Cinéma Allemand 2012 : Hotel Lux et Guerrière

24/10/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

Hotel Lux de Leander Haußmann

Découvrir le cinéma allemand, c’est aussi découvrir l’histoire d’un pays, de sa population, sa façon de vivre et sa façon de le montrer. Si l’époque 33-45 reste taboue en France, l’Allemagne semble paradoxalement en avance sur son recul. Dans Hotel Lux, Hitler chante avec Staline, Hitler tape sur un nazi déguisé en juif, Hitler aide à raser Staline. Entre autres.

C’est dans des décors de superproduction des années 50 que se déroule l’intrigue : la volonté de l’acteur berlinois Hans Zeisig de rejoindre Hollywood dans une période de l’histoire peu propice aux déplacements internationaux. Les gags s’enchainent, Hitler est moqué, Staline est moqué, les nazis sont moqués, les communistes sont moqués et seule la démocratie rêvée pleine de libre pensée et de tolérance que sont les États-Unis s’en sort.

Dans notre naïveté, jamais nous n’aurions pensé rencontrer un jour un blockbuster autre qu’américain [- ndlr : Joris, quand même !]. Les blockbusters français se limitent à une tête d’affiche de grands talents tels que Kad Merad ou Dany Boon, voire les deux dans un moment de jouissance cinématographique. Les allemands s’offrent le luxe de décors réussis et de reconstitutions historiques grandeur nature.

Hotel Lux est un film léger et réussi avec des acteurs, des décors, de la lumière, des costumes, de l’humour et rien de plus. Un blockbuster, donc.

Guerrière de David Wnendt

Loin de la superproduction, Guerrière est un film de fin d’étude qui traite du néonazisme. Plus question de blagues potaches entre moustachus tyranniques, une scène difficile met dans l’ambiance : la traversée d’un train par un groupe de jeunes arborant sur la poitrine des croix gammées. Chaque passager a le droit à une certaine attention, de la claque sur la tête aux coups de pied dans le ventre et la scène se veut choquante par sa gratuité et une mise en scène sans paillettes.

Une mise en scène franche mais subtile que l’on retrouve lors du tournant du film, où David Wnendt parvient à dire plus en hors champ que s’il avait filmé l’action de front. Plusieurs fois, cette technique revient et donne du relief au film, tandis que le scénario et le travail sur les personnages restent pâles.

En effet la psychologie des personnages fluctue très vite, voire trop vite. Marisa est une jeune néonazie et refuse en tant que caissière de servir un étranger. Pourtant très vite ses réactions étonnent, ses actions surprennent tellement elles semblent parfois à l’opposé d’une idéologie ancrée en elle depuis l’enfance.

C’est dans cette facilité des émotions que Guerrière se perd un peu malgré de réelles qualités dans la mise en scène, soulignée par des acteurs réellement convaincants.

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