Cinévrak : Carrie, Bigas, Dexter etc

10/04/13 par  |  publié dans : Cinéma, News | Tags : , , , ,

Une dent contre Carrie

Dans la famille “remake qui sert à rien” : Carrie revient, et à en croire le titre français (Carrie, la Revanche. Ils ont osé), elle n’est pas contente. Ca tombe bien, nous non plus. On ne gobera pas l’argument terriblement bas du front selon lequel “c’est pas un remake, c’est une nouvelle lecture du roman”. Carrie n’avait besoin d’aucune relecture, tant celle livrée par Brian De Palma en 1976 était un parangon d’horreur baroque sublimée par les performances de Sissy Spacek et Piper Laurie. Si le film prenait parfois quelques distances avec le livre de Stephen King (les procédés narratifs très diversifiés du roman étant difficilement transposables à l’écran. Quant à la destruction de la ville, sa disparition de la version filmée est sans doute imputable à des contraintes budgétaires), on ne pouvait décemment pas accuser De Palma d’avoir trahi l’oeuvre originale – reproche que l’on peut faire, en revanche, au Shining de Stanley Kubrick (même si le film est un chef d’oeuvre). On avait accepté de passer l’éponge sur l’outrageant Carrie 2 sorti en 1999 (on ne sait même pas pourquoi on vous en parle), on avait fermé les yeux sur l’adaptation télévisée du roman en 2002 (par sympathie pour l’actrice Angela Bettis). Mais l’indulgence a ses limites. Dévoilées il y a quelques jours, les premières images du Carrie de Kimberly Pierce (Boys don’t cry – qui était très bien, lui) fleurent la grosse erreur de casting et la pâle contrefaçon (certains plans semblent grossièrement pompés sur le film original). La bande annonce ne nous donne aucune raison de croire en la pertinence du choix de Julianne Moore (au moins aussi inquiétante qu’une figue) dans le rôle de la mère tyrannique. Quant à Chloé Moretz, on craint qu’elle ne soit capable d’assez grandes enjambées pour marcher dans les pas de Sissy Spacek. Au final, on soupçonne la MGM d’avoir commandé ce machin dans le but d’en faire une franchise indigeste et mercantile. Allez hop, remake suivant…

(On est des fous, nous. On préfère largement partager la bande annonce du Carrie original avec une image pourrie, plutôt que celle du nouveau en HD)

…Evil Dead : on vous en parlait la semaine dernière, on vous en reparle cette semaine. Car contre toute attente, et malgré son classement R (interdit aux mineurs de moins de 17 ans non accompagnés), le film cartonne aux Etats-Unis : en tête du box-office US du week-end avec 26 millions de dollars amassés de vendredi à dimanche dans 3025 salles. Une nouvelle qui nous consterne autant qu’elle nous émoustille. Car s’attaquer à un monument tel que le Evil Dead de Sam Raimi tient du sacrilège (rendez-vous compte. C’est un peu comme si quelqu’un osait refaire le Carrie de De Palma. Inconcevable), et le red band trailer du remake, même s’il laisse présager quelques fulgurances gores de bon aloi, n’a pas réussi à nous convaincre de courir en salle. Ceci étant, Sam Raimi, producteur de la chose, a été catégorique : si le nouvel Evil Dead marche, il réalisera le 4ème épisode de sa saga culte. Il l’a dit. Il a intérêt à le faire. Parce que nul doute que le remake, lui, fera des petits. On n’a pas fini de bouffer du deadite

R.I.P.

Le cinéma espagnol est à nouveau en deuil. Après le décés de Jess Franco la semaine dernière, c’est au tour de Bigas Luna d’aller tutoyer les anges. Un peu incompris par chez nous – difficile pour le plus grand nombre de succomber aux délires surréalistes et assez crus de Jambon Jambon ou Macho – le réalisateur, dont le principal tour de force aura été de révéler deux futures gloires du cinéma ibérique (Penelope Cruz et Javier Bardem) doit ses discrètes heures de gloire à de vraies pépites. Tels le génial Angoisse (Angustia), vertigineux méta-film qui questionne la place du spectateur face au – ou dans le – récit, ou encore Volaverunt (1999), film en costume – mais peu habillé – évoquant les amours du peintre Goya. “Volaverunt est un film sur le sexe, à la fois grotesque, brutal et poétique», expliquait alors le réalisateur. “Mais la vie, c’est le sexe. C’est pour cela que j’espère que le sexe continuera à être la politique essentielle en Espagne et dans les autres pays”. Vu la politique d’austérité imposée aujourd’hui au peuple espagnol, on comprend pourquoi le cinéaste n’a pas tenu à s’attarder de ce côté-ci du miroir. Big up, Bigas.

