Cinéma des Antipodes 2012 : The Hunter, Careless Love

19/10/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , ,

Cette nouvelle édition est des plus alléchantes. Non seulement la qualité des films y est prometteuse, mais la notoriété des invités est également des plus prestigieuses. Le producteur de Matrix et de Dark City (Andrew Mason), le réalisateur de Sirens (John Duigan), le romancier Paul Cleave dont je ne saurais conseiller les œuvres aux fans de Dexter et de serial-kiler déjanté, sont présents. Le nouveau film de Fred Schepisi est en clôture, le carton au box-office australien, Red Dog, est projeté en compétition et John Duigan est venu avec l’interprète féminine (Nammi Le) de son nouveau film, Careless Love. Pendant que nous sommes dans le domaine de la séduction, citons parmi les membres du jury Mareva Galanter dont le prochain album est produit par Jim Diamond (The White Stripes, The Love Me Nots, The Flash…) et Caterina Murino dont nous attendons la sortie française de Garden of Eden. Seule ombre au tableau, notre vieux chat tropézien qui déambulait dans l’Hôtel des Lices s’en est allé de l’autre côté.

Compte-rendu du “Day one” – Jeudi 18 octobre 2012.

17h : THE HUNTER

La compétition commence avec The Hunter de Daniel Nettheim avec son affiche internationale : Willem Dafoe, Sam Neill, Frances O’Connor et la petite Morgana Davies (aperçue dans l’Arbre). Sur fond politico écologique, le film nous emmène en Australie sur les traces du Tigre de Tasmanie, le dernier de son espèce. Les empires pharmaceutiques recherchent par tous les moyens à se procurer mort ou vif, ce fauve possédant des vertus dangereuses. Un chasseur américain (Willem Dafoe) est enrôlé par la compagnie Red Leaf afin de se rendre en Tasmanie à la recherche du précieux félin. Arrivé sur place, Martin David est confronté à l’hostilité des autochtones et se loge chez Lucy Armstrong (Frances O’Connor), mère de deux jeunes enfants et dépressive depuis la disparition inexpliquée de son mari, lui aussi à la recherche de l’animal légendaire. Le chasseur solitaire va partager son temps entre la capture du Tigre et la famille Armstrong à laquelle il s’attache tout doucement. Seulement son employeur ne l’a pas payé pour jouer les nounous et voit d’un mauvais œil le temps perdu. Time is money. D’autres ont déjà été punis pour le savoir. Martin David va-il sortir vivant de ce bourbier ?

Si on ne rentre pas dans l’Outback par la grande porte, on se fraie un chemin dans le paysage somptueux et sauvage de Tasmanie. Mention aux acteurs et à la petite Morgana Davies. Ce thriller écolo politique n’est pas sans rappeler quelque part The Constant Gardener. Daniel Netteim, en un film, réussit à soulever les questions de déforestation, d’espèce en voie de disparition, d’actions politiques sans merci pour s’enrichir ou dominer le monde, et de responsabilité humaine concernant nos actes. Il suffit de voir l’image des yeux troublés de la bête renonçant à vivre pour sauver ce qui peut l’être dans son monde. Et qui nous renvoie à notre bêtise, nous cons d’humains. Bref, on se pourlèche les babines avec ce premier film en compétition, bien qu’au lieu d’avoir un Jimmy Barnes, on se paie le Boss avec son I’m on Fire et que finalement c’est tout aussi bien !

21H : CARELESS LOVE

Si je vous dis Sirens avec Elle McPherson, Tara Fitzgerald, Portia de Rossi, Wide Saragosse Sea avec Rachel Ward et Karina Lombard, Lawn Dogs avec Mischa Barton et Kathleen Quinlan, Molly avec Elizabeth Shue et Lucy Liu, Nous étions libres avec Charlize Theron et Penelope Cruz, vous vous dites que ce britannique naturalisé australien en 1961 est un réalisateur à femmes et que son nouveau film Careless Love porté par son héroïne Nammi Le vaut peut-être le coup d’œil. Un petit coup de rosé et deux tranchouilles de tapenade feront l’affaire, la collation étant prévue après le film. De retour à la chambre des curiosités (en fait tout ce qui traîne par terre au pied de mon lit), l’estomac plein de vin rouge australien et de petits fours salés et sucrés, le temps du décryptage du long métrage de John Duigan est arrivé. Au travers d’une histoire de prostitution estudiantine, le réalisateur australien soulève les questions des dogmes religieux et sociaux. Ce n’est pas pour rien qu’il est l’auteur d’un livre sur l’Ethique laïque. On suit donc Linh, une jeune Australienne d’origine vietnamienne, étudiante en anthropologie le jour et escort-girl (enfin elle fait un peu plus qu’escorter) trois nuitées par semaine. L’occasion pour elle d’aider son père licencié à payer la maison familiale et de financer ses études, sans parler de ses propres découvertes sur le comportement humain au cours de ses pérégrinations. Tout pourrait éventuellement être mis en ordre si l’amour ne surgissait soudainement à sa porte. En pensant pouvoir séparer sa vie personnelle de son travail, Linh (alias Mai la nuit) va voir son monde s’effondrer tel un château de cartes. Pour son second film, Nammi Le est tombée sur son mentor. Il faut les yeux embués d’amour d’un cinéaste pour tirer le meilleur de son actrice. A ses côtés Peter O’Brien, David Field, Andrew Hazzard et David Field assurent grave. On peut seulement regretter le classicisme des perversités des clients de Mai et le côté thriller politique lié à Peter o’Brien. Careless Love est cependant un bel exercice de tiroirs permettant de soulever maintes questions.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire