Cinéma des Antipodes 2013 : Shopping / Romeo and Juliet / etc

20/10/13 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

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VENDREDI 18 OCTOBRE 2013

On se retrouve une nouvelle fois au petit matin avec les membres du jury dont certains ont quitté tôt la soirée afin de recharger les accus pour une journée de cinq films dont trois en sélection. La discussion sur les talents photographiques de Patrick Braoudé (ses œuvres floutées sont en exposition et tournent autour du rugby et des plages de Normandie) sont encore en mémoire. Bernard Bories, le Président du Festival, accueille les membres du jury avant de lancer en projection Satellite Boy, le film de Catriona McKenzie.

SATELLITE BOY de Catriona McKenzie

Chaque année, le Festival nous offre son film en hommage à la culture aborigène. Ici, c’est le voyage initiatique de Pete, jeune aborigène de 10 ans, parti avec son compagnon de route Kalmain, réclamer sa terre à la compagnie minière qui vient de l’expulser du vieux drive-in désaffecté qu’il occupait avec son grand-père Jagamarra. Pete ne rêve que du retour de sa mère, partie à la ville et aux étoiles, et va vivre des aventures dans lesquelles les enseignements de son grand-père seront bien utiles. Enfui après un conflit avec Jagammara, ses désirs de nouvelle vie vont-ils être à la hauteur de ses espérances ?

satelliteboy

Satellite Boy aurait pu s’appeler Satellite of Love. Amour de sa terre nourricière, de ses ancêtres, de sa culture. Le film parle d’amitié, de courage, de conviction et d’harmonie. Harmonie avec soi-même. Catriona McKenzie, au travers de son conte pour grands et petits enfants, filme les difficultés d’un peuple à survivre avec ses traditions. Le choix de vivre dans un monde obsédé par la consommation et la possession n’est pas forcément dans l’ordre de la Nature. Très classique dans son schéma, Satellite Boy souffre de manque de souffle épique. Il nous offre cependant un spectacle magnifique de la région du Kimberley. Le grand-père, joué par David Gulpilil, est extraordinaire de beauté intérieure.

SHOPPING de Mark Albiston et Louis Sutherland

Deuxième film en compétition de la journée et direction la Nouvelle-Zélande. La disparité avec les couleurs australiennes est frappante. Le ciel est bas, les âmes sont plus sombres, torturées et violentes. Nous voilà projetés en 1981 et la vie est très difficile, spécialement pour les émigrés des îles du Pacifique. C’est encore plus probant pour les « noix de coco », les métis, ceux qui sont marrons à l’extérieur et blanc à l’intérieur. Ainsi Willie et son petit frère Solomon, nés de mère samoane et de père blanc, souffrent de cette situation. Quel peut être leur avenir avec un père colérique et violent, une mère désarmée et un rejet quotidien de la société ? Willie, très protecteur avec son cadet, doux rêveur, a bien une idée quand il rencontre une vieille bande de malfrats, des voleurs de petite envergure. L’argent facile et la découverte de l’amour seront-ils suffisants pour abandonner son simpliste de frangin aux mains de son brutal paternel ?

Les Néo-Zélandais nous ont habitués au film coup de poing depuis l’Ame des Guerriers. On ne peut pas dire que Shopping facilite le développement du tourisme bien que situé une trentaine d’années de nos mémoires. Encore une fois, il est question de rédemption et de choix. Shopping malgré sa noirceur porte haut la main son message d’espoir. Il souligne aussi que l’éducation rigoureuse et bestiale n’est pas la bonne solution. Avec peu de moyens, les deux réalisateurs nous mettent en immersion totale avec une vie dure comme un cœur de pierre. On tient notre premier film choc. Les acteurs sont au diapason de cette réussite.

ROCK DES ANTIPODES, LES ANNÉES 80 de Ray Argall

Petite parenthèse au sujet d’un documentaire que nous ne pouvions pas rater. Ray Argall a tourné un nombre incalculable de clips entre les années 70 et 80. Source de créativité pour les jeunes réalisateurs, le clip permettait à ces derniers de faire leurs armes avec une liberté complète. Prévu en huit volumes, Rock des Antipodes apporte la touche rock australienne et la lumière sur la création des premiers vidéo-clips. Ainsi d’explications en narrations, on entend et voit les premiers pas de Midnight Oil, Crowded House, Split Enz et autre Daddy Cool et son Eagle Rock légendaire.

rayargall

ROMEO AND JULIET : A LOVE SONG de Tim Van Dammen

Le deuxième film néo-zélandais en compétition n’est autre que l’adaptation enlevée cinématographique de la pièce de William Shakespeare, Roméo et Juliette. Encore me direz-vous ! Non, cette fois, le ton est résolument enclin à la comédie et aux sons rock et rap. Au départ, le projet était musical ; les images sont venues ensuite. Réalisateur de vidéo-clips, Tim Van Dammen a donc confié ses rôles à des mannequins et musiciens plutôt qu’à des acteurs. C’est un véritable capharnaüm de gueules, cassées ou non, qui déboulent sur nos écrans. Ça reste assez original malgré les redondances musicales. Le film se laisse voir sans déplaisir mais sans passion non plus. Une prise de risque payante quand même, car l’on découvre que Shakespeare est décidément adaptable à toutes les époques et toutes les sonorités.

romeoandjuliet

En savoir plus :
* http://www.festivaldesantipodes.org/
* http://www.envrak.fr/tag/antipodes/

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