Cinéma Allemand 2012 : La Dernière Belle Journée et Next Generation Short Tiger

26/10/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

LA DERNIERE BELLE JOURNÉE de Johannes Fabrick

C’est une image d’aspect vidéo qui ouvre le film. Serait-ce un film dans le film ? Un personnage regarde-t-il un film de vacances ? Va-t-on ensuite passer à une image d’aspect cinéma et pouvoir commencer à apprécier le fameux esthétisme chéri de la pellicule ? Après 5 minutes, c’est le drame. L’aspect vidéo est toujours là, les fantômes de Julie Lescaut et du téléfilm national se réveillent.

C’est effectivement un téléfilm et nous nous sentons blousés comme jamais. Nous hésitons entre le boycott et la réflexion. Un film est-il définit par sa qualité d’image ? Pas le temps de répondre à cette question vaine que nous pleurons déjà sans comprendre pourquoi.

En effet, le scénario emprunte un récit linéaire vu maintes et maintes fois et ce film ne présente strictement aucune surprise. Chaque action est précédée par la pensée du spectateur et jamais il ne se trompe tellement l’évidence s’affiche à l’écran.

Les travellings sont quant à eux voyants, les plans sont basiques, et pourtant, un personnage meurt et l’émotion est là et les larmes au bord des yeux. Pourquoi ? Rien n’est réuni pour déclencher ces élans émotionnels involontaires, l’image n’est pas spécialement esthétique ni même subtile. Les acteurs sont parfois à un niveau légèrement au-dessus d’un épisode réussi de Nestor Burma, le son est sans aucune recherche et rempli seulement son rôle de dialoguiste.

Par quel truchement se concrétisent alors ces sentiments ? La Dernière Belle Journée n’est pas un beau film, ni même un beau téléfilm. Sommes-nous passés à côté ? Était-ce la fatigue ? Est-ce une preuve que la forme ne fait pas la réussite d’un film ? Que l’émotion était celle du magnifique L’Invisible vu juste avant qui se déclenchait avec un peu de retard ? Ou simplement la tristesse de voir le 17ème festival du cinéma allemand tendre vers la fin ?

NEXT GENERATION SHORT TIGER

Le Next Generation Short Tiger est un ensemble de courts métrages des écoles allemandes de cinéma : L’Académie de cinéma du Bade-Wurtemberg/Ludwigsburg, l’Académie de télévision et de cinéma de Munich, l’Académie allemande de cinéma et de télévision de Berlin et celle de Potsdam pour les plus représentées.

Le film brillant de cette projection est Babouchka de Simona Feldman, qui traite des relations entre membres de la famille lors d’un héritage et donc d’une perte (et non l’inverse) en 14 minutes. L’intrigue se déroule subtilement, aucun panneau explicatif ou dialogue sur-ludique n’est présent. Par l’écriture, ce court métrage est déjà relativement supérieur à La Dernière Belle Journée en mettant à l’épreuve la compréhension du spectateur pour susciter son intérêt par la même occasion.

A côté de Babouchka, Nous Avons Une Mission de Mirjam Orthen et Félix réalisé par Anselm Belser exposent un regard tendre envers l’enfance en 45 secondes chacun et rendent un court métrage presque trop court et par là même facile, malgré une ironie présente et plaisante.

18 rue Olga marque un gros travail tout en stop motion et poésie, Station Spatiale de Felicitas Sonvilla tente un reportage sur l’attente en aéroport qui malheureusement tombe dans la facile représentation du vide réel par le vide scénaristique.

Pour ce qui est du film d’animation, Différente réalisé par Dennis Stein-Schomburg est le plus stylisé et poétique, de même qu’Angelinho de Maryna Shchipak avec une esthétique plus enfantine. L’Enfant Corbeau pour sa part présente un style singulier et quasiment effrayant malgré une histoire tendre. Thomas Schienagel et Michael Haas fournissent peut être le plus gros travail avec un film d’animation 3D, Sans Se Faire Griller, maitrisé de bout en bout.

La dernière fiction, Le Vagabond réalisé par Rudolf Domke semble sans sens, vite rattrapé par le politique et sarcastique Deux hommes et une table qui le suit, réalisé par Ester Amrami.

Enfin, Portrait de Cyril Amon Schaublin arrive à ne pas tourner en rond en filmant dans un ascenseur carré et Fille XX Femme d’Isabel Suba dépeint avec humilité la dictature de la beauté vénézuélienne.

Si l’allemand est votre fort, Nous avons une mission est visible ICI et le film muet Felix LA.

Une jolie sélection où la fiction Babouchka, le film d’animation Différente et le sarcastique Deux hommes et une table sortent vainqueurs d’un ensemble de qualité.

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