Casse-tête chinois : l’épisode de trop ?

02/12/13 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

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Trop dur, la vie ! Xavier (Romain Duris), parisien et père de deux enfants, a une vie elle vachement compliquée, en plus il a une pote lesbienne (Cécile de France) qui lui demande d’envoyer sa semence dans un tube. Et là c’est le drame, sa femme Wendy lui fait une crise (en anglais) de tous les diables et le quitte en emmenant les gosses.Mais attention pas n’importe où : à New York. Là, Xavier s’invite en voix off à « remettre le voyage en route ». C’est à dire qu’il doit faire ses valises et direction l’Amérique, histoire de se prouver qu’il peut être un bon papa et qu’il doit écrire un bouquin, car oui, Xavier est écrivain. Une fois arrivé dans la grosse Pomme c’est la galère, il trouve un appart’ à Chinatown (ah ! d’où le titre), un taf, y’a du mariage blanc dans l’air, et pis sa copine Martine (Audrey Tautou) vient lui faire coucou super souvent…

Been there, done that

Bon. On brade ici vite fait le pitch du film qui doit clôturer la saga générationnelle de Xavier et sa clique. Parce que franchement “Le Casse Tête Chinois” est juste dans l’énoncé car niveau scénario ce n’est pas le cas. Pour cette septième collaboration Klapisch/Duris (les Truffaut/Léaud) de la dernière vague (90-2000), le duo renoue avec les malheurs de Xavier. Huit ans après Les Poupées russes, la motivation est-elle lucrative (suite au semi-échec de Ma part du Gâteau) ou réelle ? Peu importe, l’histoire dans sa logique doit suivre, tout simplement. Et c’est peut-être là que se niche le quiproquo finalement, car Klapisch n’arrive quasiment jamais à nous faire entrer dans le vif du sujet. Jouer la carte de la nostalgie en sortant une nouvelle fois du chapeau Xavier et ses déboires de bobo soit-disant vieillissant, Isabelle, Martine et les autres ne fonctionne qu’un temps. Martine débarque comme ça à New York chez Xavier, comme si vous vous alliez voir un ami ou un membre de la famille à Lyon ou Paris, sans jetlag en plus, et ce plusieurs fois en 2-2. Les scènes de recherche d’appartement s’apparentent à une blague, pour au final balancer que la “meuf” d’Isabelle peut loger Xavier dans un immeuble situé à… Chinatown ! D’invraisemblances en facilités, l’anticipation du spectateur est mise à rude épreuve et son intérêt s’envole au fur et à mesure que se déroule la pellicule. La petite mécanique manque d’huile, quand bien même Romain Duris a pris de la bouteille et son jeu en ressort grandi.

Désuet bordel

Casse-tête Chinois va sans doute faire un carton au box office, et contentera ainsi la masse de fans curieuse de voir ce qu’est devenue la petite clique de Xavier. Le film se regarde sans trop de difficultés et s’oublie rapidement dans la foulée. On rit parfois grâce à un humour pas toujours très finaud : les gags de youtuber s’enclenchent rapidement, à la Norman-voix off-mise en situation. Un parti-pris stylistique qui ne fera pas de vieux os et risque d’ailleurs de nuire rapidement au film. Klapisch, l’air un peu paumé, comme ses personnages, ajoute du dynamisme dans son récit en le ponctuant de nombreux artifices : animations, utilisation de visuels graphiques, magazine érotique animé. Homoparentalité, immigration, divorce, rôle du père, crise de la quarantaine… à vouloir jouer sur plusieurs fronts, le réalisateur et scénariste se perd lui aussi dans un désuet bordel. Si jamais dans dix ans Cédric Klapisch à l’idée (mauvaise) de remettre le couvert, nous avons deux idées à lui proposer pour étayer son propos : Les Bains Turcs, ou L’Auberge Espagnole vs Midnight Express avec coming out de Xavier (la cinquantaine, ça peut le travailler) ou L’Omelette Norvégienne, une histoire avec des saumons et Ah-Ha en bande-son.

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