évidence : Fighter, de David O. Russell, doit bien plus à Rocky qu’au chef d’œuvre de Martin Scorsese. Et la comparaison est tout à fait élogieuse, si on considère que le film ayant fait de Stallone une star est davantage un drame social qu’un banal “film de boxe”. Ici, Mark Wahlberg (joliment sobre. Peut-être trop) incarne la figure du loser digne et magnifique dans un film qui s’affranchit de tous les clichés attendus grâce à une mise en scène éloquente, viscérale, à hauteur d’homme. Dans son habituel rôle d’écorché anorexique et violent, Christian Bale est une fois de plus sidérant. C’est en partie grâce à lui que Fighter est notre DVD du mois.
En DVD et Blu-Ray le 24 août, avec des bonus dans les cordes.

On ne les a pas vus mais on s’en fout (ou presque)

On est passé à côté de l’info : Takashi Miike continue à faire des films. Si on avait été prévenu, on se serait évidemment intéressés à Zebraman et God’s puzzle. Pas de bol, on sait même pas de quoi ça parle.

Comme d’habitude, les salles de cinéma proches de chez nous ont boudé la petite sensation horrifique du moment et n’ont donc pas jugé utile de diffuser La casa muda, de l’uruguayen Gustavo Hernandez. Malgré les échos globalement peu favorables qui ont accompagné sa sortie, on aurait aimé découvrir cette œuvre unique en son genre : tourné en un seul plan séquence de près de 80 minutes à l’aide d’un appareil photo, La casa muda, classique histoire de maison hantée par on ne sait pas trop quoi, méritait bien un paragraphe dans Envrak. Voilà, c’est fait.

Par principe, on mentionne ici la sortie en DVD de Ma part du gâteau, parce qu’on aime bien Cédric Klapisch. Sinon, on se serait abstenu. Parce que vous comprenez, il y a Gilles Lellouche dedans…

Le petit chaperon rouge, ça vous dit quelque chose ? Cette petite fille mal élevée qui fait fi des recommandations parentales pour livrer du beurre et de la confiture à sa mémé qui vit au fin fond d’une forêt pleine d’écureuils, de champignons et de loups travestis. Vous l’avez tous lu quand vous étiez petits ? Oui ? Alors le film, ça sert à rien. On vous recommande cependant l’hilarantissime film d’animation, La véritable histoire du petit chaperon rouge, sorti en 2004, et dont on attend la suite de pied ferme.

Titeuf, vous connaissez ? Ce petit garçon mal élevé qui fait fi des recommandations parentales pour dire des gros mots, draguer les filles en récré, se coiffer comme un pied et envahir les rayons fournitures scolaires de nos supermarchés. Vous l’avez tous lu avec vos petits ? Oui ? Nous aussi. Alors le film, on l’a pas vu.

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