Cinéma des Antipodes 2012 : Red Dog, The Orator, Eternity

20/10/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , ,

C’est un classique du Festival. On se couche tard le premier soir pour se réveiller aux aurores le matin même. On se rassure quand même parce que le film en compétition est LE carton au box-office australien en 2011.

9H30 : RED DOG

Tiré d’une histoire vraie, le long-métrage de Kriv Stenders est une machine de guerre à faire des entrées à la pelle. Une ville minière, perdue au fin fond de l’Australie de l’Ouest (Dampier), voit tous ses habitants adopter un chien errant, un de ses dingos poussiéreux et libres, qu’ils baptisent Red Dog (ce chien est l’Amélie Poulain local). Ce rouquin n’a pas de maître, se fait prendre en stop quand il veut, où il veut et partage son temps avec tous les mineurs du coin. Jusqu’au jour où John, un jeune Américain vient poser ses valises afin de conduire le bus local. Red Dog jette son dévolu sur lui. Une belle histoire d’amour commence entre les deux êtres en errance. Puis devient un ménage à trois quand John tombe amoureux de Nancy, la nouvelle secrétaire de l’usine. Mais le bonheur est fugace et John disparaît du jour au lendemain sans raison apparente. Red Dog va attendre son retour puis ira à sa recherche lors d’un voyage épique dans une grande partie du pays. Toute la communauté guette son retour… Émotion, quand tu nous tiens.

Red Dog est le film australien par excellence. On y voit des personnages, hauts en couleurs, venus de divers horizons (Italie, Pologne, Irlande, Amérique..), un chien attachant et un chat chamailleur, des couchers de soleil somptueux, des vieux trains, une terre ocre splendide, des déserts de cailloux et l’on y entend de l’humour bien ficelé et du bon rock australien (We can’t be beaten de Rose Tattoo, Shadow boxer des The Angels ou encore Evie de Stevie Wright). C’est le film idéal à voir en famille. Les envolées de bons sentiments y sont légion et le message véhiculé prône la tolérance, la fidélité et la communion des êtres.

Le casting est imparable : Josh Lucas (The Firm, J.Edgar…), Luke Ford (Face to Face, Animal Kingdom), Noah Taylor (Charlie et la chocolaterie, Alice aux pays des Merveilles…) ou Eamon Farren (Band of Brothers) campent de sacrés caractères. Fallait voir l’armée de lycéens ou la colonie des retraités tropéziens écraser de nombreuses larmes et applaudir à l’unisson à la fin du film pour se rendre compte du pouvoir de ce dernier. The Power of Love. The Power of Red Dog. Maintenant me faudrait un Red Bull ou deux pour tenir la journée. Je profite de la fin de matinée pour converser avec Andrew Mason et John Duigan. Puis file vite me rafraîchir.

14H30 : THE ORATOR

Quand on enchaîne une nuit courte, un film, des interviews et un repas, l’idéal est de tomber sur un film d’action pour ne point s’assoupir lors de la projection suivante. Las. The Orator est un film d’ambiance, une fable contemporaine se passant aux îles Samoa dans la langue du pays. C’est le premier film de l’histoire du cinéma en langue samoane pour tout dire. Et ça commence par de longs plans fixes : une large feuille, deux tombes… Les images sont belles. L’histoire et l’atmosphère sont pesantes. Saili, un homme de petite taille, a pris pour épouse Vaaiga, une femme bannie de son village. Il s’occupe aussi de sa belle-fille tout en nettoyant quotidiennement la tombe de ses parents que les voisins prennent plaisir à ‘’fleurir’ en faisant pousser des rangées d’ignames autour. Ce combat, plus les moqueries de tous les jours, peuplent sa modeste vie. À force de se taire et de subir les quolibets, Saili provoque inconsciemment la perte de sa femme rongée par les vicissitudes de sa propre vie. Désormais, il est l’heure pour Saili de faire enfin entendre sa voix pour protéger ce qui lui reste de sa terre, de sa famille et de son honneur.

Ce premier long-métrage de Tusi Tamasese a trouvé écho lors de sa projection à Venise. Le film possède d’indéniables qualités. Il nous fait entrer dans les lois des Samoans où les clans, les villages s’affrontent par orateurs opposés. Jeux du dialogue, respect de la parole. Le héros du film est le Peter Dinklage samoan. Petit par la taille, grand par le talent. Son combat ne vous laissera pas insensible.

http://theoratorfilm.co.nz/

21H : ETERNITY

Sur le papier, Eternity semblait fort alléchant. Un thriller d’anticipation où se déroule une enquête policière au sein d’un jeu vidéo en réseau, voit un virus condamner les protagonistes les plus en retrait. Le meilleur policier sauvera peut-être sa vie en résolvant l’énigme proposé.

Tourné avec un budget très restreint, Eternity flirte avec l’esprit des films aseptisés des années 60 et lorgne parfois du côté de David Lynch par son côté épuré. Sauf qu’il n’y a pas de lapins géants, ni de nains. Ni certainement une certaine folie, voire un certain génie. On ne peut blâmer la réalisation d’Alex Galvin, même si une musique classique omniprésente nous bassine les oreilles. On peut râler sur un scénario trop mince et une enquête digne du jeu Cluedo avec le Colonel Moutarde et sa fameuse corde. Les acteurs ne sauvent pas le film du quasi ennui et du désintéressement total dans lesquels il nous plonge. C’est bien dommage car tout n’est pas jeter dans ce second long-métrage. Les efforts d’Alex Galvin finiront peut-être par payer un jour…

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