Cinéma Allemand 2012 : L’Invisible

28/10/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

L’INVISIBLE de Christian Schwochow

Il y a des films qui traitent d’un scénario et d’autres de la vie, certains font jouer des acteurs, d’autres suivent des personnages. Certains font du cinéma tandis que d’autres le parle. L’Invisible est un de ceux qui permettent d’apprendre à regarder, à faire et à aimer un film.

La technique n’est ici plus la réelle question, seules les émotions restent. Chaque travelling n’est plus remarqué, comme invisible, et laisse la place au seul sentiment qu’il suppose. L’Invisible est un film où la forme cinématographique est un langage, un plan est un mot et la scène sa phrase.

De phrase en phrase, le récit se construit, se défait, se refait et nous induit en erreur, nous surprend et jamais ne déçoit. L’intrigue est pourtant simple : Fine est étudiante au conservatoire d’art dramatique et jongle entre sa carrière, sa vie sentimentale et sa vie familiale. Un tel scénario aurait pu donner une occasion au premier réalisateur venu de nous pondre une comédie avec Katherine Heigl et Ashton Kutcher en tête d’affiche.

Christian Schwochow réussit là où les Formentera et autres Les Disparus se perdent dans un manque de jeu avec le spectateur. Ici, les questions du spectateur reçoivent une réponse dans le plan suivant la question ou se voient frustrées d’une non réponse et provoquent alors un intérêt plus grand encore.

Techniquement ce film est beau, il y a des zooms, et les zooms sont beaux. Quels films a de beaux zooms ? Kubrick ? Oui, mais c’est hors catégorie. Ce film est vrai, à la manière d’un Raging Bull ou d’un Taxi Driver où l’on vit le personnage avec cette impression d’apprécier un documentaire. Ce film est intelligent en amenant une réflexion sur le metteur en scène et son acteur qui sonne juste. Ce film donne envie de mettre en scène, de jouer, de regarder des films, ce film donne envie de projeter, de faire. Ce film donne envie.

Bilan du 17ème Festival du Cinéma Allemand

Par soucis de fainéantise et de respect de la concision allemande, nous procèderons à ce bilan par tirets. Ainsi nous aurons appris que :

– Guten Aben veut dire « Bon appétit ».
– Que regarder un film c’est bien, le critiquer c’est dur.
– Que les sièges de la salle 1 de l’Arlequin sont doux.
– Que la langue allemande a une certaine poésie.
– Que la femme allemande a des cheveux courts.
– Que le cinéma c’est ennuyeux, intéressant, lourd ou subtil, mais toujours beau.
– Et tandis que le Prix du Public fut Oh Boy !, le Prix du Joris est L’Invisible.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

1 commentaire

    Danielle  | 18/10/13 à 22 h 09 min

  • Très beau film qui montre bien la force du coaching pour aller vers l’excellence et la portée de la PNL qui dans ce cas n’est pas utilisée avec bienveillance
    À voir

Laisser un commentaire