[Cinéma des antipodes 2011] : Lou, Here I am, Matching Jack

16/10/11 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

(Eric Coubard est l’envoyé spécial d’Envrak aux 13 èmes Rencontres internationales du Cinéma des Antipodes de Saint-Tropez, festival du cinéma australien et néozélandais)

Si la veille, la programmation était bourrée de testostérone, cette nouvelle journée pourrait être celle de la femme. Au programme, deux réalisatrices australiennes et des histoires de filles. D’ailleurs le réveil est matinal. Lou, le film de Belinda Chayko, est diffusé à 9H30. Et ce long métrage est une pure merveille. Une jeune adolescente de douze ans, Louise, connaît son premier grand amour avec son grand-père, qu’elle ne connaissait pas jusque-là, tandis que ce dernier, atteint de la maladie d’Alzheimer, retrouve en Lou, sa femme Annie, partie avec un autre homme. Ce drôle de jeu, au sein d’une famille désespérée (le père s’est évanoui dans la nature en ne laissant que des dettes à sa jeune épouse et ses trois filles), ne tombe ni dans la facilité, ni dans le pathos. Tout est en filigrane, en retenue. Et la confrontation entre le vieux lion blessé, John Hurt, et la jeune antilope Lily-Bell Tindley vaut bien mon coup de coeur (bande annonce ci-dessous, V.O only).

COMME  UN ABORIGENE HORS DE L’EAU

Enfin quelques heures de libre. Certains membres du jury en profitent pour se faire dorer au soleil près de la piscine. Isabelle Doval Et Julie De Bona ont la délicatesse d’entrecouper ces séances de bronzage en donnant des interviews. D’autres se prélassent à la terrasse de Senequier (Matthieu Delarive) ou se font discrets (Déborah Grall). En se promenant le long de la jetée tropézienne, un poisson se jette hors de l’eau devant deux pêcheurs médusés, comme si la vodka russe déversée dans le port, le rendait fou. La légende de la sardine qui bouche le port de Marseille vient de trouver son pendant tropézien. Personne ne croira les frères Coulé, à part nous. D’ailleurs, nos pêcheurs nous ont bien expliqué qu’ils faisaient un peu tâche parmi les costumes en lin des propriétaires de yacht et que progressivement on les repoussait hors du port. Le début d’après-midi plombe encore plus l’ambiance. Here I Am, réalisée par Beck Cole, dévoile la condition féminine des femmes aborigènes à peine sorties de taule. Karen n’a qu’un but : récupérer sa fille qu’élève sa propre mère. Conflit générationnel, combat quotidien où force et courage sont les deux mamelles de la femme aborigène, Here I Am dévoile au travers d’une phrase une triste réalité : la communauté aborigène représente 2% de la population australienne, et 25% de ce chiffre se trouve en prison. Le dernier film de la journée joue encore plus avec notre corde sensible puisqu’il parle de la leucémie chez l’enfant et le combat d’une mère pour sauver son fils. Bien que le film de Nadia Tass, Matching Jack, joue aussi sur la comédie, les mouchoirs sont quand même de sortie chez la gente féminine. Plus classique dans le sujet et le développement que Lou, le film reçoit un bon accueil. Il est déjà très tard et il est temps d’aller se restaurer en compagnie de Lex Koritni accueillant les invités à coups de reprises d’AC/DC et de Midnight Oil. Coucher tardif et réveil pour la demie-finale de Rugby. La matinée me sert l’estomac.

 

(La suite et le palmarès très vite…)

Photo de une / médaillon : Matching Jack

Photo ci-dessus : Here I am

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