Et le petit écran, alors ?

Cela fait bien longtemps qu’on accepte gentiment de fermer les yeux sur la vacuité scénaristique de Dexter, et sur les couleuvres qu’on essaye de nous faire avaler quant à la capacité du personnage de tuer des méchants à la barbe et au nez de ses collègues flics, et surtout au nez (car elle n’a pas de barbe) de sa soeur Debra. La saison 7 s’est mollement chargée de rectifier le tir, en portant à la connaissance de Debra le côté sombre de Dexter, et ses agissements nocturnes franchement condamnables (on ne reviendra pas ici sur le malaise provoqué par le message pro peine de mort véhiculé dans la série depuis sa première saison). Pour autant, même l’incroyable cliffhanger du dernier épisode ne parvient à ranimer la flamme des débuts. Il était temps de limiter la casse, et de mettre un point final à la supercherie. La saison 8 de Dexter sera donc la dernière. Et le teaser dévoilé ces derniers jours, s’il n’offre bien sûr, aucune image de cet ultime chapitre (et pour cause, il n’est pas encore tourné), donne le ton : on nous promet du dark, du violent, du drame, du sang… On a envie d’y croire. Même si on sait que la série est morte depuis longtemps, noyée dans la baignoire de Rita Morgan.

Le premier teaser assez réussi de la saison 8.
A part ça, on vient tout juste de l’apprendre : la télévision française, les petits QI et les Bob Ricard sont en deuil depuis l’annonce de l’arrêt de Julie Lescaut. On s’en fout.

Un concept qui (a de la) gueule

Approchez, approchez messieurs dames ! Le film Blanche Nuit, comédie policière déjantée de Fabrice Sébille (avec notamment François Berléand et Bruno Salomone, et où un flic est infiltré chez… des gauchistes), sort le 10 avril au cinéma, et vous n’en entendrez pas parler, sauf si votre chemin croise celui du crieur public qui assurera la promotion du film dans les rues. Faute de budget communication, autant avoir recours aux bonnes vieilles méthodes. Pas d’affiches, par d’encarts publicitaires dans les médias : la survie de Blanche Nuit dans les salles ne dépendra donc, littéralement, que du bouche à oreille. Une initiative aussi loufoque que le film, à en croire les images ci-dessous. La démarche nous fait tellement marrer qu’on ne pouvait pas ne pas la soutenir.

Des images qui font rêver (ou pas)

A l’époque de District 9, on échangeait volontiers trois Spielberg contre un Blomkamp. Le 14 août, Sabrina publiera un erratum ou affirmera sa position à la sortie d’Elysium, dont la bande annonce vient d’être dévoilée. Découvert par Peter Jackson, Neil Blomkamp signe ici son deuxième scénario de science fiction, et s’équipe d’un budget estimé à 120 millions (contre 30 pour son premier). Toujours concerné par l’immigration, il troque le thème de la xénophobie contre celui de la lutte des classes. En 2154, les riches habitent une navette spatiale, les pauvres survivent tant bien que mal sur la Terre. Max (aka Matt Damon) va tenter d’exploser la frontière entre ces deux mondes. Avec Jodie Foster et Sharlto Copley (le héros de District 9) au casting, Elysium pourrait bien transformer l’essai de son réalisateur et scénariste. Les premières images semblent toutefois pencher un peu trop vers le film d’action pour être honnête.

Dernière minute

Après les premières photos : les dates de sorties. Le 30 octobre puis le 6 novembre, sortira Nymphomaniac de Lars von Trier (en deux chapitres donc). Au casting, des acteurs assez fous pour travailler plusieurs fois avec le réalisateur, bien connu pour torturer ses interprètes : Willem Dafoe, Stellan Skarsgard, et bien sur Charlotte Gainsbourg. Il s’agira d’ailleurs de retracer la vie sexuelle de cette dernière (alias Jo) de sa naissance à ses 50 ans. Et c’est avec une hâte malsaine – ou Lars de nous la provoquer  – qu’on attend de voir la blanche Charlotte se faire prendre de tous les côtés. A tous les coups (sans jeu de mots), Nymphomaniac sera présenté en avant-première à Cannes. Comme (quasi) tous les films de LVT…

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