Ciné plein-air à Marseille : Etoiles et toiles

18/08/15 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , ,

Cine plein air

Lors de la projection de Edward aux mains d’argent au château Borély (photo : Jean-Marie Perrot)

A Marseille en juillet et août, il fait 58 degrés, té. Une chaleur qu’on surmonte comme on peut, en taquinant la dorade ou en s’imbibant de pastis tout en palabrant sur la démission de Bielsa (perso, on sait pas qui c’est, on n’aime pas trop le hand). Et surtout : on va au ciné. Evidemment, pour qui fuit comme la peste les endroits clos – trop surfaits, trop climatisés, et puis de toute façon, des cinémas, à Marseille, il n’y en a pas beaucoup – la chose n’est pas aisée. Sauf à connaître LE bon plan aoûtien des cinéphiles en goguette : le festival “Ciné plein air”. Et là, ça fait tilt.

Coup d’envoi en 1996 avec Le Ballon d’Or

1996. Delphine Camolli et Christian Scarzella débarquent à Marseille, et constatent effarés, qu’ici on est obligé de s’enfermer dans des salles de cinéma pour regarder des films. Damned. Eux, leur truc, c’est le plein air. Les lieux potentiellement aptes à accueillir des toiles sous les étoiles ne manquent pourtant pas, et le climat s’y prête aussi pas mal. Ils créent donc l’association “Tilt”, et mettent sur les rails un projet de festival sur la place du Refuge. L’été de cette même année, la première édition fédère une centaine de spectateurs autour de sept films dont Le Ballon d’or, de Cheik Doukouré, toute première séance du “Ciné plein-air”. Ce soir-là, il pleut. “Les gens sont restés pour regarder le film, se souvient pourtant Christian Scarzella, à la fin du film, il y a eu un match de foot, et ils encourageaient les joueurs comme dans un vrai match, ils applaudissaient chaque fois qu’il y avait un but”. Au quartier du Panier, on s’interroge sur la légitimité d’un tel événement, là où les prévient-on, “on va vous brûler les écrans!”

Pas le moins du monde dissuadés par l’image négative que se trimballent les lieux, Delphine et Christian balaient d’un haussement d’épaules: le festival est familial, toutes les générations s’y donneront rendez-vous, pas besoin de crâmer quoi que ce soit pour prouver le contraire. Et ça fonctionne. D’année en année, les films se multiplient. Les lieux, aussi. En 98, on passe à 10 films au lieu de 7, et le 3e arrondissement participe à la fête. En 2002, avec 22 films et une première “tournée” ralliant Belsunce, Noailles et le “cours Ju”, “Ciné plein-air” gagne en notoriété et en spectateurs. La Vieille Charité et le Chateau Borély se laissent séduire à leur tour par le concept. Tranquillement, le festival finit par fêter ses 20 ans. Plus vieux désormais, qu’une grande partie de ceux qui le fréquentent. “Pendant quelques années, on a organisé une présentation des films par les enfants, sous forme de spectacle, relate Christine, et du coup, les gamines, qui aiment bien chanter et danser, préparaient des chorégraphies toute la semaine et le vendredi elles arrivaient à 18h, elles donnaient la musique, et elles dansaient devant le public” Christian confirme : “Il y avait pas mal d’enfants du quartier qui jouaient aux ouvreurs de Ciné Plein-Air. On leur avait acheté des lampes électriques et des casquettes, et ils plaçaient les gens, ils distribuaient les programmes…” Les écrans n’auront donc pas subi le sort que lui prédisaient les oracles du dimanche. Cette année encore, ils attirent bien au contraire, un nombre grandissant de spectateurs, autour d’une programmation variée alternant les films de répertoire et les longs-métrages grand public, voire de francs blockbusters complètement assumés. Un grand écart permettant à Steven Spielberg d’intégrer la même programmation que Marcel Pagnol. Le maître de la littérature provençale fera d’ailleurs l’objet de trois soirées animées par son petit-fils, Nicolas Pagnol. Le public pourra y redécouvrir les copies restaurées de sa trilogie marseillaise, Marius, Fanny et César, héros d’une mythologie du cru dont on ne se lassera jamais.
Les festivités ont démarré le mois dernier, mais se poursuivent jusqu’au mois prochain. A suivre :

34019– Sur la place Villeneuve Bargemon(Vieux-Port) :

Mercredi 26 août : Marius, d’Alexandre Korda (en présence de Nicolas Pagnol)
Jeudi 27 août : Fanny, de Marc Allégret
Vendredi 28 août : César, de Marcel Pagnol
Samedi 12 septembre : America, America, d’Elia Kazan
Samedi 19 septembre : Justin de Marseille, de Maurice Tourneur

– Dans la cour de la Vieille Charité (2e)

Samedi 22 août : Metropolis, de Fritz Lang
Samedi 29 août : La Guerre des mondes, de Steven Spielberg
Samedi 5 septembre : 2001, l’Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick

– Au parc Longchamp (4e)

Vendredi 18 septembre : L’Histoire du chameau qui pleure, de Byambasuren Davaa et Luigi Falorni

– A Sainte-Elisabeth (4e)

Vendredi 4 septembre : Jack et la mécanique du cœur, de Stéphane Berla et Mathias Malzieu

Plus d’infos sur www.cinetilt.org

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